31 mai 2011

Collectif / Boston noir (Présenté par Denis LEHANE)

Boston
Boston noir.
Collectif / (Présenté par Denis LEHANE).

Note : 4 / 5.
Sur la rivière Mystic.
Je continue mon exploration des villes du monde grâce à des recueils de nouvelles noires. Ce qui est à mon avis une manière qui en vaut une autre et d'un point de vue littéraire permet de ratisser large en matière de découverte d'auteurs. Ici, le plus connu est bien entendu Denis Lehane, que j'ai lu il y a plusieurs années. Celui-ci dans une courte introduction cite Ted Lewis et son roman « Le retour de Jack » comme exemple de l'imprégnation que peut donner un lieu à la teneur d'un texte.
« Entretien de sortie » contrairement à son titre commence ce livre. Deux protagonistes et interlocuteurs, une femme Sloan, un homme Jimmy. Situation classique me direz-vous, et bien non ! L'une est l'instigatrice d'une prise d'otage où elle a tué un de ses collègues de travail, l'autre est un inspecteur de police chargé des négociations par les autorités. Les questions sont toujours les mêmes, pourquoi et comment ? La nuit passe, et au fil des conversations une certaine connivence s'installe entre ces deux personnes, le policier cherchant à la sauver, elle semble avoir dépassé ses propres limites. Elle parle de ses frustrations et de son grand soutien moral Rowan....Un très beau texte sur le monde de la finance et des relations professionnelles entre hommes et femmes. Une réussite, avec des personnages très attachants.
« Eaux noires » se déroule dans le noir, panne d’électricité, une femme noire vivant seule soigne et héberge un fugitif blanc blessé par la police, est-ce bien raisonnable, madame ?
« Femme sole » à la particularité de se dérouler en....1745 ; le titre veut dire une femme possédant ses propres affaires, ici une taverne et bien sûr cela attise les convoitises, celle de son époux en premier lieu (unité de mesure de l'époque!) Les temps n'ont guère changé hélas, mais certaines femmes de l'époque avaient un fort caractère et étaient prêtes à tout . Anna était de celles-là.
Toutes les îles ne sont pas paradisiaques, dans la baie de Boston comme ailleurs, alors une balade nocturne à la recherche d'une boîte à chaussures, pour un privé ce n'est pas forcément tout cuit ! Surtout quand la jeune femme est très mignonne et que le nom de l'île est Gallops, il vaut mieux fuir à bride abattue...Une histoire très noire se déroulant un peu après la fin de la guerre.
« L'ours bigleux » ne se passe pas dans un zoo mais au sein de l'église catholique aux prises avec les problèmes de pédophilie de certains curés. Un texte un peu brouillon à mon goût, dommage l'idée était bonne.
« Virages dangereux » confirme une chose pour certains : le tabac tue, pour d'autres il rapporte ! Parfois il tue ceux à qui il a rapporté!
Un paumé même pas moyen, mais plutôt enveloppé trouve un chiot martyrisé dans une poubelle, sans le savoir sa vie va changer, mais rien ne sera facile pour lui et elle car une femme s'invite dans l'histoire. Un musicien dont la carrière est dans le creux de la vague est obligé d'habiter Boston, ville qu'il déteste, qu'il trouve froide et peu accueillante. Et surtout personne ne semble le reconnaître, chose très vexante, vous en conviendrez. Une femme chauffeur de taxi recueille un chien blessé, quel drame cela cache t-il ? Un détective asiatique aux prises avec deux poétesses, et c'est pas très poétique ! Pas grand chose ne rime entre les deux !
Une biographie des auteurs, mais contrairement aux recueils édités par les éditions « Asphalte » pas de playlist musicale, peut-être que la ville de Boston n'a pas inspiré beaucoup de chansons !
Extraits :
- Si la ville est beaucoup moins violente qu'elle ne l'a été, elle est également plus terne. (Extrait de la préface de Denise Lehane).
- Les lumières des pistes d'envol ont l'air de bracelets de pierreries posées sur un coussin de velours noir.
- Un homme qui réussit a la possibilité de cacher son passé ; un perdant s'enferre dedans.
- On ne maîtrise jamais rien.
- Les gens étaient méprisants et prétentieux. La courtoisie la plus élémentaire n'existait pas ici. Personne ne disait bonjour ou merci, personne ne vous tenait la porte.
- Au-dehors, la nuit était impénétrable et les arbres oscillaient comme des ivrognes, tandis que la pluie argentée tombait à l'oblique contre la vitre givrée.
- Elle portait une longue chemise de nuit rose transparente, qui, les premiers temps, excitait beaucoup son mari. Mais ça, c'était une autre histoire.
- Plutôt que de se contenter de survivre avec la taverne, elle pouvait négocier pour obtenir plus.
- Une unique fenêtre, pas nettoyée depuis l'époque où Hoover était président, donnait sur les néons clignotants de la place.
- Que si quelqu'un pouvait me conduire jusqu'aux îles et me ramener, c'était cet Irlandais cabochard de Billy Sullivan.
- La transformation s'était opérée quelque part entre deux villes et deux amants. Vancouver et Boston. L'économiste et Isaac, l'ingénieur chimiste.
- Puis il ajouta que les mecs qui parlent aux flics se répartissent en deux catégories : ceux qui sont vraiment cons et ceux qui se croient plus malins que les autres.
Éditions : Rivages : Thriller. (2011) .
Titre original : Boston noir (2009).
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30 mai 2011

Collectif/ Alger, ville blanche sur fond noir.

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Seconde semaine de Romans noirs d'une ville.

Alger, ville blanche sur fond noir.
Collectif/ Romans d'une ville.

Note : 3,5 / 5.
Dessous noirs pour ville blanche.
Après un tour de France et une escapade à Toronto, puis J.O d'hiver oblige à Vancouver, je continue ma découverte de cette série. Je commence un tour du monde des villes, mais version dessous noirs! Un court recueil, 156 pages pour cinq nouvelles, sous la direction de Vincent Colonna, dont le récit commence ce livre. Les autres auteurs sont : Chawki Amari, Virginie Brac, Rima Ghazil et Mohamet Kacimi! Le seul qui figure dans mes lectures passées est Chawki Amari dont une nouvelle, « Vérités verticales » figure dans le recueil « Mes chers voisins ».
La première nouvelle, « L'ataya courage » nous raconte les péripéties et les mésaventures d'un touriste aux prises avec un chauffeur de taxi bavard!  Balade dans Alger sur fond " situation politique, de ressemblance physique et d'embrouille". Attention au beau parleur! Une promenade qui m'a rajeuni.
« Le rêve fou de Madame Azouz », car elle rêve Madame Azouz, et elle compte aussi! Ne cherchez pas une brave femme en faisant la connaissance de cette dame, elle est un peu usurière, entremetteuse pour ne pas dire mère maquerelle ; quelques jeunes filles ont été mariées en France grâce (ou à cause) d'elle! Elle espère secrètement hériter de la villa d'une vieille dame rescapée des temps anciens. Seul son fils Farouk a de l'importance à ses yeux! Mais plus rien ne va, la vieille dame a un petit-fils,  un maffieux local a besoin de ses services et son fils chéri veut partir au Canada! Le monde est cruel, mais Madame Azouz a de la ressource.............
« Le Doudji » ou les errances alcooliques d'un homme dans les méandres d'une ville souterraine. Alger la nuit, un homme ivre titube à la recherche d'un débit de boisson. Il se rend chez  «Le Manchot» sorte de bouge où se retrouvent les alcooliques démunis, les laissés-
pour-compte du socialisme algérien. Seules deux boissons sont autorisées, une à base d'anis, l'autre le vin rouge au verre ou à la bouteille! Au petit matin, l'homme est témoin de..... Que faire? La meilleure nouvelle du livre, la double errance du personnage, celle de l'ivresse et de la nuit, celle de la journée dans une famille et un travail où il n'a plus sa place.
« Troubles » ce texte est un regard sur la ville et une partie de sa population. Des hommes et des femmes plutôt à l'aise se croisent et s'entrecroisent au gré d'une journée et d'une nuit de fête chez l'une d'elles. Inez, qui est le pivot de cette histoire, est une femme de trente cinq ans vivant en France, elle décide de réunir des amis avant son départ, mais la ville n'est pas sûre, la police veille, un tueur en série sévit.....
« Tous les garçons et les filles » c'est l'été 1962, le destin n'est pas le même suivant de quel côté de la Méditerranée on se trouve, mais cette chanson  a traversé la mer. Ce sont les premiers pas de la « République algérienne, démocratique, populaire et socialiste » ; cette époque est racontée à travers les yeux d'un jeune garçon d'un village. Mais l'enfant grandit, il quitte son village pour Alger et une nouvelle vie....
Un touriste naïf et un chauffeur de taxi malin revisitent l'histoire d'un « sans-papier »,  une mère de famille qui est prête à tout pour garder son fils près d'elle, mais vraiment tout! Un homme ivre, une nuit, "voit une chose qu'il ne devrait pas", un jeune garçon se souvient d'un temps heureux, des personnages très ordinaires qui vivent la fin d'un espoir. La jeunesse dorée d'Alger qui fait la fête malgré tout, est la seule histoire qui concerne les milieux aisés d'Algérie. La narration de la nouvelle « Troubles » est originale, chaque personnage prend la parole dans un puzzle étrange. Chacun des auteurs parle des maux de l'Algérie, la corruption, le terrorisme, le manque d'infrastructure avec dans la vie de tous les jours le problème de l'eau potable! Et aussi pour la jeunesse l'espoir de l'immigration pour ailleurs......Je laisse le mot de la fin à Mohamet Kacimi :
- Il y a toujours eu de la part des régimes qui se sont succédés une grande haine pour cette ville ; comme ils savent qu'elle n'est pas la leur, ils ont tous tenu à l'effacer, à l'enlaidir, à lui faire perdre la mémoire et sa langue.
Extraits :
- Un document confidentiel pour les étrangers, qui indique les quartiers à éviter, la Casbah, Bab-el-Oued, Belcour ou El-Harrach......
- Son étage dans la société, ce n'était pas le rez-de-chaussée mais presque. À peine un entresol.
- ...Madame Rabéro avait tendance à zapper l'indépendance et ses quarante années pour vivre à l'époque bénie de sa jeunesse....
- L'homme a sorti ses trains d'atterrissage usés et s'est posé sur le comptoir avec la manœuvre de l'habitué des problèmes de stationnement.
 - L'homme est fracassé mais connaît le chemin, tel un bateau fantôme qui navigue au sonar.
- Quelle puanteur, ce marché aux poissons, c'est pire qu'à El-Harrach*.
- C'était une belle époque, car les Algériens ne connaissaient pas encore l'islam, ils le connaissent encore moins aujourd'hui.
-...j'ai dit «  filles de joie » et non pas prostituées, car nos mères les appelaient m'rabbath,« celles qui donnent du bonheur », ou « les heureusantes ».
Éditions : Autrement/ Romans d'une ville. (2003)
*Quartier d'Alger, où parfois (même assez souvent) l'odeur est forte, pour ne pas dire pestilentielle! C'est du à l'Oued Harrach qui draine les égouts de la ville. Il est amicalement surnommé « L'Oued Merda ».

 

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28 mai 2011

MEYER-SABLÉ Nathalie / Ce que savent les femmes de marins

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Ce que savent les femmes de marins
Nathalie MEYER-SABLÉ.

Note : 4 / 5.
Une femme à la mer...
J'ai trouvé ce livre par le plus grand des hasards sur un présentoir de la médiathèque, exercice que je pratique de plus en plus et parfois le hasard fait bien les choses.

Je suis né au bord de la mer et j'y vis de nouveau.  Mais je ne suis pas un grand spécialiste de la littérature marine ; embarquons malgré tout. Attention au roulis et au tangage.
Mis à part les horaires des marées,  je sais que les épouses de marins connaissent la peur car la mer ne fait pas de cadeau;  ajoutée à cela  la solitude, les campagnes de pêche éloignaient les hommes et les mois étaient très longs jadis. 
Ces récits adaptés de contes sont  très souvent fantastiques et s'apparentent de ce fait à des légendes venant surement de la tradition orale. Un grand tour du monde et des océans pour un voyage en treize escales du pôle Nord en Mauritanie en passant par le Vietnam et bien sur la Bretagne,  arrêt obligatoire quand on parle de bord de mer! Surtout quand c'est moi qui dirige la manœuvre.
Un brave inuit un peu malchanceux trouve un soir sa maison rangée, un repas chaud sur la table et son lit occupé..  Enfin une compagne.! Bien sur, il y a l'odeur mais malgré cela, il y trouve plus d'avantages que d'inconvénients,  Jusqu'au jour où il sacrifie à la coutume locale de......
Un marin, son épouse, son fils, le grand amour, une vie de famille parfaite, vous voyez le tableau idyllique !  elle est belle la vie.
Une princesse Jana cherche un époux, un jeune marin l'épouserait bien mais les épreuves imposées pour conquérir la belle sont ardues...et pourtant, il en pince pour elle.
« La nuit de Maëlle » c'est l'histoire hélas trop courante des femmes dont le mari est mort en mer. Les cimetières et églises de Bretagne sont là pour nous le rappeler. Je ne suis pas un fervent adepte de la religion catholique mais j'ai beaucoup d'admiration pour les bâtiments religieux et leur ex-voto .
Une femme belle,  mariée à un pirate souvent absent mais tyran domestique, s'ennuie parmi toutes ses richesses...la vie sans amour n'est pas la vie. Une belle histoire sur fond de vie ratée et d'amour déçu.
Trois frères l'un après l'autre qui quittent  leurs pauvres maisons de pêcheur pour tenter l'aventure dans des contrées plus riches. En route,  ils entendent tour à tour une voix qui les charme,et ils promettent le mariage à cette créature invisible  qui ne peut qu'être dans leurs imaginations que de toute beauté. Mais....les deux aînés toute honte bue se sauvent,  le troisième ne renie pas sa parole ; bien sûr il en sera récompensé.
Quelle est la plus grande richesse d'un homme ? ses trésors ? ou la sagesse et le  savoir ?. Dans les contes de fées ces qualités sont toujours misent en avant, dans la vie de tous les jours un peu de richesse ne fait pas de mal !
Des femmes, leur savoir et leur sagesse également,  souvent plus grande que celles des hommes, vu aussi par ceux-ci  en image de la femme rêvée. Humbles ou princesses, venant d'Espagne ou de Corée, des portraits souvent très touchants. Des hommes aussi, des rois, des marins..,  l'un d'eux joue de la musique et devient riche grâce à son talent,  un autre rencontre une princesse des algues nommée « Hao »,  je ne me souviens  pas que cette île où j'ai passé un an était si belle !

Seo, croise Yna jeune femme du fond des mers, mais il la perd pour une parole de trop. Les marins sont taiseux pourtant. Les tortues sont présentes dans les contes coréens et japonais, les crabes dans d'autres.., mais les animaux  rendent toujours  aux homme leurs bonté.
Récits rafraichissants comme l'eau des plages du Morbihan.... un brin moralisateur toutefois, pratiquement tout le monde, il est beau et il est gentil. La princesse épouse le pauvre marin, et lui, brave petit , prend bien soin de sa mère veuve qui l'a élevé au prix de durs sacrifices.
A noter les titres de certains récits qui sont à eux seuls des perles (océanes, bien sur) :
« C'est ainsi que le monde du froid est fait » ; « Ce que le crabe connait de l'amour » ; « Les silences de la femme du capitaine » ; 'Serguei et la sagesse des femmes » ou « L'insatisfaction est sœur du malheur ».
Extraits :
- Et si l'en parla un jour, ce fut à un ami qui, en visite avec sa compagne, lui avait proposé, comme cela se fait couramment en ces terres gelées, d'échanger les deux femmes sous les couvertures.
- Tous les gens du village se rendirent donc à la grève pour sauver les vivants, s'il y en avait encore, enterrer les morts, si la mer avait bien voulu les rendre, et puis récupérer tout ce qui pouvait l'être de l'épave et de son chargement.
- La mer donne, la mer reprend, et les larmes des femmes ne valent pas grand-chose face aux vagues folles, face à la profondeur des océans....
- Femmes de marins, femme de chagrin. Oh, oui, elle connaît l'adage, inscrit en lettres de feu dans la mémoire collective des femmes océanes...
- Mais à quoi bon la douceur lorsqu'on est seul sous les draps ? Les belles nuits d'automne ne prennent réellement leur sens que si on les partage...
- Durant quinze jours, ils ne se quittèrent pas un instant. Elle qui était belle, devenait resplendissante.
- Sébastiana était d'une absolue beauté. Ses yeux, ses joues, ses lèvres et ses dents, ses cheveux et sa taille, ses mains et ses chevilles, tout, chez elle, était parfait.
- « La vie est rude petite homme, la mer ne donne rien sans qu'on ait à livrer bataille », avait-elle dit à Serguei le jour de ses cinq ans.
- Il n'avait pas de douce amie, pourtant, il aurait été un bon compagnon. Mais ainsi va la vie, et tous les matins, Seo reprenait la mer.
Éditions : Glénat. Sagesses de la mer et des océans. (2011)

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25 mai 2011

BLANC-GRAS Julien / Touriste.

Touriste
Touriste.
Julien BLANC-GRAS.

Note : 4 / 5.
Pour ici, ou ailleurs, embarquement immédiat !
Sept milliards d'humains et moi et moi et moi.....c'est une constatation pour débuter ce livre. Voyage, c'est un mot magique, plein de découvertes et de promesses d'émerveillement. Touriste, cela sous entend, comme sa caricature décrite par l'auteur : l'allemendenshort ! Entrons dans les détails,  reconnaissons qu'il n'est pas forcément germanique mais toujours nordique.....même parfois du nord de la France.
Le ventre des buveurs de bière est le premier signe distinctif, le short et les chaussettes dans des sandales, un bob ridicule vantant souvent une boisson anisée permet de différencier les natifs de l'hexagone des autres...Autres caractéristiques : grandes gueules et toujours en pays conquis.
La version un peu plus édulcorée, sévissant dans les provinces françaises, mais toute aussi méprisante est « Le Parisien » !
Je vous rassure, Julien Blanc-Gras n'est pas un touriste, il est à mon avis un globe-trotter moderne qui nous parle de ses voyages avec beaucoup d'humour, et aussi de dérision ! A première vue tout pour me plaire.
Alors en route....
Commencer ce récit par la ville de Hull, sorte de trou du cul du nord de l'Angleterre donne le ton ! Personne n'est un touriste dans ce port de pêche où l'exotisme est proche du zéro absolu. Et l’image de l'érotisme ambiant est Eléanor, c'est dire ! Ensuite la Colombie, pays de toutes les violences, Bogota, Cali, Carthgène et Medellin ;  dans cette dernière qui est le personnage le plus connu de la ville, Escobar ou Botero ? Le premier a permis d'inventer le concept du crime comme valeur ajoutée au tourisme !
À Rishikesh en Inde, les figures les plus célèbres parmi les hôtes de marque sont les Beatles....le temps a passé, le lieu où ils ont résidé et composé leur fameux album « Double blanc » est à l'abandon ! Et Katmandou, le rêve hippie terminé,  n'est plus qu'une ville laide, passée de mode.
Le désert marocain, l'envie de silence malheureusement troublé par une bande de vacanciers bretons braillant à tue-tête "Le loup le renard et la belette" Et, de plus ils ne sont même pas capable de choisir une chanson représentative, « La blanche hermine » par exemple ! Enfin, chacun porte sa croix. Le mythe de Tahiti revu à la baisse...île paradisiaque de pacotilles et de prospectus,  le Brésil et ses favelas, une visite dans l'une d'elles, style venez voir nos pauvres ! La Chine d'avant les J.O.,  Pékin vaste chantier où un canadien ne retrouve plus son ancienne adresse pour cause probable de destruction par bulldozer et où tout se monnaie, sauf pour un fonctionnaire.  On n'arrête pas l’économie de marché, mais parfois l’exception confirme la règle. Par contre, le Tibet est interdit de visite.  Alors,  une visite au « Parc des minorités ethniques » est une bien faible consolation. Un peu de sexe guatémaltèque, un voyage un peu chaotique avec une escale chez nos voisins suisses, nous prouvent que la ligne droite n'est pas toujours le chemin le plus court d'un point à un autre !  Jérusalem, l’éternelle éternellement divisée ? , L'ultra religiosité et ses mystères que la raison ignore ! Surprenant raccourci en Jordanie, un McDonald et des femmes en burqua qui font du pédalo !
Madagascar et sa misère qui semble endémique, interlude à Paris et clap de fin au Mozambique.
A noter et c'est bien évidemment « politiquement incorrect » une liste des pays ridiculement petits ! Tous européens, cherchez un peu, mais il n'y a rien à gagner pour les bonnes réponses! Surtout pas un compte bancaire dans un paradis fiscal ! L'auteur nous fait part des réactions possibles et probables d'un Occidental face à, la misère des gens des pays qu'il visite. Toutes les étapes possible entre l'indifférence et le que voulez-vous que j'y fasse !
Des personnages,  bien évidemment, il y en a beaucoup ! Alors voyons les  "Personnages", ceux qui retiennent l'attention : Eleanor 1 m 90  dont l'auteur dit « L'expression, physique ingrat , semblait avoir été inventée  pour elle »! Anglaise et moche,  la double peine en quelle sorte..  Même bien habillée,  les hommes la fuient... même les anglais font les difficiles !!!! John le professeur de danse péri-oxygéné à Cali, personnage respecté car respectable, Ralf, intermittent du voyage qui rentre au pays travailler pour mieux repartir. Little Boudha, réincarnation ou piège à gogos ? Un business-man qui a un coup de blues, trop de repas d'affaires et de chambres d'hôtel de luxe...c'est dur la vie ! Sharon (pas de rêve !), une autre version plus moche et plus grosse mais qui le vit bien ! Un spécialiste des mollusques que l'on passerait volontiers au court bouillon, scientifique prétentieux et tête à claque. Des marins ivres bien sûr mais héros malgré eux, cela s'arrose.
Le voyageur est-il comme le vagabond américain de Jack Kerouac en voix de disparition, ou alors est-ce la terre qui s'uniformise et quitter chez soi n'aura plus aucun intérêt ?
Les futurs lecteurs auront compris, ce livre est absolument le contraire d'un guide touristique. Ce qui est décrit ici, sont les gens qui habitent une ville et un pays, avec ses excès trop grande richesse d'un côté et misère sordide de l'autre ! La vie malgré tout, ses rires et ses larmes,  ses moments de bonheur et de doute. Un beau paysage empreint d'une grande douceur, mais un cadavre au bord de la route qui n'a visiblement  pas eu une mort paisible.
J'aime bien le concept suivant :
- Il faut se souler, puis se perdre quand on débarque dans une ville la première fois.
Je savais que les voyages déformaient les valises mais j'apprends que cela fatigue le foie !
Ainsi va le monde....Car la morale de tout cela est contenue dans cette simple phrase :
- Le touriste finit toujours par renter chez lui.
Extraits :
- D'un point de vue occidental, ça ressemble donc à un mélange de clodos, de rastas et de supporters hollandais. C'est un peu plus compliqué que ça.
- Tous ces crèves-la-faim qui viennent donner leur argent sous prétexte que quelqu'un ne mange pas, ça laisse songeur.
- Mon groupe de touristes repart satisfait. Ils sont venus voir des pauvres en vrai. Ils en ont vu.
- Le premier endroit où je mets les pieds en Chine est un Starbucks coffee. C'est assez peu exotique....
- Dans sa roulotte nous buvons de la tisane, Neil Young en fond sonore. Ari est en quête de calme .
- La paranoïa anglo-saxonne appliquée par une bureaucratie africaine : un résultat à faire chialer Kafka.
- À mon arrivée, ils sont déjà bien allumés, comme peuvent l'être une dizaine de Bretons qui n'ont pas mis le pied à terre depuis deux semaines et qui viennent de vivre des émotions fortes. Ils ont sauvé deux personnes. Ils ont aussi ramené un cadavre.
- Tu veux du feu ? Apprends à en faire.
Éditions : Au Diable Vauvert (2011)
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21 mai 2011

THOMPSON Jim / Liberté sous condition.

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Liberté sous condition.
Jim THOMPSON

Note : 3,5 / 5.
Corruption & Co.
Revisiter Jim Thompson est aussi une sorte d'obligation morale et littéraire. J'ai toujours été un adepte de cet auteur  bien que je
concède aisément, que tout n'est pas excellent dans son œuvre. Ce roman date de 1953, mais rassurez-vous,  je ne l'ai pas lu à sa sortie! Ou alors je ne m'en souvenais plus.
A noter également que ce livre porte le numéro 1 de la collection Rivages/Noir.
Lorsqu'à la suite d'un échange de courrier avec le Docteur Ronald Luther, celui-ci accepte de l'embaucher et d'aider à sa mise en liberté après quinze ans d'internement, Patrick Cosgrove est prêt à pas mal de sacrifices ; la prison de Sanstone est plus un asile de fous avec à sa tête un directeur sadique qu'un lieu de plaisir. Cosgrove est logé, habillé de neuf. Madame Cosgrove est prête à lui rappeler ce qu'est une femme, malgré la réprobation évidente de Monsieur! La secrétaire de Luther, Madeline, n'a pas les mêmes obstacles maritaux, mais la liberté n'est que provisoire pour l'ancien détenu. Madame Myrtles Briscoe, son juge de tutelle, élue locale depuis plus de trente ans et réputée incorruptible se charge de lui rafraichir la mémoire ; en effet le docteur Luther, psychologue sans cabinet car interdit d'exercer n'est pas spécialement un philanthrope!
Car la bonne ville de Capital City, la bien nommée, se prépare à voter et la situation n'est pas des plus brillantes,  la classe politique est corrompue, l’environnement est un vœu pieux relégué au fin fond d'un lac pollué et les services municipaux sont une immense gabegie onéreuse, embauchant au piston et pour des emplois fictifs....
Et Fanning Arnholt le leader de « La Phalange Nationale » d'un parti ultra-patriotique et subversif, doit faire quelques meetings dans l'état dont un dans la ville.....
Patrick Cosgrove, brave garçon, victime d'un concours de circonstance peu banal et complètement fortuit a pour cela purgé des années de prison. Son casier lui fermant bien des portes, il accepte la seule proposition qui lui est faite! Mais est-ce bien raisonnable et n'est t-elle pas trop belle pour être honnête! Et toutes ces femmes qui se jettent à son cou sont belles, mais pour l' honnêteté,  on n'est sûr de rien !? Vaste question ! Et tous ces personnages sont-ils réellement ce qu'ils prétendent être?
Docteur Ronald Luther , Lila son épouse, mademoiselle Madeline Flournoy, un avocat Hardesty, un sénateur Burkman, Fish le directeur de la prison de Sandstone, un détective privé un peu maitre chanteur assassiné, une belle galerie de gens corrompus vénérant le billet vert et n'étant pas trop regardants sur les moyens de s'en procurer! Madame Myrtles Briscoe, du bureau de l'application des peines, est une des rares personnes sympathiques et correctes de ce roman, il en fallait bien une!
Une trame assez classique pour un bon roman, pas un grand Jim Thompson, bien loin de la noirceur de « 1275 âmes » ou de « Rage noire », avec une fin très morale et un peu surprenante. Ce livre est une peinture assez féroce des mœurs politiques américaines, avec son lot de magouilles en tous genres qui préfigure,  avec le personnage d'Arnholt, la montée d'une droite conservatrice dans ce pays.
Extraits :
- Ce n'était pas une prison. C'était une asile d'aliénés dont le directeur, et non les pensionnaires,
était fou à lier.
- Le gouverneur, qui n'est en fonction que pour se mettre un maximum dans les poches, incarne autre chose.
- Il y avait certes de belles demeures : plusieurs, entourées de leurs vastes pelouses soigneusement entretenues  occupaient chacune
un bloc entier. Mais elles renforçaient plutôt qu'elles n'atténuaient ce tableau général de délabrement et de misère.
- Cela faisait trente ans qu'elle avait été élue et réélue à son poste dans une région où les politiciens ne faisaient pas long feu, et elle était demeurée honnête.
- Qui bâtira des brûlots potentiels à l'intention des vieillards sans défense ? Qui confierait à un maniaque la garde de deux mille prisonniers pour qu'il puisse les faire crever de faim, les torturer, mais oui, et les tuer ?
- Ils ne se méfient plus quand ils sont avec elle, et ensuite ils se rendent compte qu'elle est loin d'être aussi écervelée qu'elle en a l'air. Elle...
- Quand Arnholt et sa Phalange disent quelque chose, nous autres, pauvres mortels nous sentons obligés d'obéir au doigt et à l’œil.
- Je voyais bien que je commettais là une erreur dont l'ampleur
devait m'apparaître que par la suite.
- Si là-dessus je me trompais, alors je me trompais sur tout le reste. Et c'était peut-être le cas.

Éditions : Rivages (1986).
Titre original : Recoil (1953).
Autres chroniques de cet auteur :
THOMPSON Jim / 1275 âmes.
THOMPSON Jim / Nuit de fureur
 THOMPSON Jim / Rage noire

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18 mai 2011

NEDREAAS Torborg / Derrière l'armoire, la hache.

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Derrière l'armoire, la hache.
Torborg NEDREAAS.

Note : 5 / 5.
À la semelle de ses souliers....
Recueil de 13 nouvelles éditées pour la première fois en 1945, juste après la fin de la seconde guerre mondiale. Je ne connais pratiquement pas la littérature norvégienne, car il me semble qu'à part Tove Nielsen, je n'ai pas souvenir d'un autre livre de ce pays chroniqué ici.
C'est la guerre, la Norvège est sous le joug de l'Allemagne et la vie quotidienne s'en ressent.
« J'aurai ma revanche » la vie d'un petit port tourne pour certains habitués autour de l'échoppe du cordonnier. Ses amis viennent y faire des parties d'échecs  et le maître des lieux, entre deux coups de marteau ou de réparations diverses est également le maître de l'échiquier. Son épouse a un peu la cuisse légère car son mari travaille beaucoup, bon gré mal gré, la vie est supportable. Un allemand arrogant vient briser le consensus local. Une petite remarque,  quelques erreurs techniques au sujet du travail du cordonnier, rien de bien grave dans la compréhension de cette excellente nouvelle.
« Droit face au vent d'est » est un très beau texte âpre, sur la trahison réelle ou imaginée d'une femme rejetée de la société qui était la sienne ; la seule solution,  la fuite pour ailleurs, mais elle doit passer une dernière nuit sur l'île en attendant le prochain bateau.
« Les minettes 1 » et « les  minettes 2 » ont pour thème la jeunesse et la perte de l'insouciance dans un pays en guerre et envahi par un peuple étranger....s'amuser et donc collaborer...un vieil homme contemple tout cela dans un train d'un air sidéré.
« L'homme » est une nouvelle hallucinante, bien dans le ton du livre : un homme gris (terme utilisé par l'auteur), bafoué, qui s'occupe seul de ses enfants et trouve le courage de se révolter ! Un chef d’œuvre mais comme l'ensemble du livre,  la lecture demande beaucoup d'attention.
« Trois nouvelles condamnations à mort hier » vient nous rappeler que partout en Europe,  des gens se sont battus contre le régime nazi et très souvent au péril de leurs vies. Mais aussi le terrifiant constat que ces jeunes soldats allemands ont, eux aussi, une famille là-bas,chez eux ! Pourtant un matin quelques lignes dans un journal balayent toute compassion.
« Andrei »
un prénom tendrement murmuré ou hurlé dans la nuit ! Rêve ou cauchemar ?
« Achtung, gnädiges frâulein » est le long dialogue d'un homme à une jeune femme. Parfait exemple d' hypocrisie et de suffisance d'un puissant achetant tout ce qui peut se vendre  Et jetant le tout avec un cynisme abject. Glaçant !
Dans la nouvelle qui donne son titre au recueil, un homme repense à son fils , rescapé des prisons espagnoles puis exécuté dès son retour au pays...il se souvient aussi d'un jour de 1934 à Hambourg et d'une rencontre...
Les femmes n'ont pas réellement le beau rôle dans ce livre ; adultes,  elles mènent la grande vie et trompent allégrement leurs époux ; jeunes ou même très jeunes,  elle se compromettent dans des fêtes alcoolisées avec l'occupant.
Une mère, dans ces temps troublés,  qui reproche à son fils ses activités nocturnes ; un cordonnier, je connais,  le jeu d' échecs non ; Un homme et une femme dans une île qui attendent le bateau pour le continent,  chacun veut en finir avec ses blessures profondes et les mystères de leurs existences  alors ils partent ensemble. Des jeunes filles vivant la fin de leur enfance,  la curiosité vis à vis des hommes, la morale et les occupants,  pourtant malgré tout elles tentent de rester ce qu'elles sont,  des adolescentes fragiles et culpabilisées. La culpabilité est d'ailleurs un des sentiments les plus profonds exprimé dans ce livre. Une petite fille trop peu vêtue dans la nuit, une luge à la main ? Qui est-elle ? Une autre en manque de tabac qui tente d'écrire une nouvelle, sont des personnages des nuits norvégiennes pendant la période de la seconde guerre mondiale.
La traductrice,Aude Pasquier, en fin d'ouvrage, nous explique dans un glossaire que l'auteur a conservé les expressions allemandes en l'état pour marquer la domination  de la part de l'occupant.
L'atmosphère de ce livre est oppressante. Toborg Nedreaas rend très bien compte de ce que la continuelle présence des troupes allemandes a comme répercussion sur la vie de tous les jours. C'est surtout ressenti du côté féminin .
Les jeunes filles dans le texte « Les minettes 1 » qui oscillent entre admiration et répulsion pour les militaires allemands qu'elles croisent. On ressent aussi omniprésents les reproches pour ne pas dire la haine, pour ces femmes qui parfois, par amour ou par facilité, pactisent avec des soldats ou plus souvent avec des officiers. De plus il y a un côté politique, et l’absence d'informations fiables laisse les gens dans le doute. On parle à mi mots de la délivrance de la Pologne par l'armée russe, mais certains bruits au sujet d'une ville nommé Katyń tempèrent un peu l'enthousiasme mais est-ce vrai ? Les Russes à la place des Allemands, un bien ? un mal ?
Quelques lignes résument cette tonalité faite d'une certaine résignation mais d'une reconnaissance annoncée :
- Ah, cet arôme de la pluie, cette douce odeur de printemps nouveau-né du Vestland ? Ça, au moins, ils n'ont pas réussi à le détruire.
C'est bien écrit, très poétique par certaines tournures de phrases mais très ardu à lire, car pour plusieurs nouvelles, j'ai du m'y reprendre à deux ou trois fois pour les apprécier à leur juste valeur.
Ma lecture la plus difficile de l'année mais aussi une des plus enrichissantes. Une découverte que je vais garder soigneusement dans ma bibliothèque .
Extraits :
- Il a rit un peu ; c'était un homme qui vous faisait sentir la peau chaude et blanche et qui vous donnait le sentiment que vous aviez le droit d'être ce que vous étiez.
- Son visage est celui d'un jeune homme, mais d'un jeune homme vieilli ; il a des cheveux gris, la peau grise, la bouche mince et grise. L'expression est grise.
- Faible bruit que l'on devine plus qu'on ne les entend, dans l'appartement au-dessus : on s'y exerce à l'amour, par habitude, habitude dénuée de toute beauté. Le pouls de la nuit habite les murs.
- Ses yeux étaient ternes et éteint comme l'amertume sait les donner aux orphelins.
- Mais vous avez tort, les choses sont claires et simples : je tue. Je tue un jeune Allemand chaque jour.
- Imagine, une pauvre petite innocente qui se fait chasser de chez elle par ma faute, rien que par ma faute ! Une fière petit Norvégienne !
- C'est vrai qu'inventer une histoire sur ses héros sans joie, sans aventures et sans consolation qui faisaient la queue, m'a aidé à tenir debout.
- Une salve contre le mur avant le chant du coq. Condamné pour agissements quelconques. Sabotage, communisme- peu importe le nom.
- Pleure des larmes d'hommes amères et lourdes comme du plomb.
Éditions : Cambourakis (2011)
Titre original : Bak skapet står Øksen. (1945).
Dialogues_crois_s

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15 mai 2011

TRINKA / L'étonnante histoire de Rennes.

 Rennes_2

900 eme !

TRINKA .
L'étonnante histoire de Rennes...*

Note : 4 / 5.
Si Rennes m'était contée.....**
Trinka continue de nous faire découvrir la Bretagne par des ouvrages mêlant histoires, anecdotes et illustrations. Après le Finistère dont j'ai déjà parlé ici (Brest même ), le Morbihan, voici Rennes, les rues , les personnages , parfois les deux, par exemple Rallier du Batty qui a donné son nom à une rue du centre ville ?
Les illustrateurs, car vu leur nombre ils sont plus fort que moi : Bélom, Bordier, Gégé, Patrick Gromy, Lefeuvre, Nono et Nouveau. Voilà je n'ai oublié personne !
Les incendies meurtriers, les épidémies de peste, les guerres et les invasions, l'histoire est souvent, mais c'est partout pareil, violente et sanglante, alors ne nous attardons pas sur ces épisodes macabres. Les seigneurs des gentilshommes ? Les ecclésiastiques des saints hommes ? Les parlementaires uniquement là pour servir ou déjà pour se servir ? Il semble que les temps ne changent guère.
Quand l'histoire rappelle le présent... de  qui Marie-Thérèse Cloitre parle-elle dans ces lignes ? :

Il s'agit d'une visite de propagande pour montrer l'intérêt que*** porte aux Bretons, illustrer les progrès apportés par le régime : la stabilité, l'ordre et des innovations....
Des sites marquants de la ville,  le Parlement brulé et reconstruit, le musée des Beaux-Arts, la piscine Saint- Georges construite en 1925 dont la mosaïque signée Isidore Odorico fait 96 mètres de long !
Il ne faut pas oublier le jardin du Thabor, où doit avoir lieu depuis plusieurs années un pique-nique de blogueurs, mais le célèbre crachin breton fait que c'est toujours reporté aux calanques armoricaines.... Des balades à Cesson, ne cessons pas nos balades, Rennes est réputé pour être une des villes les plus agréables à vivre. Dommage et là aussi, la tradition est tenace que certains jeudi la rue Saint Michel mérite son célèbre surnom de « Rue de la Soif »
L'équipe de football du Stade Rennais est la représentante sportive la plus connue de la ville, et dont terrain se trouve ...route de Lorient.
De nombreuses manifestations culturelles se déroulent tout au long de l'année, les Trans Musicales, Travelling Avant pour le cinéma etc...
Un dernier petit mot, sur un tube  qui m'a beaucoup amusé il y a quelques années maintenant:
Mangez-Moi (à ne pas prendre au pied de la lettre ») de Billy ze Kick ou la tentative de séduction d'un champignon le soir au fond d'un bois !
Les personnages célèbres sont très nombreux dans cet ouvrage, trop nombreux pour les citer tous ! Honneur aux dames, la plus célèbre d'entre elles Anne de Bretagne duchesse de Bretagne puis reine de France, son mariage ne fut pas retransmis en mondovision ! Pourquoi ? Allez savoir ! Stéphane Bern n'était peut-être pas disponible ce jour là ! Marie-Victoire de Lambilly est peut-on dire la première femme avocate de France. Par une remarquable plaidoirie en 1799, elle obtient l'acquittement de l'homme qu'elle défendait...son époux. Simone Morand, grande dame de la culture bretonne gastronome, musicienne, enseignante et femme de radio.
Geoffroy, duc de Bretagne à l'âge de 11 ans...La couronne n'attend pas le nombre des années.
Au rayon littéraire, un auteur que je ne connais pas, Noël du Fail qui est qualifié de « rabelaisien » ,né en 1520, ( je ne savais pas lire à l'époque, donc je suis tout excusé.) Paul Féval lui, est né à Rennes également en 1816;   j'avais à ce moment là appris à lire, donc lui, je le connais, en particulier son roman « Les libérateurs de l'Irlande » mais son ouvrage le plus connu est « Le Bossu ». Il avait la dent dure pour sa ville natale :

- C'est une bonne ménagère, toujours en déshabillé, qui ne veut point s'embellir par la parure.....
Rennes est nue...où du moins court vêtue.
Alfred Jarry père du célèbre « Ubu  roi » a enseigné à Rennes.
Parlons gastronomie, juste un peu. La célèbre « Galette-Saucisse » mais aussi le beurre et le cidre et quelques spécialités moins connues. Le « Coucou » de Rennes est une poule (pas de luxe, bien au contraire, elle est réputée pour se contenter de peu) et elle ne coucoute pas, elle caquette comme les autres. Le petit gris, est un melon dont la particularité initiale était d'être cultivé sous du fumier à bas de crottin de cheval..Ce n'est pas le melon de Cavaillon mais le melon du Cavalier ! Henni soit qui mal y panse !
Les moyens de transport au fil de la Vilaine puis au fil du temps.. ..de la diligence qui malgré la diligence du postillon qui parfois postillonnait ( à noter que ce brave homme n'avait pas le droit de quitter sa place de tout le voyage!). Du simple train, 16 heures pour rallier Rennes à Paris au TGV, de la calèche au métro. La construction du souterrain et les affaissements de terrain que je découvrais le matin en allant travailler....la construction ne fut pas un long fleuve tranquille, ni celle du magnifique bâtiment « Les champs libres » haut lieu culturel de la ville de Rennes.
Une anecdote personnelle, j'ai appris grâce à ce livre, que le bâtiment habitant le théâtre de la Parcheminerie était une ancienne tannerie....pendant 10 ans j'ai fabriqué des chaussures à environ 30 mètres de ce lieu. Et dans cette même rue à la fin de la guerre furent tondues certaines femmes livrées à la vindicte populaire.
Le titre du dernier chapitre : Une ville où il fait bon vivre.
Presque le ...paradis.
Pas d'extrait mais un dessin signé Nono et Trinka.
Éditions : La Ligne Pourpre (2011).
*des origines à nos jours.
** Désolé je n'ai pas trouvé mieux.
*** l'Empereur (Napoléon III)  ou le Président actuel qui comme chacun le sait est un grand ami de la Bretagne ! Malgré son discours très électoraliste de Port-Louis ! Rayez la mention inutile. La question est posée mais le discours est troublant.
Rennes

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12 mai 2011

MISSEAU Antoine / Tokyo Rhapsodie

Tokyo
Tokyo Rhapsodie.
Antoine MISSEAU.

Note : 3,5 / 5.
L’Empire du soleil couchant.
Cette chronique qui date de début mars était programmé pour être mise en ligne le 15 mars. J'ai pensé que, suite aux tragiques événements qui se sont déroulés au Japon, il aurait été de ma part mal venu de la publier à ce moment là.
Pour changer des recueils de nouvelles noires, ici cela sera plutôt le côté rose de Tokyo ; rose je ne suis pas sûr que ce soit le mot réellement approprié pour l'instant, je n'en ai pas de meilleur!  Après, entre autres Brest, Marseille, Lille et Toulouse, pour l'hexagone, Vancouver et Toronto pour le Canada, direction l'Asie et le Japon plus précisément. Alors en route, que les moins de je ne sais plus si c'est seize ou dix-huit ans, arrêtent la lecture de ce texte, ainsi que les aigris ou les puritains de tous poils (de toute façon, je ne pense pas avoir ce genre de lecteurs!) Dure semaine pour ce français vivant à Tokyo. Dure au point d'éprouver une haine quasi assassine pour une jeune femme qu'il guette dans la rue. Revenons au mercredi précédent, les protagonistes du livre se mettent en place, les couples se forment, se déforment, copulent gaiement, dans un lit, un gymnase, un parc...etc...Daniel avec Kasumi dans une chambre d'hôtel, Maiko avec son entraineur de volley, Yu-Chan avec un ouvrier sur une balançoire...Seiji, apprenti yakuza, passe relever les compteurs et accepte les dons en nature....passons sur cette folle nuit, car il y en aura d'autres. A chaque jour et donc à chaque nuit suffit sa peine !
Daniel, Sébastien, deux français, et Andy, un Néo-Zélandais, membres (désolé) de l'éducation nationale japonaise, donc ayant un devoir de réserve avec leurs étudiantes, s'échangent les coordonnées des jeunes filles les plus mignonnes. Je ne savais pas que la Nouvelle-Zélande faisait partie du marché commun ! Et en commun ils en ont des secrets pour la plupart inavouables, des jeux de chaises musicales par étudiantes interposées. Tremblements de terre et des chairs, bref un monde où tout bouge....L'expression « viens chez moi voir mes estampes japonaises » est remplacée ici par « viens on va faire du karaoké au Love Hôtel » ! Chantons maintenant à gorge déployée mais avec le soutien de...l'orchestre! Le karaoké mène à tout, la preuve et Daniel ne s'en plaint pas ! Je ne m'étendrais pas ici sur tout un tas d’activités auxquelles se livrent tous ces braves gens, certaines sont plutôt amusantes, d'autres sont sujettes à caution, malgré je pense, mon ouverture d'esprit....
A signaler que l'on trouve en fin d'ouvrage la liste complète des personnages du roman donc je ne m'étendrai pas sur le sujet, je parlerai donc juste des principaux. Daniel défend la langue de Molière et la réputation de la France dans certains exercices de haut-vol avec partenaires, jeunes et charmantes de préférence. Et renouvelées le plus souvent possible...Sébastien lui réside au Japon depuis plus longtemps, il semble un peu revenu de tout, il a été marié à une Japonaise et ne paraît pas en garder un bon souvenir, maintenant les professionnelles ont sa préférence. Kasumi, amie de Daniel, est une des jeunes filles pas trop farouches que l'auteur met en scène. Miako, qui après l'entrainement, accepte de faire des exercices au sol avec son entraîneur ; c'est beau de cultiver son corps... D'autres passent dans des hôtels du même nom nommés ici poétiquement et pragmatiquement « Love Hôtel ». J'en oublie certainement des meilleures et des nombreuses. Angela, elle , les hommes c'est son boulot alors il faut que ça saute et il faut dire à son corps défendant qu'elle y met du sien et des seins. Seiji, homme à tout faire (et plus si affinités) d'un gang de yakuza, petite frappe punk et méprisable, enfin pour que le commerce marche, il faut ce genre de personnages. On croise aussi une étudiante en boulangerie, prénommée Emi (il faut oser!), bonne pâte mais un peu kleptomane, victime d'un chantage : Seiji la mène à la baguette. Pour lui cette fille est du pain béni. Parle-t-on aussi là-bas de « Pain de fesse »?
Le monde des lycéennes dévergondées et celui des professionnelles du sexe encore plus dévergondées! Ou parfois et même souvent, c'est l'inverse ! Les lycéennes ici aiment bien les travaux pratiques à leurs corps défendants ou non. J'ai appris par exemple que les japonaises, même les très jeunes, étaient très douées pour l'inflation...quand elle dépasse deux chiffres on appelle cela l'inflation galopante!
La vie contrairement à la bibliothèque n'est pas toujours rose dans la capitale nippone, et serait même sordide et glauque, mais c'est le lot de toutes les métropoles. La lecture de ce roman m'a permis de me poser la question suivante : comment se nomment les habitants de Tokyo ? Honnêtement je n'en savais rien! Le résultat de mes recherches est : Tokyotes  ou Tokyoïtes  (et non pas Tokycoïtes, quoique???). Coïts qui sont dans ce livre absolument ininterrompus ! Au rayon des découvertes « l 'enkai » ou l'art et la manière de se saouler entre collègues de bureau avec la bénédiction pour ne pas dire les encouragements de la direction....Étonnant, non !
Étant majeur depuis très longtemps (au moins pour l'état civil, pour le reste j'ai des doutes), la lecture de ce genre de récit ne me dérange aucunement. Les scènes crues, osées et autres en littératures ou au cinéma, si elles amènent quelque chose au récit sont à mon avis normales. Par contre quand elles deviennent gratuites et sans intérêts, là elles me gênent (et comme dit le proverbe « quand il y a de la gêne... »). Surtout que du plaisir il y en a dans ce livre. C'est bien écrit, vivant (?) fortement érotique, évidement exotique, car autres lieux autres mœurs, très libérées, ici! C'est l'imagination débridée au pouvoir ! Mais rassurez vous, il y a une histoire comme fil conducteur, celle du côté sombre d'une ville et d'une société. Les chapitres, très courts, donnent du rythme à ce récit.
Je voudrais dire à une blogueuse de mes amies (dont je préserverai l'anonymat) que la température du Morbihan est restée stable pendant ma lecture de ce livre, et que le septième ciel est toujours au dessus de ma tête.......loin très loin!
Ce livre est à mon goût un peu long, mais l'adage populaire ne dit-il pas : plus c'est long, meilleur c'est ....Alors ne boudons pas notre plaisir, ni celui des personnages!
Extraits avec un peu d'auto-censure :
-Lâche l'affaire, elle n'est sûrement pas dans tes prix. Depuis qu'elle veulent se payer des sacs Vuitton, les lycéennes sont devenues inabordables.
- Elle aimait la baise et son agressivité sexuelle, en rupture complète avec la soumission habituelle un peu nunuche des Japonaises, plaisait beaucoup.
- Dans les romans et les mangas qu'elle disait, cela ne se passait jamais ainsi.
- Pour ton éducation, Kasumi ça veut dire « brume », du coup ça m'a fait penser à Fukuki, « tempête de neige », et Kiri, « le brouillard ».
- Il avait appris à ses dépens que de jolis brins de filles pouvaient vous faire perdre tous vos moyens par un simple sourire ; l'orthodontie restait un luxe au Japon.
- C'était comme un premier rendez-vous d'adolescents, et il savoura cette sensation.
- Cette pratique consistait à « monter » la rue de bar en bar, jusqu'à l'heure du dernier train.
- Ouais, les Japonaises sont comme des cathédrales : les saints sont à l'intérieur.
Éditions : La Musardine ( 2008)

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10 mai 2011

MÉVEL Jo / Granitia.

Granitia
Granitia.

Jo MÉVEL.
Note : 4 / 5.
De guerre lasse !  
Écrivain avec qui j'ai certains points communs ,  nous sommes nés tous les deux dans les Côtes d'Armor et nous habitons pas très loin l'un de l'autre dans la région de Lorient.
La première partie du récit se déroule à Locquémau, près de Lannion et la seconde à Hennebont, ville des Forges dans le Morbihan.
Des pressions visant la presse et la mort de Y.G journaliste au « Torchon Brulant » font la une des journaux locaux et nationaux ! Comment en est-on arrivé à cette extrémité ?
La découverte d'un noyé quelques jours plus tôt est-elle uniquement une coïncidence ? Un suicide de plus pense la population, c'est relativement banal, or il s'avère rapidement que c'est un crime.
Pour connaître les tenants et aboutissants de ces faits-divers , il faut remonter à l'automne 1942, dans un port de la Côte de Granite Rose, où nous faisons la connaissance de Yvonnick Gonidec, jeune garçon de 17 ans dont le père est décédé, lui laissant un bateau qui intéresse la résistance ; le chef du réseau le contacte. Une famille et des aviateurs britanniques doivent passer en Angleterre. Mais la tentative échoue, il est le seul survivant et il semble qu'ils aient été trahis ?
Hennebont, printemps 1998, un cadavre est repêché le long du canal; un lieu très fréquenté, une plaie à la tête font penser à un meurtre, une barbe fournie masque une partie de son visage, et bien sûr, il n'a pas de papiers sur lui, un mystère inhabituel pour la ville...
Une vieille dame à la retraite, en résidence dans ce qui est baptisé avec beaucoup de justesse « La Maison des Sages » écrit avec un certain talent ce qu'elle nomme des romans vérité ; en ce moment elle écrit et décrit la vie d'un couple en perdition; l'homme brisé physiquement par un travail très dur, boit ; cherche t-il aussi à exorciser son passé ?. Une haine tenace règne entre eux.. Alors quand le mari disparaît,  personne n'est pas plus ému que cela, seuls ses copains de bistrot pense qu'il est malade..Le nom de son dernier récit « Roman de vie » est signé Rose Guillou.
Le monde continue de ne pas tourner rond....
Un clochard est arrivé un jour, avec sa chienne est s'est vite fondu dans la grisaille qui est le quotidien de beaucoup. Qui est-il ? Pourquoi ici ?, et autre singularité, il a de l'argent et ne fait pas la manche ! Un autre phénomène est dernièrement apparu autour des terrains de football amateur de la région : des hordes de hooligans qui semblent être manipulés en sous main par un parti politique « Patrie et Nation ». Pour Y.G c'est un sujet à creuser mais bientôt son travail dérange...   des pneus de son véhicule sont crevés puis des menaces écrites lui sont adressées et dernière étape de l’intimidation,  il est agressé physiquement et le directeur de son journal est aussi prié de lui demander de cesser ses enquêtes.
Beaucoup de personnages,  car il se situe sur deux époques différentes avec ses propres protagonistes mais bien sûr certains sont communs.
Y.G, le journaliste d'investigation, il gène c'est évident, mais qui et surtout pourquoi ? Son enquête sur le mort du canal ? Ou alors ces papiers sur certains supporters du club de football qui semblent trop organisés et virulents pour être de simples spectateurs éméchés et un peu bagarreurs !
Yasmina est une autre journaliste, plus jeune ;  Y.G et elle étaient amoureux mais la vie et leur jeune âge en ont décidé autrement. Mais il suffirait de peu de chose pour que l’idylle renaisse.
Les charmantes dames de « La maison des Sages » sont comme toutes les anciennes personnes pleines de bienveillance mais aussi très fines observatrices et pleines de perspicacité.
C'est bien écrit avec un vocabulaire riche mais précis. Les situations semblent avoir été vécues, aussi bien l'embarquement clandestin pour l'Angleterre, (qui m'a rappelé que le 6 octobre 1941, c'était mon père qui avait quitté la Bretagne dans ces mêmes circonstances) que la vie du clochard !
Une histoire singulière mais avec un certain classicisme dans l'écriture.
A noter un peu d'humour dans les noms des journaux :
Le Torchon brûlant, La Ligne de l'Ouest, Le Point-Virgule, L’Éclairage, Le Granitier de l'Ouest, Libertad et L'indépendant du Blavet.
Extraits :
- Il le savait, la mer ne pardonne pas. Elle ne fait jamais de sentiments.
- Au pays, dès qu'un jeune finit son apprentissage, son statut change et c'est son patronyme qui est utilisé. Une reconnaissance de l'homme, un rituel issu des anciens.
- La vie manquait parfois de délicatesse.
- Le monde était devenu fou, les adultes aussi.
- Il avait envie de vivre. La mort lui faisait peur.
- La ville, blottie derrière de vieux et fiers remparts, respirait l'histoire de ses hommes.
- Maintenant, ils ne se supportaient et ils ne se supporteraient plus.
- Silences de couple !
- La pauvreté n'efface pas les pulsions. La misère enchaîne, et parfois déchaîne les esprits torturés.
- Oh, juste une intimidation dans un premier temps ! Deux pneus crevés, une signature pour mettre la pression.
- Et de mémoire d'habitant, toutes les morts n'étaient pas des suicides. Comment savoir !
- Le roman était maître du jeu, la romancière, son exécutant.
- Il avait bien compris le message. Il cherchait à l'intimider. Il se toucha l'arcade. Elle est encore sensible. Il tremblait d'émotion.
Éditions : Hermine Noire / Le chemin faisant. (2011).

 

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08 mai 2011

5e anniversaire !

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Autoportrait.....bien involontaire.

5 e anniversaire.

Dinosaure Senior !
Le 8 mai 2006, j'ouvrais ce blog sans trop savoir ce qui m'attendait ! Quelques gros soucis de santé avaient fait que j'avais dû cesser toute activité professionnelle et je n'étais pas réellement à l'aise dans les sites littéraires dans lesquels je mettais mes chroniques.
Bientôt 900 titres de livres répertoriés malgré un certain manque de motivation ces derniers mois. J'ai maintenant une petite rubrique littéraire dans un magazine « Lorient + » fait par une équipe de retraités. Ma passion pour la photo et la météo très estivale font que je suis très souvent en vadrouille ! J'ai l'impression bien agréable d'être devenu un touriste sur mon propre blog ! C'est malgré tout reparti pour une autre année, ayant encore des trésors qui dorment dans mon capharnaüm-bibliothèque ! Et je suis toujours aussi curieux de livres souvent hors normes qui réservent souvent de bonnes surprises.
A bientôt.
Yvon
Reflets dans une flaque d'eau.
Reflets

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