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La nuit du tricheur.
Hugo BUAN.
Note : 3,5 / 5.
Tricher n'est pas voler!
Troisième opus de cet auteur vivant à Saint Malo, mais que je ne connais pas encore.
Après le monde médical dans « Hortensias Blues », une virée îlienne agitée dans « Cézembre noire», ici l'auteur nous invite à une exposition de peinture.
Nous commençons par faire la connaissance de quelques protagonistes : Fletcher, un cousin de Workan, avec quelques comparses pas trop futés, il prépare son « Coup » celui qui le rendra riche, et qui lui permettra de ridiculiser son cousin qu'il déteste. Cinq toiles de Georges de la Tour doivent être exposées à Rennes, le musée des Beaux Arts étant en travaux, l'ancien couvent des Jacobins les accueilleront. Logiquement toutes les précautions sont prises, ces toiles sont d'une valeur inestimable et difficilement négociables. Mais la police rennaise est malgré tout sur le qui vive, et c'est une sage précaution. Alors quand l'envoyé de ministère de la culture, après un détour chez une dame qui semblerait être de petite vertu, est retrouvé dans la Vilaine une balle dans la tête, l'affaire devient un peu obscure! Pendant ce temps à Tintenac, au nord de Rennes une équipe de scientifiques s'est installée! Des spécialistes de l'espace, mais qui ne savent pas monter un télescope! C'est Fletcher et sa « Dream team » de combat, la fine fleur des gangsters de seconde, voire même de troisième zone! Pour Workan, une visite à la belle de nuit, dénommée Quentine, (qui d'ailleurs est aussi belle le jour que la nuit), s'impose, car elle est la dernière personne à avoir vu Claude Lévêché, responsable de l'exposition, vivant! Et bien vivant, dit-elle! Et voilà que la cause de cette mort, qui semblait claire devient obscure, que dis-je opaque. Charbonnot, un ancien faussaire, prévient Workan qu'il a été payé pour faire une copie (et non pas un faux) des cinq tableaux en question ! Détail, son acheteur, qui lui a donné son nom, Nowski, lui a demandé de les signer « Ducon-Lajoie »! Workan se souvient et est sûr que son cousin est à Rennes!
Vous voyez le tableau! Ce n'est pas La Tour prend garde, mais prenez garde à De la Tour, boulevard de la Tour d'Auvergne* Je crois que j'ai fait le tour.....
Pour les personnages, on reprend les mêmes, en mieux ou en pire? La sagesse populaire dit aussi, on ne change pas une équipe qui gagne, alors! N'empêche que la futilité des protagonistes de ces romans me semble très souvent dérisoire! Leurs querelles frisent le ridicule, peut-être une manière de décompresser pour eux. Fletcher Nowski, un malfrat parisien, a décidé d'en faire voir de toutes les couleurs au commissaire Workan en volant les tableaux, et en assouvissant une vengeance personnelle. Copie de son cousin en plus beau , il est l'homme qui rate tout, celui qui cumule la malchance, le manque de veine, de pot, c'est pas de sa faute, mais......
Ses acolytes sont pitoyables, en particulier le clown triste et stupide, portant sa croix sur sa carte de visite, nommé Beaudoin, ses parents lui ont donné le double prénom de Beaudoin-Beaudoin (est-il le fils naturel d'un ancien roi de Belgique?) Ses autres comparses sont guère mieux lotis.
Quentine, péripatéticienne de haut-vol, au langage argotique, nous vaut de la part de l'auteur une description pleine de poésie et de promesse!
L'écriture est agréable, de l'humour mais pas trop, et il est toujours difficile de ne pas basculer dans le comique. Ici, c'est réussi, la frontière n'est pas franchie. En vous donnant un exemple, je vais vous faire une fleur :
- Contrairement à la jupe tulipe de sa collègue, cette dernière arborait une mini jupette marguerite qui ne demandait que l'effeuillage de ses pétales (on devrait dire l'épétalage).
Moins réussi point de vue dépaysement que « Cézembre noir », mais une petite promenade à Rennes et dans ses environs, ce n'est pas mal non plus. Et cela m'a rajeuni! Un bon moment de lecture avec un voleur machiavélique, mais malheureux!
Extraits :
- Workan contre Nowski. La plus belle partie d'échecs qui soit.
- Avec tous ces noms bretons à la con, il y a de quoi se......
- Ce qui rendait malade le grand commissaire, c'était la possibilité qu'un tableau du maître lorrain puisse valoir moins cher qu'un footballeur de Chelsea, du Real ou de Manchester.
- Il faut bien reconnaître que les morts ont tendance à s'accumuler autour de vous. Vous êtes comme un papier-tu-mouches.
- Quentine?
Oui. Mais avec un Q ; pas c.a.n.t.i.n.e.
- « Un jour, je serai flic et je te mettrai en prison »
- La chance les fuyait : les quatre gangsters étaient tombés sur le paysan le plus chiant de Bretagne, et sûrement de France.
- J'ai l' impression d'être l'Armée du Salut, les Restos du Coeur et le Secours Catholique avec vous trois!
            
Éditions : Pascal Galodé. (2010).
Autres chroniques :
Hortensias Blues.
Cézembre noir.
*Boulevard où est situé le commissariat central de Rennes.