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Toronto, accidents de parcours.
Collectif/ Romans d'une ville.
Note : 3 / 5.
Un accident est si vite arrivé.......
Après une semaine de dur labeur, je pars en week-end littéraire, pas de chance pour vous.
Je connais peu Toronto, hormis le fait que Neil Young y soit né. Alors je vais me laisser guider par André Alexis, Elizabeth Hay, Lesley Krueger, Michael Redhill, Leon Rooke et Michael Winter. A première vue, seul Leon Rooke a été traduit en français.
« Rapport sur une honte du passé ». Tout ça c'est de la faute de la guerre des Malouines, et sans guerre, pas de reporters à Buenos Aires, donc pas de rencontre entre les protagonistes de cette histoire! Et le reste n'est que littérature!
« Et pourtant ». Gabriel English et une bande d'amis sont à une soirée, les gens boivent, flirtent, une femme veut lui faire visiter la prochaine maison qu'elle veut acheter avec son fiancé ! C'est loin, dans un nouveau quartier, mais pourquoi pas....La fin de l'histoire (qui est également son début) est inattendue!
« Un pervers chez les hockeyeuses ». Cette nouvelle est sous-titrée, « une histoire d'amour ». J'ai du mal à imaginer un homme fantasmant sur une hockeyeuse sur glace! Il est vrai qu'elles seront immanquablement plus minces qu'il n'y paraît, mais il ne faut pas leur chercher des crosses à ces dames! Alors, un être inoffensif ou un déséquilibré, un fan ou un fou? La police reste en dehors de tout cela! Et puis madame, il n'y a pas que le hockey dans la vie, le hochet pas exemple!
« Management de la douleur ». On pourrait sous titré cette nouvelle « Chaud devant »! Le business de la douleur avec un cas extrême (si je peux me permettre!) Mais la vie réserve des surprises souvent douloureuses.
« Toronto ,en morceaux » est une balade triste et alcoolisée dans la ville. D'un tramway de nuit à un manque de cigarettes, les errances nocturnes d'un homme. Des rencontres, une prostituée, des bars et des discussions et un mot sur Suzanne Sontag, écrivain et photographe américaine. Toronto, la nuit et sa faune hétéroclite. Une courte nouvelle qui est une de mes préférées du recueil.
« Le Who's who de Balduchi » est un texte en dix-huit « strophes » d'une quarantaine de pages. Nous suivons les péripéties de Frannie Balducci, femme de trente neuf ans dans son quartier, parmi les siens et d'autres! Gene Kelly, Elvis, André Malraux passent ou sont cités. Odessa est le lieu de rencontre entre Maupassant, Babel, et Dieu et leurs discussions sont sans fin et grande est leur soif! « Déjanté » est le terme à la mode pour ce genre de narration.
Une femme journaliste et infidèle, Gabriel English, personnage récurrent de Michael Winter, qui est lui même anglais, mais établi depuis plusieurs années à Toronto. Une vétérinaire expliquant à un petit garçon qu'elle a piqué son chien et découvrant que ses parents lui ont menti. Des policiers qui conseillent à une femme de s'installer chez son amant, un homme qui a toujours chaud, c'est bien pour les nuits d'hiver, mais parfois c'est trop, une fille facile aux tarifs variables, rien de bien nouveau sous le soleil, dommage!
L'écriture de Michael Winter est originale, enfin plus que les autres. Phrases courtes, saccadées et souvent sans verbe, proche du parler, pour une nouvelle, c'est bien, pour un récit plus long, c'est moins sûr. Il est à noter que relativement peu d'auteurs sont natifs de Toronto, Winter est anglais, Alexis est né à Trinidad, Redhill à Baltimore et Rooke en Caroline du Nord. Pour ce dernier je pense réessayer plus tard.
Une phrase est à noter :
« Charlie mange pas de corneilles, dit l'homme. Putain, qu'est ce que tu regardes? » Bizarre comme certaines expressions peuvent varier!
Un recueil sans grande surprise, j'espérais être plus étonné que cela! Toronto, morne recueil!
Extraits :
- Dans un hôtel à l'étranger, je représentais une agréable opportunité sexuelle, alors qu'ici, je vivais avec mon mari et j'étais une source potentielle de complications.
- Ce serait quelque chose, une expérience, peut-être un marque-page pour une autre vie, et pourtant.
- Je me rendais compte que si le truc de quelqu'un était d'enlever les soutiens-gorges des femmes, cette personne s'exposait à des déceptions. Il est vrai que certaines paires de seins étaient époustouflantes : j'en étais verte de jalousie.
- Lors d'une conférence , il avait dit :
« La douleur est un signal, et un signal est un message qui doit être décodé. Nous allons maintenant décrire certains des signaux que nous recevons de nos corps ».
- Là, pendant un instant, j'étais presque heureux....
- Ils eurent bientôt liquidé la première bouteille. Dieu avait enlevé ses chaussures.
- Elle n'est plus froide. Elle est aussi chaude que des évangélistes grillés au barbecue.
Éditions : Autrement/ Romans d'une ville (2004)