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Toulouse, du rose au noir.
Collectif/Romans d'une ville.
Note : 4 / 5.
La vie en rose*!
Dans le pack, on trouve Pascal Dessaint, Alain Leygonie, Michel Mathe, Michel-Julien Naudy, et Jean Pons. L'élément féminin est représenté par Michèle Rozenfarb. Je ne connais aucun de ces auteurs.
« Babette, me voilà !», Maurice, un chauffeur de bus, effectue son dernier voyage avant la retraite. Il évoque Babette, la femme de sa vie qui est décédée, il se souvient de son copain François-Marie tué par trois voyageurs. Il regarde la ville devant lui, un couple de jeunes très amoureux monte. Bien polis, ils saluent le chauffeur et descendent quelques stations plus loin, un dernier voyage tranquille, enfin pas sûr.....
« Spinoza et moi », Pauvre Spino, avoir une mère invivable et un copain qui tout en ayant été trouvé dans une poubelle est loin d'être bête. Et surtout « le Spino », comble de malchance, était là où il fallait pas être, et circonstance aggravante, il avait menacé de mort sa baronne de mère! Pas très moral tout cela, mais agréable à lire.!
« Pizza de nuit, amère calzone », Dominique est un travesti prostitué, Marcello lui livre des pizzas, entre eux c'est le grand amour! Mais lorsque Marcello, une nuit, se trompe d'adresse, d'un seul coup le ciel se couvre de nuages noirs! Les amants pensaient revivre « La Dolce Vita » dans la fontaine, ce ne fut que « Réglementent de compte à OK Capitole ». Sexe et corruption dans la Ville Rose.
« Le dernier », cette histoire se déroule dans la communauté espagnole de la ville, le temps a passé depuis la guerre et la résistance, petit à petit les anciens se font de plus en plus rares, mais une question reste en suspend, qui a trahi naguère? Une cassette durant la crémation d'un des derniers de l'époque donnera-t-elle le nom du coupable......
« Le perroquet » nous raconte l'histoire d'un homme bien, qui a rapporté deux perroquets d'un séjour au Gabon, il en vend un à Claude, personnage pas très recommandable, malgré tout ,ils se lient d'amitié. Un an après, quelle étrange idée, ils réunissent les deux oiseaux, la fin il ne faut pas la répéter, surtout pas devant des perroquets! Pas très moral non plus cette histoire, mais cela fait du bien parfois.....
« Maraudeur étranger », la ville et son histoire, là aussi retour sur les heures de la guerre, la vengeance est un plat qui se mange froid, dit le proverbe, mais à force d'attendre, un inconnu vous prend votre part! Une bien belle intrigue sur fond de littérature et de personnages ayant encore un certain respect des valeurs! Un chauffeur de bus nous promène dans la ville, une baronne de la Garonne et un tueur en herbe, un travesti et un livreur de pizza, ce sont des personnages relativement ordinaires, mais ce qu'ils leur arrivent n'est pas ordinaire. Un syndicaliste pas très net et son homme de main pas net du tout et un peu stupide, des réfugiés espagnols qui revivent les heures sombres de l'histoire. Un gangster qui veut rendre service à un ami, un hommage à Jean-Patrick Manchette à travers un livre …..noir! 
Le portrait des derniers habitants, parmi eux un bouquiniste d'un quartier guetté par les promoteurs immobiliers, c'est la vie moderne! Chaque ville a son histoire, la grande ou la petite, c'est ce qui fait son charme et sa grandeur.
Grâce à quelques récits de bonne qualité, une visite guidée d'une cité que je ne connais pas. Recueil qui ne dépareille pas la série, bien au contraire. Le Rose et le Noir, un bon mélange.
Extraits :
- Arrêt Jean-Jaurès, je pense plutôt à toutes les salles de cinoche que j'avais vu se fermer au cours de ma carrière, plusieurs sur le boulevard Lazare-Carnot, le Trianon sur le boulevard de Strasbourg, et puis le Rex......
- Je croyais que l'amitié était aussi forte que l'amour et en fait je me trompais.
- Parce que, en plus d'être une vraie peau de vache, c'était une baronne.
- Si j'explique tout ça, c'est pas pour rien.
- Dispensant l'argent public avec un souci constant de ne léser aucun membre de sa famille. Échappant aux lois, les défiant même du haut de sa stature.
- Nos conversations sont courtes. Un peu plus long que sa jupe, moins que mes cuissardes.
- Ce n'est pas de la nostalgie, pas du ressentiment, la simple mesure de l'écart entre le passé et le présent.
- Le nouveau siècle n'a pas de lutte et pas d'espoir de victoire.
- C'était pourtant pas bien méchant. Juste des mots en l'air. Aux petits mots, parfois, les gros emmerdes....
- Un ami parisien(un journaliste sportif spécialiste des équipées de nuit et formé autrefois à la rude école d'Antoine Blondin).....
- À sa manière, le lecteur a pris avec Manchette le deuil d'une époque : il a noirci un bouquin dont l'auteur a noirci les personnages et l' action.
Éditions : Autrement/ Romans d'une ville.(2000).
*C'est rarement vrai dans ce recueil!