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L'orange rouge.
Anne-Marie Le MUT.
Note : 4/5.
Les pommes d'orange*.
Second recueil de cet auteur que je lis, c'est Noël dans le monde, alors les nouvelles devraient être bonnes. Mais même en littérature ce n'est pas toujours le cas. Je ne parle évidemment pas de la qualité des-dit nouvelles, mais du bonheur que ce jour devrait apporter.
Douze très courts récits, ayant Noël pour thème, beaucoup se passe en Bretagne mais aussi au Portugal ou dans les îles grecques.
Frère Gilles, de l'abbaye de Landévennec, aime le chant et la musique. Il s'entraîne sur une cithare nouvellement offerte, se réjouissant d'avance de la messe de Noël. Son public, un rouge-gorge qui vient le retrouver chaque jour, mais voilà, frère Gilles est malade pour la messe de minuit...........
« Le chemin de Maen-Hir », c'est l'histoire somme toute courante d'une terre, objet de litige au moment d'un héritage. Il y a des années que cela dure, et si en cette nuit, les deux frères oubliaient leur rancoeur.
« Route pêche » que fait un bateau de pêche dans un jardin ? Il s'ennuie, tout cela parce que des hommes ont un jour signé un décret. Mais Per-Mari, son capitaine, un jour tel Noë reprend la mer. Et vogue « Le Kalonek »
« L'orange rouge », nous ramène dans le passé, en 1920. Augustine à neuf ans, épicière lui offre à elle comme a ses soeur, une orange. Cadeau magique pour l'époque.
Il va de soi que la plupart des personnages sont des enfants, même s'ils ne sont pas les acteurs principaux de ces récits. Mais pas tous, nous trouvons ainsi Isidore et François frères ennemis qu'un bout de terre sépare au propre comme au figuré mais qui le soir de Noël ils oublient 30 ans de rancune. « L'homme à l'harmonica »Louis, joue de la musique dans la nuit un soir de Noël. Mais au matin il a disparu. Corentin, surnommé « Tinig le boiteux » aimerait bien qu'on l'appelle autrement « Tinig aux yeux bleus » ou alors « Tinig le berger », c'est la nuit de Noël et la messe de minuit. Mais un petit agneau tombé d'un talus, va changer ses projets. Emmanuel est un brave homme, alors en cette nuit de Noël il va aider son ami.
Beaucoup d'animaux également, avec un rouge-gorge chanteur, une jument messagère Permettra la famille de retrouver un jeune homme perdu, Une autre, ancienne jument de labour est restée dans la famille, elle s'appelle Rose, elle ira voir Yvon, son maître, son ami, à l'hôpital le 24 décembre, comme promis.
La magie de Noël, certains miracles de Noël également, je pense en particulier à cette histoire de perquisitions dans une ferme bretonne. Ou à celle de ce berger, qui sauve un agneau, ou alors à cette jument qui permet de retrouver un enfant blessé. Ou alors, du sacrifice de cette jeune fille, qui laissera une partie d'elle-même pour offrir à son grand-père des fruits gorgés de soleil.
Ce recueil peut-être lu à tout âge, il semble même parfois écrit pour la jeunesse, ce qui n'a rien de péjoratif. Plein de bons sentiments, mais sans tomber dans des récits infantiles. Car la vie même le jour de Noël n'est pas forcément facile. Mais en ce jour, nativité ne rime t-il pas avec naïveté!
A noter de très belles illustrations de Marie-Anne Garin.
Extraits :
- La musique est son haleine.
- « Petit Jésus de Bethléem, je vous adore je vous aime. Petit Jésus, écoutez-moi, rendez son papa à Erika. »
- Maen-Hire. L'unique. La seule parcelle impossible à partager...
- C'est devant ce feu, cette cheminée magique, que chaque veille de Noël, avant de monter me coucher, je pose mes deux sabots.
- Dans la vieille langue des Bretons, «Kalonek » signifie « au grand coeur ».
- Chann Penn-An-Hent en coiffe du dimanche trône derrière le cageot d'oranges.
- « Croit toujours en lendemains heureux », me dit-il encore.
- Et il partit. Mais il n'avait pas fait trois pas qu'il s'arrête. Un berger n'abandonne pas un mouton.
-...il était bottier et l'étroite pièce qui servait d'atelier garde encore l'odeur fauve du cuir et de la poix.
- « Allez Yvon ! en route...Tu avais bien promis, n'est-ce pas, d'amener Rose à l' arbre de Noël de l'école ? »
- «  J'ai payé mes dettes, j'ai acheté tout ce qu'il nous faut et j'ai encore la drachme pour le pop. Tiens mon Angèle, remet-la aux icônes ».
Éditions : Coop Breizh / Nouvelles. (1997).
*J'aime beaucoup cette manière d'appeler les oranges que j'ai souvent entendu dans mon enfance.