Tout le monde descend!
Frédéric PRILLEUX (Coordinateur)
Note : 4 / 5 .
Au train où vont les choses........
Huitième station, un an d'arrêt! Ce n'est pas un TGV! Et comme dit le titre, tout le monde descend. Comme les autres années, ce livre est le résultat d'un concours de nouvelles. Les auteurs ont pour noms : Abdel-Hafed Benotman*, Dominique Chappey, Martine Chesnel, Joël Hamm**, Laurent Martin, Pascal Millet, Jean Paul Nozier, Patrick Pommier, Serge Reynaud, Axel Senequier et Lalie Walker. Il y a dix voyageurs dans ce train, le onzième Patrick Pommier est malheureusement décédé. Comme moi, beaucoup de gens ont fait sa connaissance grâce à sa nouvelle « Mort à Denise »!
Abdel-Hafed Benotman nous emmène en Bretagne, entre clic (d'un appareil photo) et ethnique! Un employé de wagon restaurant antillais, un contrôleur venant de Côte d'Ivoire et un voyageur écrivain arabe! Et j'allais l'oublier, un TER qui est à l'heure, comme souvent d'ailleurs.
« Le dernier des Dalton », c'était avant, entre mai 1968 et maintenant. Pas de statistiques, pas de rentabilité effrénée, pas de fond de retraite américain, avant que les ouvriers ne soient du bétail et que les actionnaires s'engraissent. Avant que « La montre » soit un dogme! Une des plus belles nouvelles de ce recueil!
Savez-vous pourquoi dans les trains modernes, les fenêtres ne s'ouvrent plus? Lisez « Un train de nuit », qui pourrait se résumer ainsi, du rhum, une femme.....
« Le train de 6h06 », ce n'est pas celui que je prenais, donc je ne connais pas « Monsieur Jean-Luc », ni ses amis, les membres du « Conseil » pas le municipal, l'autre, l'occulte. Ce brave Jean-Luc, le garde barrière, celui qui a transformé sa maison en monument aux morts!
A quoi ressemblera le monde dans le futur? Et le train plus tard comment sera-t-il?   
« Le retardataire » répond en partie à cette question. Et ce n'est pas très réjouissant!
Pour clore ce recueil, en guise d'hommage « Un train de mesure » de Patrick Pommier, les bons comptes font les bons amis, dit le proverbe, soit, mais les chiffres parfois.....Un récit qui m'a fait penser à « Soulographie dans un tunnel » de Flann O'Brien, et c'est un compliment!
Le préposé au wagon restaurant, voilà un personnage que j'ai délaissé dans ma chronique sur la SNCF. Merci Monsieur Benotman de réparer mon oubli. Quatre copains de boulot, dont « Gélule», un brave gars, pas trop bien fini, un collègue de boulot malgré tout! Un ancien légionnaire polonais, un peu illuminé, mais ne le serait-on pas à sa place? Une femme qui récupère les journaux aux terminus d'un train, sa manière à elle de rompre sa solitude! Des contrôleurs, c'est obligatoire dans un train, mais des faux contrôleurs, quelle surprise? En plus, ce n'est pas par altruisme qu'ils écument les trains, de nuit de préférence. Imaginons la rencontre entre les deux, le vrai et le faux! Billets, s'il vous plait! Un retraité à l'ouïe fine, une femme qui se venge dans un TER nocturne, un braqueur tatillon, tout, sauf le train-train quotidien.
Un recueil dans la tradition maintenant bien établie et des trouvailles pour changer les ateliers de maintenance, la maison d'un garde barrière par exemple, il n'y a pas que les trains à la SNCF !
Un bon cru!      
Extraits :
- Quatre copains inséparables dont un petit teigneux et un grand imbécile. La mode était au surnom, n'avait pas mis longtemps à gagner le nôtre : Les Dalton.
- Jour après jour, je les reconnais. Je les devine. Je leur prête une histoire. Je leur invente une vie. Et parmi eux, je cherche mon inconnu.
- Il n'a pas de besoins particuliers, ne désire rien qu'on puisse acheter. Il regrette seulement le temps où il savait pleurer.
- Les trois gamins devinrent des petites vedettes.
-
Chaude ambiance à la baraque, l'horreur au quotidien.
- Il n'y a pas un bruit de trop. Un qui manquerait, alors ?
-Il faut dire qu'elle alignait à sa décharge des statistiques impressionnantes : Entre dix et quinze suicides par an, et ce...... depuis quarante ans.
- Les trains comme les livres étaient rares. Du moins ceux écrits par des auteurs qui avaient autre chose à raconter que de vanter et ressasser la propagande des États-Réunis.
- Après tout, je suis tout de même le cerveau de l'attaque du train postal !
Du train postal Orléans-Paris, s'entend.
- Au fait, vous le saviez, vous, que les sacs des banques contenaient souvent des émetteurs ? Moi, oui.
Éditions : Terre de Brume (2009).
*Voir une chronique, ici.
**Figure également dans ce recueil.
PS. Mon nom figure parmi les participants, et comme disait Pierre de Coubertin , l'essentiel c'est de participer!