15 décembre 2009

McKINTY Adrian / Retour de flammes.

Retour de flammes.
Adrian McKINTY.
Note : 4,5 / 5.
Heureux qui comme Ulysse......
Quatrième roman de cet auteur irlandais et globe-trotter. Michael Forsythe reprend du service, et en Irlande, cette fois à Belfast pour être plus précis. L'action se déroule du 15 juin 6 heures (locale) à Lima au 16 juin minuit heure locale à Islandmagee aux environs de Belfast.
Un début à vous couper le souffle, c'est normal nous sommes à Lima et l'oxygène est rare, mais les morts comme partout fleurissent! Michael Forsythe est retrouvé par Bridget Callaghan, dont il a abattu le fiancé des années auparavant! Elle lui propose un marché, retrouver sa fille Siobhan enlevée à Belfast et en contre- partie, elle oublie le passé. Michael, qui fuit depuis toutes ces années, accepte. Mais les coups tordus sont bien sûr au rendez-vous, pour Michael, ce n'est pas un retour au sur sentimentale, ni un voyage d'agrément!
De la gaîté un peu factice de Dublin un jour de « Bloomday » à Belfast en état de paix fragile, la première ne sait pas que la récession la guette, la seconde espère des jours meilleurs. Les jours meilleurs pour Michael sont ou pour demain ou jamais!
Mais qui a osé enlever cette enfant! Car il faut une dose d'inconscience, pour ne pas dire de folie furieuse pour s'attaquer à Bridget Callaghan, qui est à la tête de la maffia irlandaise de New-York! Elle ne manque ni de moyen, ni d'hommes, mais elle est dans une ville dont les règles et la mentalité lui échappent! L'argent et la technologie ne sont pas tout! Alors Michael va plonger seul dans ce panier de crabes, beaucoup de gens semblent lui en vouloir, mais qui? Les paramilitaires, sans qui rien ne se fait dans la ville, disent avec une belle unanimité qu'il ne sont pour rien dans cette histoire, d'ailleurs qu'auraient-ils à gagner dans une guerre avec la maffia irlandaise des États-Unis? Une piste, un jeune dealer, qui plaisait beaucoup à Siobhan, le gérant du café où ils se rencontraient, n'est pas très coopératif, d'ailleurs personne ne l'est. Dans certains cas, Belfast est une ville de taiseux! Mais cette piste tombe à l'eau, le jeune garçon est mort dans la péniche où il résidait!
Une demande de rançon arrive, alors commence une guerre à outrance entre Michael, le chrono et un ennemi inconnu......
Nous retrouvons donc Michael Forsthy à Belfast, les années ont passé, le traité dit du Vendredi Saint transforme presque la ville en cité ordinaire, presque, car les paramilitaires se sont recyclés! De la lutte armée au business, des idéaux au trafic de drogue, ainsi va la vie!
Bridget, femme fatale, (c'est le moins que l'on puise dire) est devenue à force de courage (et de crimes, aussi) une figure de la pègre irlandaise aux États-Unis. Elle avait juré la mort de Michael Forshythe, mais l'enlèvement de sa fille Siobhan l'oblige à une sorte de marché avec ce dernier.
Cette course contre la montre donne un livre sans temps morts, Les romans policiers se déroulant en Irlande du Nord ont un ingrédient que l'on retrouve rarement ailleurs, les paramilitaires! Ici, comme souvent les auteurs irlandais soulèvent dans leurs récits la face politique des choses, et les nombreuses alliances qui sont devenues monnaie courante!
Je pense que le titre français n'est pas une réussite, le titre original « Bloomday Dead » est beaucoup plus explicite, et résume bien l'hommage qu'a voulu rendre l'auteur à James Joyce et à ce jour anniversaire, durant lequel se déroule le livre « Ulysse». Les titres des chapitres sont souvent des références à ce roman . Un des premiers morts du livre ne s'appelle-t-il pas Hector!
Il faut aussi beaucoup d'humour à l'auteur pour donner à son héros un faux passeport portant le nom de Brian O'Nolan, qui est le véritable patronyme de Flann O'Brien, un des participants de cette première commémoration.
Extraits :
- Les Dublinois ont pas mal changé. Ils ressemblent de plus en plus aux Londoniens.
- J'ai dû interroger six autres personnes avant de tomber sur un natif de Dublin. Encore un truc que l'on aurait jamais vu autrefois. Des immigrés.
- Pas de plaques bleues indiquant  « Brendan Behan niqua ici » mais, qui sait, c'est peut-être encore le même établissement.
- Le cimetière de Milltown, où un cinglé déchaîné avait balancé des grenades lors d'un enterrement de l'IRA.
- Slán agat*, la ville des polders.
Slán abhaile**. Je n'y reviendrais pas, je le sais.
- Essayez de vous établir comme gangster indépendant en Ulster sans être affilié à l'un ou l'autre bord, et vous irez bientôt nourrir les poissons.
- D'ici le recensement de 2011, ou dans les cinq années suivantes au plus tard, les catholiques seront majoritaires en Irlande du Nord. N'importe quel idiot peut voir ce que ça signifie : un vote pour l'union avec le Sud.
Éditions : Série noire/ Gallimard (2009).
Titre original: The Bloomday Dead. (2007)
*Au revoir.
** Expression souvent employée sur les peinture murales de Belfast, signifiant «
Foutez le camp »

Posté par eireann yvon à 08:20 - - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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