La Lune dans le Kenavo.
Michel DRÉAN.

Note : 5 / 5.
Ainsi va la vie!
Troisième volet des aventures de Vincent Terrach, dont j'ai fait la connaissance dans « Ploemeutre »
Ce roman a été sélectionné pour le concours du roman policier, organisé en même temps que le festival du film policier de la ville de Liège. Renseignements et liste des romans sélectionnés,
ici. Où il a obtenu une mention spéciale du jury au concours de « La plume de cristal » hier après-midi.
Vincent Terrach, ancien de la police est devenu détective privé, étant dorénavant chargé de famille, accepte la filature de Paul-Henri Dupin, notable Lorientais. Sa femme n'est pas très sûre de sa fidélité. Et elle a bien raison Madame Dupin, son mari a des activités sexuelles hors-ménage, mais c'est pire que ce qu'elle pensait! Entre temps, Vincent est contacté par Christian, un ami d'enfance, qui est très inquiet. Son épouse, Sophie, a disparu, apparemment sans raison! Couple aisé, il avait tout pour être heureux! Mais que se cache-t-il sous des apparences souvent trompeuses? Vincent trouve un prospectus dans la villa du couple pour une organisation très « New-Age ». Il s'inscrit pour un stage et découvre le passage de Sophie, qui s'est inscrite sous son nom de jeune fille! Cela semble étrange! Grâce à l'aide d'anciens amis dans la police, il se rend vite compte que « La Nouvelle Pensée » est apparentée à une secte et possède un château en Dordogne! Une nuit, Vincent s'introduit dans la place, mais deux dobermans sont prêts à fondre sur lui....
Mais un bon samaritain veille, deux flèches viennent tuer les monstres ; l'homme, Nicolas Vatel, le lendemain, lui raconte son histoire. Depuis quelques temps, il surveille le château dans lequel sa soeur est enfermée. Il y fait quelques travaux de maçonnerie et peut introduire Vincent dans la place. Les loups sont dans la bergerie, mais les bergers ont aussi leurs chiens loups, prêts à tout pour garder leurs prérogatives dans cet espace clos qu'est devenu ce château de Dordogne. Ce qui semblerait être le combat des chefs peut alors commencer.....
Beaucoup de monde dans ce roman, le personnage récurrent de la série, Vincent Terrach n'est plus seul : Amandine partage sa vie, et ils ont une fille, Léna. Mais les anciennes plaies sont-elles définitivement refermées? Et sa vie est-elle compatible avec la charge d'un foyer? Christian, copain d'enfance, a réussi sa vie professionnelle. Chirurgien, il a une vie matérielle des plus confortables. Son épouse, Sophie, est une femme magnifique, qui semble très amoureuse, mais alors pourquoi avoir mystérieusement disparu! Quelles raisons profondes l'ont poussé à dire à Nadège Rossi, peintre homosexuelle, que parfois elle s'ennuyait? L'ennui était-il si fort pour lui faire quitter sa vie de femme aisée et entrer dans une secte?
Nelly Osmond, représentante de la police, apportera secours et une certaine amitié à Vincent, surtout que tout ira mal pour lui .
Paul-Henri Dupin, liquidateur judiciaire, a pignon sur rue, son épouse le fait suivre par Vincent Terrach, ayant certains doutes sur sa fidélité. Mais la vérité est encore pire que ce qu'elle pensait! Car certaines photos peuvent ruiner sa carrière et sa vie. Il sera retrouvé pendu! Suicide?
Betty Barbet et Marco, eux, espèrent sortir de la médiocrité de leurs vies, en prostituant Lucas, fils de Betty, mais pas de Marco. Lucas lui s'en remettra peut-être.
Gueule d'Amour, ancien soldat, homme à tout faire ; la cicatrice qui lui vaut son surnom fut récoltée au cours d'une vie aventureuse, pleine de fureur et de morts violentes. Maintenant, homme de devoir, il servira fidèlement son maître, jusqu'à la mort si nécessaire.
L'Éclaireur dont la mission est d'éclairer ses fidèles, mais pas trop malgré tout et pour cela tous les moyens sont bons. Chantage, intimidations, privation de nourriture et violence! Évidement il règne en despote sur ses ouailles, choisissant la femme qui partagera son lit, et préparant certains enfants pour des réseaux de pédophilie.
Nicolas Vatel débarque tel le sauveur. Vincent et lui deviennent des alliés naturels, chacun cherchant à délivrer une personne retenue dans ce château.
Cecilia, que fait-elle dans cette galère? Comment peut-on être devenue si jeune ce bloc de haine, prête à tout, surtout au pire?
Quand les sectes et les réseaux de pédophilie ne font qu'un, le résultat est vraiment consternant, et malheureusement ce roman est peut-être en dessous de la vérité.
Comme dans « Ploemeutre », l'auteur nous signale le personnage principal de chaque chapitre, chose qui dans ce récit aux multiples intervenants est la bienvenue. J'aime également un humour léger qui ne nuit pas à l'histoire, mais qui l'égaye parfois.
Un excellent roman avec une réflexion douce amère sur notre société, sa futilité, ses fausses valeurs mais aussi ses pires travers.
Extraits :
- La misère avait donc une odeur. Rance, âcre, rempli de drames, de désarroi, sans futur.
- Elle avait dû être belle dans une jeunesse depuis longtemps enfuie.
- Un soupir. Pas facile de remuer la vase. Pour personne.
- Il savait que, désormais, il était passé du statut de prédateur à celui de gibier.
- Lui aussi avait dû perdre ses 20 ans dans les Aurès.
- Le pouvoir,l'argent, le sexe. Ces trois moteurs qui faisaient tourner le monde. Et surtout le sien.
- Il n'était plus rien. Un résidu, un déchet. Une simple merde qui abusait des gamins.
- Cela faisait bien longtemps qu'il ne croyait plus au ciel des autres.
- J'étais Steve McQueen dans Bullitt, Vatanen dans le Paris Dakar.
- Brel avait bien raison. Nom de dieu que c'était triste Orly ou Lann-Bihoué, un dimanche, avec ou sans Bécaud.
Éditions : Les éditions du Barbu.(2008)
Autre chronique de cet auteur:
Ploemeurtre