Lumière noire.
Didier DAENINCKX.
Note : 3,5 / 5.
La guerre des initiales *.
Roman de 1987 lu dans le cadre d'une rencontre avec des élèves du lycée Colbert de Lorient. Il fait partie d'une sélection de trois romans de cet auteur. Les autres sont « Cannibale» et « Meurtres pour mémoire ».
La mort de Gérard Blanc dans un aéroport, abattu par la police dans cette période troublée par des attentats terroristes en France, est mystérieuses. Que s'est-il réellement passé ce soir-là? Yves Guyot qui était dans la voiture avec son ami, n'est pas d'accord du tout avec la reconstitution qu'en fait la justice. Pour lui les forces de l'ordre ont tiré beaucoup trop rapidement! Mais que faisait Yves et son ami Gérard dans cette zone où ils n'avaient rien à y faire, et avec une voiture qui n'était pas répertoriée dans les véhicules autorisés à pénétrer sur ce terrain? Et cette voiture était-elle réellement tous feux éteints ?
Yves Guyot est interrogé à de nombreuses reprises. Puis il est victime d'un chantage de la police, celle-ci lui reprochant d'avoir dans son CV omis le fait d'avoir fait de la prison. Il signe donc une déclaration en sachant qu'elle est en partie fausse. Le témoignage de deux Français résidant à l'étranger apporte de l'eau au moulin de la police. Yves Guyot se rend vite compte que le récit que donne ces gens est plein d'inexactitudes. Pour retrouver un témoin, il part au Mali, mais son témoin mourra peu après dans un accident de voiture. Coïncidence troublante?Dès son retour en France, ce qu'il apprend sur Gérard le laisse perplexe ; celui-ci était-il aussi blanc que son nom le laissait entendre? Ou alors est-ce encore une manoeuvre de la police pour justifier qu'il fut abattu? Le fait de travailler dans un aéroport ouvre certaines perspectives de trafics en tout genre.
Le commissaire Londrin, de son côté, suit avec attention cette affaire. Il y découvre des ramifications qui expliquent que les autorités aimeraient étouffer l'affaire. Pour beaucoup de personnages représentant la loi et l'ordre, le silence est d'or !
Le commissaire Londrin est proche de la retraite, quand le juge Berthier lui confie officiellement l'enquête. Le juge n'a pas l'air de vouloir des résultats à tout prix, ce qui est surprenant ! Londrin poursuit son travail, et le résultat est stupéfiant. Cette affaire a en effet de nombreuses ramifications qui ont intérêt à ne pas être connues du grand public. Quelle est la réelle valeur de cet article de journal où un dénommé Mathieu dit se cacher par crainte de la police?
Yves Guyot était un ami de Gérard Blanc. Ils avaient sympathisé au travail, puis il l'avait hébergé quelque temps. Mais Gérard était parti, et Yves, lui, était resté. Ghislaine qui vivait avec Gérard, était restée aussi. Ce qui devait arriver arriva. Pour la mémoire de Gérard, il mènera sa propre enquête.
Gérard Blanc est la victime, mais qui était-il réellement? Un brave homme un peu coureur, ou un être faible qui avait accepté de participer à une combine louche contre de l'argent?
L'auteur fait intervenir deux narrateurs pour nous raconter cette histoire : Guyot et le commissaire Londrin. Un bon roman, mais qui date un peu. Quoique les méthodes policières n'ont pas réellement changé depuis? Enfin on peut toujours l'espérer!
Un peu d'humour malgré tout, une phrase de Charles Pasqua sert d'introduction à cet ouvrage !
Extraits :
- Vous êtes un flic vous aussi... L' esprit de corps, ça existe! Pourquoi chargeriez-vous votre
collègue?
- L'homme qui lui faisait face était redoutable, il le pressentait. Plus intelligent que les inspecteurs de la police de l'air et des frontières, plus fin, plus pervers que le juge Berthier.
- Il ne leur avait fallu qu'une semaine pour admettre qu'il est plus facile de refaire un lit, le matin, au lieu de deux.
- Mathieu vit en condamné certain que la police le liquidera à la première occasion : « ils ont une expression pour ça : mesriniser... »
- Malgré mes efforts de réflexion, je ne comprenais pas où de telles suppositions pouvaient me conduire.
- C'est le seul endroit du monde où chaque architecte peut déposer sa merde à côté de celle du voisin, sans qu'on lui montre le caniveau...
- Vous pouvez toujours rêver que vous luttez à armes égales... les rêves ne coûtent que lorsqu'ils s'écroulent.
- Je suis certain que sans cette enquête, le souvenir du commissaire Londrin se serait effacé dans l'oubli... un policier ordinaire qui aurait passé sa vie à traiter des affaires ordinaires...
Éditions : Série noire. Gallimard. (1987) Folio Policier.
*PAF ; IG S ;DST ; DGSE ; RG ; GIGN, etc. etc.!
Voir également « La bibliothèque du Dolmen ».
Autre chronique de cet auteur :
Meurtres pour mémoire