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Nouvelles/Danevellou.
Collectif.
Note : 4 / 5 .
Les nouvelles sont bonnes?
Ce recueil de nouvelles a été édité pour les vingt ans du salon des romanciers de Bretagne, en 2006.
Ce salon qui se tenait à l'origine au château de Trévarez, en Saint-Goazec, a lieu dorénavant à Carhaix en même temps que le salon du livre de Bretagne. Tous ces renseignements proviennent de la préface d'Yves Loisel. Le livre se termine par un aperçu biographique de chaque auteur.
Je présente toutes mes excuses aux auteurs suivants, car à ma grande honte, je ne parle, ni ne lis le breton.
Hervé Bihan et sa nouvelle « Ar fiezenn »; Gwendal Denez et « Chom bezv»; Yann Gerven et « An ostaleri hanter-hent »; Annaig Renault pour « An tsunami ». Merci à eux.
Les autres auteurs participants à ce projet sont Hervé Bellec qui se penche sur « La vie sexuelle de Marie Le Ster ». Jean-François Coatmeur nous parle de « Jeux d'enfants ». Jean Failler nous narre « L'ambition de Fanch Nedelec ».
Hervé Jaouen nous administre « Les derniers sacrements », mais l'on ressuscite pour retrouver Marie Le Drian et « Ta Base, François, ta base ». Daniel Morvan nous promène dans les bois en compagnie de « Rose et le bûcheron noir ».
Hervé Bellec nous parle d'un trio, peut être incompatible, Le football, la littérature et le sexe! Marie, que certaines scènes d'un livre un peu osé, fait rêver, mais la réalité ce sont les hurlements d'un mari regardant un match de football.
Une rencontre avec l'auteur du livre l'émoustille........
« Jeux d'enfants » est une réflexion douce amère. Laissons les enfants en dehors de certaines choses, ils grandiront bien assez vite, hélas!
« Derniers sacrements » nous raconte l'histoire de deux soeurs rentrées dans les ordres. La plus jeune est devenue « Soeur Supérieur », l'aînée, Xavière Marie qui n'avait pas la vocation est restée une servante, se pliant aux ordres de sa soeur. Xavière Marie se meurt, elle revoit sa vie, le départ de Bretagne pour une école religieuse en Savoie, bref une vie qu'elle ne désirait pas. Alors à l'agonie et en breton, elle règle ses comptes avec le monde religieux et avec sa soeur. Une nouvelle très touchante. Combien de jeunes filles sont rentrées dans les ordres, faute d'autres possibilités?
« Rose et le bûcheron noir » est une histoire étrange, tout est suggéré, la vie n'est pas rose pour Rose, ni totalement noire pour le bûcheron. Le fils de Rose, boucher de son état, perd un peu la main, il a également perdu son épouse, mais là c'est un mystère. La rumeur court au village! Une écriture très originale.
Des « personnages », ce n'est pas ce qui manque dans ces nouvelles. Prenez Fanch Nedeleg, il a fait sa marée dans un bateau certes ancien, mais qui tient la mer. Quand il a pêché le « quota » qu'il s'est attribué de maquereaux et l'a vendu contre des espèces sonnantes et trébuchantes aux ménagères des environs, un peu de repos s'impose. Mais au réveil, un « Monsieur » vient lui parler de « Marketing » de « Rendement » etc, etc. Et pour quel résultat, je vous le demande? La morale est pour vivre heureux, vivons cachés. Et aussi un peu couchés!
François est député, mais élu grâce aux voix du monde agricole, les marins n'ont pas voté pour lui, mais son père lui répète, « Il faut soigner ta base, François » alors il obéit, il serre des mains et encore des mains. Mais il veut aller plus loin, il embarque sur un chalutier, et il est gentil François, il aide, les marins le tutoient, il épluche les patates, mange avec eux. Il s'inquiète de leurs horaires, et là, il prononce la phrase qui coule sa réputation et peut-être sa députation! On trouve dans cette nouvelle deux des mots clés de Marie Le Drian, une ville dans le « brouillard » et des terres et des gens de                 « l'intérieur ».
Tous ces écrivains sont de dignes représentants de la littérature bretonne, le seul que je ne connaisse pas est Daniel Morvan, mais cela ne va pas durer, une visite à la médiathèque s'impose.
Pour les bretonnants, je ferai des recherches en espérant trouver des oeuvres en français, étant un peu trop âgé pour me lancer dans l'apprentissage du breton.
Des nouvelles tristes ou joyeuses, très agréables à lire, car pleines de charme.
Extraits:
- C'est assez drôle et ça sent le vécu, mais elle se demande au fil de sa lecture si c'est du lard ou du cochon. Faut se méfier avec ses écrivains.
- Elle se demande si tous les hommes sont des faux culs. Il y a des chances.
- Éclaireur, c'est bien ce que le type avait dit! Comme dans des films d'indiens.
- Comme un grand jeu exaltant et terrible.
- Autre motif de satisfaction, la banque n'avait pas fait de gras sur son dos. On est Bigouden ou on ne l'est pas!
- ...et les Nikon nikonnaient à plein tube devant ce spectacle si vrai, si Bretagne authentique, ma chère.
- Un marin breton buvant de l'eau, a t-on idée?
Et le gwin ru, alors?
- Chez elle dans sa Cornouaille natale, elle aurait eu un cercueil, ne fussent que quatre vilaines planches en sapin des nécessiteux.
- ...en Savoie, dans les montagnes où l'on crevait de chaud en été et de froid en hiver et où personne ne parlait breton.
- Soeur Xavière-Marie recommence de marmonner en breton. Son délire annonce ses derniers instants.
- La ville n'a pas voté pour François Perrin.
- François Perrin a été élu grâce aux terres de l'intérieur.
- Mais François n'est pas au bout de ses peines. Après avoir serré les mains à terre, il va falloir les serrer en mer.
- Il n'est plus député, il est pêcheur avec les autres.
- A croire que c'est l'arbre qui tenait la tronçonneuse.
- C'est une ancienne reine. De je ne sais plus quelle fête de village.
- Un boeuf comme celui-là à désosser, c'est comme peindre un tournesol.
- Rose. Sous l'arbre. Comme on s'allonge sur des rails.
Éditions : Spered Gouez. (2006)