07 janvier 2009

THORARINSSON Arni / Le dresseur d'insectes

Le dresseur d'insectes.

Arni THORARINSSON.
Note : 3,5 / 5.
A la une du journal!
Auteur qui vit à Reykjavik où il est né en 1950. Diplômé de de l'université de Norwich en Grande Bretagne, il collabore à plusieurs journaux islandais. Il semblerait que ce roman soit le second de la série.
Ce roman commence par un conte « Ma mère dans l'enclos à brebis » et sa transposition très glauque, qui semble ne rien présager de bien réjouissant!
Et pourtant c'est la fête des commerçants dans la charmante ville du Nord de l'Islande, Akureyri, la fameuse Tout- en- une. Ce genre de manifestation qui draine tous les alcooliques à la ronde, et même plus loin. Bref un jour de cuite avec ses violences quasi rituelles, bagarres, agressions sexuelles et racistes, comme d'habitude, la police fait son boulot. Mais cette année, certaines choses semblent plus graves, des traces de sang dans la partie arrière d'un dancing font penser à une grave agression, mais pas de trace de corps. Einar, un peu au chantage, car il a des photos prises pendant une fête, obtient une interview de deux vedettes américaines qui doivent tourner un film en Islande, oeuvre qualifié de soft-X, par un couple d'acteurs, lui noir, elle blanche. En plus il a quelques soucis avec sa direction, ainsi qu'avec sa fille, qui semble avoir le même problème d'alcool que lui.Une femme, qui avait déjà téléphoné à Einar sous le nom de Victoria, le rappelle pour lui donner l'adresse d'une maison, soi-disant hantée! Il y trouve le cadavre d'une femme étranglée gisant dans une baignoire. Qui est cette jeune fille? Quelle est son histoire et pourquoi et comment est-elle morte? La maison où le cadavre est découvert doit servir de lieu de tournage pour ce film américain. Victoria lui donne l'identité de la jeune morte. Elevée par une mère célibataire, elle a eu beaucoup de problèmes dont la drogue. Mais quelle tristesse de finir ainsi! Einar cherche également à percer la véritable identité de Victoria. Là aussi la réalité est sordide, alcool, drogue et prostitution. Victoria tente une énième cure de désintoxication, mais elle meurt dès son arrivée à l'hôpital! Einar n'admet pas cette mort, il cherche la vérité. Alors, il entre en cure!Einar, journaliste, et ancien alcoolique, se bat contre son penchant pour la bouteille. Ses relations avec certaines personnes sont très compliquées, en particulier avec son rédacteur en chef, partisan de scoops dévastateurs, même s'ils sont loin de la vérité.
Sa fille, aussi, souffre d'un problème d'alcoolisme, héritage de ses parents. Elle est jeune (16 ans), mais mène une vie très libre, arrivant chez son père avec son petit ami noir.
Victoria, la médium, qui noie la violence de ses visions dans des flots d'alcool. Personnage ambiguë mais très attachante, son comportement est déroutant, mais ses visions précises ; elle semble détenir des secrets qui peuvent causer des ennuis, alors son élimination est inéluctable.
August Orn, jeune photographe remplaçant, il est un peu imposé à Einar, étant de la famille d'un policier relativement haut placé, mais bizarrement, alors que tout semble les opposer, une certaine forme de familiarité va naître entre eux.
Beaucoup de personnages secondaires dans cette histoires, quelques policiers, d'autre journalistes,
les pensionnaires et le personnel de l'hôpital où se passe la cure de désintoxication. Ce roman n'est pas facile à lire, beaucoup des gens croisés au fil des pages ont des noms ou des prénoms double, voir triple, ce qui n'aide pas la compréhension, ni le repérage dans l'intrigue.
L'auteur s'attarde sur différentes choses, qui de prime abord retarde la progression du livre, mais il est nécessaire de nous expliquer l'ambiance de cette fête de tous les excès commis par une minorité.
L'histoire en elle même est très captivante, et les pistes nombreuses, mais bizarrement je ne suis jamais réellement rentré dans ce livre. Fallait-il d'abord lire la première histoire?
Extraits:
- Il y a eu beaucoup d'abus d'alcool, mais il fallait s'y attendre. Les Islandais n'ont pas l'habitude de donner dans la demi-mesure dans ce domaine.
- On dirait une version plus jeune et soldée de Denzel Washington.
- La dopamine, dis-je en lançant un regard à August Örn. C'est un compromis entre la dope et les vitamines.
- Je crois bien avoir presque retrouvé mon humilité grâce à cette dose appropriée d'ironie.
- Vous savez quel est le pluriel de médium? Média n'est-ce pas?
- Je m'appelle Victoria, comme la reine d'Angleterre. Vous savez qui c'était?
- Ha! Cette faculté est justement réputée pour former des blablateurs et non des journalistes.
- Lui, il serait heureux d'apprendre que je suis une légende morte dans la profession.
- Quelle conception du journalisme serait donc là?
- Je suis un épicurien qui s'est peu à peu transformé en alcoolique, je commence par annoncer.
Titre original : Dauði trúðsins
Éditions : Métailié Noir.

Posté par eireann yvon à 22:33 - - Commentaires [11] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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Commentaires sur THORARINSSON Arni / Le dresseur d'insectes

J'essaie d'abord de me débarrasser des lectures du prix CEZAM avant d'attaquer la littérature islandaise ... en espérant que cela me plaira plus que ma précédente tentative (mais cela a quand même l'air assez bizarre !!!)

Posté par Joelle, 08 janvier 2009 à 10:30

J'ai aimé celui-là, alors que j'avais moins accroché au "premier". Qui n'est pas le vrai premier, mais seulement le premier traduit (et le n° 4 ou 5 en VO).
Donc je ne pense pas que la lecture du précédent change ton appréciation.

Posté par JML, 08 janvier 2009 à 10:50

A l'inverse de JML, j'avais apprécié le 1er, mais celui-là je l'ai arrêté après une centaine de pages ... trop mou.

Posté par Michel, 08 janvier 2009 à 21:48
Gleðilegt ár!

Le roman policier était quasiment inexistant en Islande il y a peu d'années, et voici que plusieurs écrivains s'y mettent avec bonheur. Árni Þórarinsson a choisi ce genre pour entamer une carrière de romancier assez tard. Je n'ai pas lu ses romans, mais je dois dire que le résumé que j'en lis ici rappelle effectivement le quotidien islandais... On a tendance à y vivre très vite en brûlant la bougie par les deux bouts. Akureyri, c'est une ville aux antipode de Reykjavík, géographiquement et côté humeur aussi! Je suis surprise et ravie de voir que les romans islandais sont autant traduits - et lus! Merci, Yvon, et bonne année.

Posté par Ólöf, 09 janvier 2009 à 09:02
Débarrassé!

Bonjour Joëlle,
Qu'en termes galants parles-tu du prix Cézam?
Surtout que cette année nous avons commencé en avance ; pour la littérature islandaise, nous avons un peu de temps devant nous, mais ! ! !
À bientôt.
Yvon

Posté par Eireann Yvon, 09 janvier 2009 à 17:34
Opinions!

@JML
@Michel
Bonjour à vous, il est amusant de constater que deux amateurs éclairés comme vous puissiez avoir deux avis aussi différents ! Mais c'est très réjouissant ! Je vais donc lire le premier roman de cet auteur traduit en français, comme cela je pourrai donner mon avis!
À bientôt.
Yvon

Posté par Eireann Yvon, 09 janvier 2009 à 17:35
Ambassadrice!

Ólöf frænka,
Tu es en grande partie responsable de mes connaissances en littérature islandaise. D'ailleurs au club de lecture de Lorient, cette littérature a été choisie comme base littéraire pour l'année.
Pour les romans policiers en Islande, c'est comme ailleurs, il y en a des bons et des moins bons !
Donc tu verras encore de ma part quelques autres romans islandais commentés d'ici la fin de l'année.
À bientôt.
Yvon

Posté par Eireann Yvon, 09 janvier 2009 à 17:37
Takk!

Takk, Yvon frændi! Contente de savoir que la littérature islandaise sera lue à Lorient! Bonne lecture, donc...

Posté par Ólöf, 15 janvier 2009 à 10:17
Islande!

Ólöf frænka.
La médiathèque nous a préparé une liste de livres islandais, j'essaye personnellement d'en lire environ un par mois. Mais ce n'est pas toujours très facile de tout concilier mais j'essaie.
À bientôt.
Yvon

Posté par Eireann Yvon, 15 janvier 2009 à 21:49

Même impression que toi : fallait-il lire le premier pour mieux apprécier celui-là ? En tout cas, j'ai arrêté au bout de 100 pages, complètement indifférent au sort d'Einar et au déroulement de l'enquête...
Par contre, je viens de commencer le nouveau Indridason, et ça démarre plutôt bien.

Posté par jeanjean, 17 janvier 2009 à 12:33
Impression!

Bonjour JeanJean.
Bienvenu sur mon blog, j'ai moi aussi une impression très mitigée pour ce roman. Pour Indridason, est très bizarrement j'ai uniquement lu « la femme en vert" que j'ai beaucoup aimé.
Pourtant je n'ai pas continué la lecture de cet auteur ? Encore un mystère.
À bientôt.
Yvon.

Posté par Eireann Yvon, 17 janvier 2009 à 15:15
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