Littérature d'Irlande,de Bretagne et aussi d'ailleurs

« On ne naît pas Breton, on le devient, à l’écoute du vent, du chant des branches, du chant des hommes et de la mer ». Xavier Grall.

27 décembre 2008

MORVAN Daniel / Miss Bella Donna

Miss Bella Donna.
Daniel MORVAN.
Note : 4 / 5.
Assassin en herbes!
J'ai découvert cet auteur dans le recueil de nouvelles édité pour les 20 ans du festival du livre de Bretagne de Carhaix. Son très étrange texte « Rose et le bûcheron noir » m'avait fortement intrigué! Né à Morlaix en 1955, il est journaliste, il écrit également pour « Armen » où il s'occupe de la chronique littéraire.
En peu de temps, trois femmes droguées et violées sont découvertes aux environs de Nantes. Ce qui intrigue les policiers, c'est la méthode employée pour droguer ces femmes, un mélange de belladone et d'autres plantes hallucinogènes! D'ailleurs pour l'une d'elles, une jusquiame noire est retrouvée dans sa gorge! Une nouvelle race de délinquants sexuels vient de faire son apparition, le violeur écologiste! Ce qui désarme un peu les policiers chargés de l'enquête. Ceux-ci, Cédric et Fleck, interrogent des spécialistes des plantes, surtout à fumer, et petit à petit en apprennent plus, mais si peu! Les victimes portent leurs initiales tatouées finement sur un sein, autre perversion du tueur . Elle se nomment Anaïs, Betty et Carlotta, et l'alphabet est encore long!
Au cours d'une soirée branchée où elle est personnellement invitée, Awen, qui s'est fait accompagnée de Cédric, apprend qu'une chanteuse irlandaise la réclame comme coiffeuse! Pour le célèbre festival de rock de Paule, dans le Finistère, cette chanteuse se nomme Diane O'Neill, et la course poursuite peut commencer dans le cadre d'un rassemblement gigantesque! Tous les personnages étant sur place, envoyez la musique!
Les policiers, Cédric Elie Sibéril de Kersaint, et son supérieur, le commissaire Octavio Fleck, sont chargés de l'enquête, qui les plongent dans un monde qui leurs est inconnu! Ils préfèrent comme euphorisant le liquide que la fumée! Awen, coiffeuse, a été élevée dans une famille adoptive à Ouessant, est-elle si innocente qu'elle en a l'air, en effet Cédric découvre chez elle des substances prohibées?
Les deux rescapés de mai 1968, Erwan Le Déguignet, ex-journaliste halluciné spécialiste des plantes hallucinogènes et le « Grand Fanch » ex-beatnick, ayant séjourné aux U.S.A, poète et chanteur (toute ressemblance avec un personnage ayant réellement  existé ne me semble pas fortuite du tout!) amènent leurs contributions.
Lannurien, ancien marin remplace Anthony qu'Awen n'aimait pas comme coiffeur. Ses mains dénotent pour sa profession, mais il a travaillé sur des bateaux de croisières, Awen le trouve sympathique.
Angel travaille dans le ciel, sur les pylônes du festival, de là-haut, il voit tout, en particulier le drame qui se prépare. Hans, un vieil hippy allemand rescapé de Woodstock, fume son joint tranquillement, religieusement, un peu revenu de tout, il croisera l'assassin. Des mexicains basanés, un sombrero sur le nez, le côtoieront également. Malheureusement pour eux et pour deux jeunes filles innocentes, les décoctions offertes par notre herboriste, feront qu'ils auront un sacré coup dans le nez, ajoutez un journaliste du "Cultivateur du Perche", vous aurez une partie de la faune d'un festival!
Cette lecture me conforte dans mon opinion, l'écriture est très particulière, ce qui n'est pas pour me déplaire, bien au contraire. L'histoire est structurée en deux parties, avec l'ajout de nouveaux personnages. Nous suivons en particulier le cheminement de l'assassin, ses errances, et les signes avant coureurs de sa folie meurtrière. L'auteur nous amène en voyage, enfin dans les monts d'Arrée et sème des indices qui nous égarent. La soirée ultra-branchée dans l'île de la Madeleine à Nantes est très bien décrite avec une faune bigarrée, futile et prétentieuse. Quelques phrases ou descriptions sont très poétiques. Un bon roman et une intrigue originale.
On trouve aussi dans ce livre quelques références littéraires, Beckett, Hunter Thompson et Kerouac. Pour ce dernier, je ne suis pas surpris, il est souvent cité par les auteurs de cette génération.
Extraits:
- La seule chose dont il n'avait pas rêvé, être un flic, ce qu'il était maintenant.
- Vingt-sept ans plus tard, Awen est de celle dont la beauté vous pourfend dans la rue.
- Il y a l'Awen de l'île qu'on devine là-bas de la côte par beau temps. La femme du dehors et l'îlienne du dedans.
- Cédric était trop impressionné, la reine de Saba en personne l'avait invité sur sa couche.
- La mandragore éclot sous les potences.
- Dans le poison et le viol, il atteint avec sa victime la fusion absolue.
- Si j'étais une fille, j'aimerais mieux m'appeler Zita que Diana par les temps qui courent.
- Et pour appeler les choses par leur nom, nous avons affaire au pacte de l'alphabet sanglant.
- Oh, un vieux truc « Satori à Paris ». Un écrivain américain vient à Paris pour retrouver les origines de son nom breton.
- Ce n'est pas son meilleur bouquin, Kerouac était tellement imbibé sur la fin. Je pense qu'il y a l'intuition de sa mort dans ce bouquin.
- Pauvre Jack.
- Hormis les Rolling Stones, qui ne se déplaçaient pas pour moins d'un million, on pouvait tout s'offrir. Neil Young, Lou Reed, tout le monde.
- Il se dit que les paysans du centre Bretagne avaient même réussi à faire venir l'océan jusqu'à chez eux.
- ...ils auraient été heureux comme dans les poèmes de René-Guy Cadou, d'un bonheur bref et fragile...
- Il ressemblait à ces paysans qu'on voit aux foires aux chevaux dans le Donégal.
- Ce qu'elle n'aimait pas dans l'amour c'était l'éternité.
Éditions : Latitude Ouest (2002)

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25 décembre 2008

WINGFIELD R.D./ Joyeux Noël, Frost!

Joyeux Noël, Frost!
R.D.WINGFIELD.
Note : 4 / 5.
Frost, ce n'est pas un cadeau!
Je ne sais si certains d'entre vous ont eu l'occasion de regarder les nombreux épisodes de cette série télévisée britannique, mais je n'avais pas encore lu des romans ayant servi de scénarios. Les traductions françaises de cet auteur né en 1928 et décédé en 2007 sont relativement rares, alors que la série télévisée comporte de nombreux épisodes.
Suite à un coup de téléphone, deux policiers arrivent au domicile d'un vieil homme, celui-ci hébété parle de légitime défense pour se justifier. Par terre un homme baigne dans son sang, cet homme, c'est l'inspecteur Jack Frost. Que s'est-il réellement passé? Pour cela il faut remonter quatre jours en arrière, le dimanche précédent, un peu avant les fêtes de Noël.
Ce soir là, Clive Barnard arrive à Denton, ville nouvelle située à une centaine de kilomètres de Londres. La voiture qui l'amène au commissariat fait un détour pour prendre le témoignage d'une femme dont la fille Tracey Uphill âgée de huit ans a disparu en rentrant du catéchisme. La mère, Joan, jeune et très belle prostituée, était au travail, et son client étant en retard, elle n'a pu se rendre à la sortie du presbytère!Il est aidé dans son enquête par Clive, jeune policier sortant de l'école et qui plus est n'est autre que le neveu du chef de la police du comté! L'apprentissage pour ce jeune homme ne sera pas de tout repos. Ni l'enquête non plus d'ailleurs. La première piste est le mystérieux client du dimanche, l'homme arrivé en retard. Il est venu en train, donc il est peut-être possible de retrouver sa trace, mais par contre personne ne l'a vu repartir, et la gare ferme à 18 heures! Qu'a t-il fait à Denton entre 16h30 et au mieux 18h30, départ d'un autre train? Avec son billet, on remonte la piste de la gare de départ. Il reconnaît être le client de Madame Uphill, et dit également avoir vu la fillette dans la rue. Elle suivait une mystérieuse femme en manteau de fourrure blanche! Mais il ment pour d'autres détails. Quelques temps auparavant, une autre fillette avait signalé le comportement suspect d'un homme, le même? Parmi les délinquants fichés, un seul n'a pas d'alibi pour le moment de la disparition. Audrey, la copine émancipée qui dit l'avoir vu ce soir là, mais avoir tout fait pour la semer, car elle était avec un copain! Et cet homme au dessus de tous soupçons, photographe amateur, mais parfois mateur! Des nus de Madame Uphill et d'Audrey font partie de sa collection privée. Une voyante un peu sorcière, permet de trouver une main enfouie dans la terre, puis le corps qui va avec cette main, mais le cadavre date des années 195o et sa mort n'est pas naturelle! Barnard sera mis à rude épreuve par un Frost toujours sur la brèche, et imprévisible. Les pistes se multiplient, la neige tombe rendant les recherches de plus en plus difficiles, l'espoir de retrouver la fillette vivante s'estompe.
Pour les personnages, à tout seigneur tout honneur, Jack Frost, mais je laisse ses collègues de travail parler de lui :
- Encore cet espèce d'enfoiré ; rien que des emmerdes depuis le début.
- Un inspecteur principal? Cette épave?
- Il est vrai que le chef de la police avait de la sympathie pour Frost, mais cela ne signifiait pas qu'il devait travailler avec lui, qu'il devait tolérer ses écarts de conduite, l'impardonnable désordre qui régnait dans son bureau, les haillons qu'il portait sur lui, son mépris pour le travail administratif et sa négligence....
- Oh, non pas le clodo avec son imperméable tout dégueu!
- Et où était passé ce crétin incompétent de Frost?
J'ajouterais sa mauvaise foi à toute épreuve, une avarice légendaire, et un appétit féroce pour tout ce qu'il y a de plus ignoble dans l'absence de gastronomie anglaise! Et en prime, un refus de toute hiérarchie qui n'aide pas son avancement! Pour arranger le tout, il a certains démêlés avec un syndicat qui a porté plainte contre lui et quelques soucis avec un jeune agent endetté!
Le commissaire principal Mullett, comme Clive Barnard, sont des hommes de pouvoirs et d'ambitions, leur but ultime est leur carrière respective. Le contraste entre ces personnages est saisissant et malgré tous ses défauts, on fini pas avoir de l'affection pour Frost, qui envers et contre tout, est profondément humain.
L'intrigue semble somme toute relativement banale : la disparition d'une petite fille avec une demande de rançon. Nous savons rapidement que Tracey est morte. L' 'intérêt de ce livre est l'opposition entre un homme et un système. Le système est représenté par Mullett, arriviste et carriériste à tous crins, il déteste Frost et ce qu'il représente, un flic à l'ancienne, un homme de terrain, intègre dont l'intuition est la meilleure méthode.L'auteur attache aussi une grande importance à nous décrire la vie d'un commissariat dans une ville en pleine mutation sociale, avec la perte des valeurs traditionnelles anglaises. Un bon roman policier à l'ancienne, plein de fausses pistes, avec un humour noir, très noir. Un détail, ce livre dépasse les 350 pages!                  Extraits :
- Il y avait quelque chez lui qui la mettait vaguement mal à l'aise...qui lui faisait peur.
- Denton avait été choisie pour devenir une « ville nouvelle ». On l'avait agrandie, modernisée, redessinée et finalement détruite.
- Le superintendant Mullett est connard coincé, pompeux et ignorant, répondit Simms.
- Elle était tout simplement superbe- l'incarnation parfaite de l'innocence dans ses plus beaux rêves érotiques.
- L'argent de son salon a été gagné dans son lit.
- L'ambitieux Barnard serra la main de l'ambitieux Mullett, chacun appréciant visiblement cette rencontre.
- Regarde ces photos. Dis-moi quelle partie de son corps la désigne comme mineure.
- Elle avait basculé dans la partie ingrate de ses trente ans.
- Frost n'aimait pas les gars de la médecine légale.
- Personnellement je pense que le chien a abattu son maître avant de se suicider, mais je suis prêt à envisager d'autres hypothèses.
Éditions : Éditions de l'Aube.
Titre original: Frost at Christmas (1984)

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21 décembre 2008

CÉLARIÉ André / Le secret d'une vie.

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Le secret d'une vie.
André CÉLARIÉ.
Note : 4 /5.
Au milieu du Chaos.
J'ai rencontré pour la première fois cet auteur, à une lecture de poésie à la médiathèque de Lorient. Puis je l'ai revu à Carhaix, au petit déjeuner, puis ensuite au salon du livre. Au moment de la dédicace de ce livre, il m' a demandé à quel nom, un peu rapidement j'ai répondu :
- « Yvon et Nicole », ce qui fut considéré comme une grave faute de goût!
La dédicace est la suivante:
- "Pour Nicole et Yvon, et bien sûr pour Yvon et Nicole!". Quel savoir faire!
Une rapide présentation de cet homme charmant, journaliste, il a travaillé pour la radio et la télévision. Notamment à France 3, France Inter et TF1.
Une page d'introduction, nous sommes en mars 2000, un dénommé Clément Le Guevel est prêt à nous conter les événements qui se sont déroulés ici, pendant la dernière guerre. Ce lieu, c'est la forêt d'Huelgoat, terre de mystères et de vieilles légendes.
Au milieu de la rivière, une forme gisante semble épouser la pierre, telle une silhouette humaine aux formes adoucies caressées par le courant.
Retour en 1939, le narrateur avait alors 19 ans, frais émoulu de l'école, il est nommé instituteur au Huelgoat, « La haute forêt » ou « Le bois d'en haut » en breton. Il y finira ses jours, mais la guerre est déclarée. En ces temps plus que troublés, une période d'adaptation est nécessaire, les enfants remplaçant les hommes absents aux champs. Il devient un familier de l'hôtel du roi Arthur, tenu par Auguste et Marie, personnages peu ordinaires, ayant beaucoup voyagé! Avec eux se trouve la mystérieuse Anna, belle femme d'une soixantaine d'années. Il se lie également avec Hervé un ouvrier qui un jour a pris sa défense au restaurant, suite à une altercation avec le père d'un de ses élèves. Tous les trois parcourent la campagne avoisinante, et ils se familiarisent avec les nombreuses légendes locales. Mais la guerre entre dans leurs vies. La débâcle pousse sur les routes des familles entières avec son cortège de malheurs, mais aussi son lot de profiteurs. Auguste Brouillard est de ceux-là, peintre à la mode de profession et goujat de nature, il parle des jeunes filles qui ont servi de modèle à certains peintres qui avaient quitté Pont-Aven, pour la forêt du Huelgoat. Clément remarque que cette évocation met Anna particulièrement mal à l'aise. Elle semble cacher un secret aux tréfonds d'elle même. Petit à petit Clément s'attache à cette femme altière, il tente de retracer les zones d'ombre de sa vie. Il apprend qu'elle a eu un enfant naturel il y a longtemps, que cet enfant est mort à la guerre, puis qu'elle avait séjourné en Egypte avec Auguste et Marie. Qu'elle les avait suivi à leur retour en France, là où elle est née.
L'apparente tranquillité de la région est troublée par l'arrivée des troupes allemandes. Avec cette occupation, le vrai visage des gens se dévoile, la résistance s'organise, et tous les protagonistes de cette histoire vont être partie prenante de l'Histoire avec un grand H.
Ce roman ou ce conte breton est peuplé de personnages très attachants. Clément Le Guevel, du jeune homme sans expérience, il deviendra la mémoire de certaines personnes, dont Anna, car un jour il connaîtra enfin la vérité, mais il continuera d'honorer son souvenir.Anna Abgrall, muse de Sérusier et de Gauguin. Jeune fille de la campagne profonde, rien ne la destinait à cette vie aventureuse. Elle aimera Clément comme son fils disparu.Hervé l'ami, lui aussi, entre dans la résistance et voit la mort passer très près. Le père Jean-Marie Le Moal, ami de longue date d'Anna. Il a fait sa connaissance en 1890, et il confiera à Clément le fameux secret d'Anna, le secret d'une vie.Les personnages célèbres que l'on devine dans le passé, Gauguin, Serusier, Victor Ségalen, qui mourut dans cette forêt. Ces peintres et poètes, ayant fréquenté ce coin de Bretagne, ont tous un rôle à jouer dans ce beau conte, plein d'amour et de tendresse, malgré les circonstances.
A la fin de l'oeuvre, l'auteur nous raconte ce que fut le reste de la vie de ses personnages et pose une ultime question, cette histoire est-elle vraie?
Un très beau livre, court, 87 pages mais pas si facile à lire, malgré qu'il soit très bien écrit. Étant un amateur de peinture, j'ai beaucoup aimé les anecdotes sur les peintres de l'école de Pont-Aven.
A signaler la superbe couverture qui est la reproduction d'un tableau de Paul Sérusier   « Solitude ». D'autres illustrations photos se trouvent dans ce livre.
Extraits:
-« Merci mon messager... »
- Un vrai massacre, et les Bretons, les bouseux comme ils nous appelaient, on était la chaire à canon, toujours en avant.
- Hostilité, non, indifférence oui.
- Tout cela pour vous expliquer ce qu'était la mentalité de cette époque, en Bretagne.
- Les gens de la Gestapo rôdent le soir comme le diable de vos légendes.
- Au bas de la fresque ce titre:
Gausier et Ségurin, au seuil de Ker Kalin.
- J'avais deux frères, j'étais le plus jeune. Donc, selon la tradition en Bretagne, on m'avait gardé pour le bon Dieu.
- Les fées..... Elle a toujours eu confiance en elles.
Éditions : Les éditions Buissonnières ( 2008).
Sur les peintres de Pont-Aven, le livre de Marie Le Drian : Marie Poupée.

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19 décembre 2008

JOUANNET-ROUSSEL Virginie / L'amour est un carburant propre.

L'amour est un carburant propre.
Virginie JOUANNET-ROUSSEL
Partir pour le meilleur...ou pour le pire.
Note : 4 / 5.
Recueil de neuf nouvelles d'une jeune auteur qui m'était absolument inconnue, avant qu'une amie ne m'en parle à la médiathèque. L'amour est-il vraiment un carburant propre, vaste question? Mais sauf exception, il n'est pas trop polluant, sauf pour la vie de certaines personnes!
L'auteur nous raconte comment certaines vies basculent, volontairement ou par le plus grand des hasards.
« Assomption » C'est un dimanche comme les autres chez Monsieur et Madame Dubois. Lui, n'a aucune honte quand il croise ses voisins que tout le monde sache qu'il bat sa femme! Elle, passe pour une allumeuse, c'est un motif, si tant et plus qu'il faille un motif. Et en plus le dimanche, c'est le jour du « Saigneur », le vin de messe est remplacé par la bière dès le petit déjeuner ! Il y a loin entre l'élévation au ciel et la descente aux enfers! « Hécate » est une très belle histoire, deux solitudes, un homme, une femme. Elle est partie de chez elle, en robe et talons hauts, lui, a quitté son domicile et n'attend rien dans sa voiture à l'arrêt. Ils se croisent, « Ai-je l'air d'une pute » pense-t'elle? « Est-ce une prostituée » se demande t-il? Les deux voix vont se succéder pour nous raconter cette nuit pleine de peur, de tendresse et aussi d'amour et de sexe. Il n'est pas vain, parfois, de chercher la lune! Même si elle ne sera jamais de miel. « Le grain de sable », c'est ce qui, malgré toutes les improbabilités, se produit! A ou A? Amour ou Argent? Laissons un espoir au genre humain! « Miss Caba » est une histoire envoûtante comme le personnage principal de cette courte histoire. Une femme rentre chez elle, elle vient de laisser son fiancé, officier dans la marine qui part pour une longue mission. Pour ne pas voyager seule, elle prend une autre femme en stop. Les premiers kilomètres sont plutôt tendus entre la conductrice et cette paysanne peu loquace, qui vient de tout quitter! Miss Caba ou Reine de Saba? « Le secret des mères », c'est en résumé la vie d'une femme entre une naissance et le départ en avance de son mari pour un séminaire.
« Juste avant l'amour » est un moment de découverte, mais après l'amour aussi peut révéler des surprises pour le moins étranges! Et l'amant de passage devenir autre chose que prévu, un être plus complexe, un homme tout simplement.
Une galerie de femmes très attachantes, dans leur fragilité devant la vie pas très rose qu'elles semblent subir, mais pour toutes, il reste une lueur de volonté et beaucoup de courage pour enfin vivre comme elles le souhaitent. Des femmes, donc évidement des hommes, mais qui ne sont là que pour créer le problème, bref des êtres humains. Sinon où serait l'amour, propre ou pas? Le coup de foudre se transforme hélas pour certaines en grêle de coups, une rencontre fortuite peut amener un grand, mais court bonheur, la voix, début d'un rêve ou d'une belle aventure? Une autre histoire de voix, Fanny est dans sa cuisine, elle lave et récure, se souvient de sa jeunesse, de son premier amour. Mais pour elle dans une bouteille en plastique, Aladin, son bon génie veille, alors, Madame vous faites quoi? Rester ou partir? Un jour la vie de Catherine se résuma en une équation : combien y a t-il de chaussettes dépareillées dans le panier à linge et une question : Paul la trompe ou pas? La solution, c'est simple comme un coup de fil (d'Ecosse pour les chaussettes!).
La nouvelle qui donne son titre au recueil, le clôt! Une femme prend un train au hasard, fuite du temps, d'elle même, désir de changer de vie? Dans un hôtel, elle est la seule cliente, l'homme à l'accueil l'intrigue, puis l'énerve, son humour la met au supplice, mais....! Une belle histoire d'un homme avec son chat, et d'une cliente qui se voudrait proie consentante! Un des plus beaux récits du livre.
J'aime beaucoup l'écriture de cette dame, ces récits doux-amers, comme la vie, parfois agréables, mais brefs, parfois tragiques et routiniers. A part la fuite, que reste t-il? On peut fuir après un constat d'échec flagrant comme certains mariages ratés, on peut aussi partir pour justement ne pas laisser la routine s'installer.
Une découverte qui je pense ne restera pas sans suite.
Extraits:
- La peur est un puits qui avala tout.
- Je suis une créature en quête de lune, pour m'y jucher.
- Pourtant je suis devenue incollable au sujet du sexe. Un décalage pareil, c'est à mourir de rire....
- Je crois que j'ai dû l'aimer une heure en dix ans.
- Excusez-moi. C'est ma manière. Je ne suis pas de la ville. Le silence ne me pèse pas.
- Deux caleçons presque neufs. Des caleçons que l'on peut montrer à des filles curieuses. Des caleçons spécial pouffiasses de séminaires.
- Elle aurait aimé qu'il se taise pour accomplir le rituel de l'étreinte.
- J'aurais pu me résigner. J'aurais pu être débile. Une imbécile heureuse.
- Moi, la province me fait penser aux années soixante et aux tabliers des écoliers.
- Mon corps continue de me trahir. Cela remonte à loin, à l'adolescence, ce sentiment d'être livrée malgré moi.
Éditions : Les 400 coups Nouvelles.
Blog de l'auteur, ici

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16 décembre 2008

McCANN Colum / Ailleurs en ce pays.

Ailleurs, en ce pays.
Colum McCANN.
Note : 5 / 5.
Ici, et pas ailleurs.
Je serais bien présomptueux de présenter Colum McCann, mes premières notes sur lui remontent en 2001. J'admets m'être plus reconnu dans sa période irlandaise, « Le chant du Coyote », « La rivière de l'exil » et surtout ce livre dont je vais essayer de parler maintenant.
Ce recueil nous parle de faits récents, les « Troubles », doux euphémisme tout britannique pour éviter de dire la guerre, ce qui permettait de n'appliquer aucune loi internationale. Ce qui fait la différence de ce livre, c'est l'angle d'approche, ces années vues par les yeux d'enfants qui, bien sûr, ne comprennent pas tout! Et même souvent pas du tout les raisonnements des adultes.
Trois nouvelles, c'est peu peut-être, mais comme toutes ses nouvelles de qualité, elles vont à l'essentiel, et ici l'essentiel ce sont les gens d'Irlande, une catégorie de gens d'Irlande, les irlandais! Car en Irlande certains habitants ne sont pas irlandais, ils s'en défendent même, « No Irish » est inscrit sur certaines maisons des quartiers protestants et britanniques, ou « Irish Out » sur d'autres trottoirs.
« Ailleurs en ce pays », qui donne le titre à ce recueil, est une histoire bouleversante. Un paysan irlandais est aidé à son corps défendant par des soldats britanniques, mais plusieurs années auparavant, d'autres soldats au volant d'un camion ont tué son épouse et son fils! Son autre fille assiste à cette soirée, elle sait la haine de son père, mais celui-ci ira au bout de son raisonnement! Peut-on lui donner tort? Un animal innocent est hélas la victime de cette haine!
« Le bois » est la nouvelle la plus courte du recueil. Une mère et un de ses fils fabriquent des hampes qui serviront pendant les marches orangistes. Le père lui s'y était, malgré qu'il soit protestant, toujours refusé. Hélas, il gît maintenant dans un lit, victime d'une attaque qui le laisse paralysé. Pour cette femme il y avait-il une autre solution? Mais il faut rendre hommage à cet homme qui malgré tout a su garder sa propre considération, ne pas participé à ces parades d'un autre âge, donc on parle de moins en moins.
La dernière nouvelle,« Une grève de la faim *», parle d'une page de l'histoire contemporaine. Ici elle est vue à travers les yeux de Kevin, dont l'oncle est un de ces grévistes de la faim. Avec sa mère il est en vacances ou peut-être en éloignement voulu par sa mère. Loin de Derry, près d'une plage à Galway. Il admire cet homme et tente de comprendre, il essaye un temps de ne plus se nourrir. Porte un brassard noir en hommage, mais autour de lui la vie continue. Des voix crachotantes à la radio apportent des nouvelles, la grand-mère téléphone, l'échéance est inéluctable! Il hurle sa colère dans les dunes, mais il regarde avec envie les seins d'une adolescente. Il fugue pour rentrer dans le Nord, fait du kayak avec un vieil homme et s'amuse avec lui. Mais les jours passent, la mort approche, vivre ou mourir, ce n'est pas qu'un problème d' adultes! Un récit lent, comme la mort qui vient jour après jour!
Les personnages encore et toujours sont des gens que rien ne prédestine à ce destin, un homme dont la jument est sauvée de la noyade, mais il ne veut rien devoir aux soldats britanniques qui ont tué son épouse et son fils! Mais si au moins il y avait eu un procès équitable, la haine serait passée, l'accident peut-être envisagé. Mais que représente la vie de deux irlandais pour la justice britannique? Un protestant refusant de fabriquer des hampes de drapeaux qui serviront pendant les marches orangistes, car dit-il :
- « c'est pure méchanceté de célébrer la mort des autres ».
Kevin aime son oncle mais le comprend-t-il? Connaît-il les raisons et les motivations profondes de ces hommes qui au nom d'un idéal acceptent la mort?
Trois nouvelles, trois destins pour une île, mais combien de pays?
Un des plus beaux livres de la littérature irlandaise, McCann est irlandais, et le restera. Je pense qu'il a vécu tous les problèmes dont il parle de l'intérieur. Le fait de garder ce bout de l'Ulster dans la couronne britannique valait-il les sacrifices consentis pour la Grande-Bretagne? A l'inverse la liberté est-elle plus belle si les morts sont plus nombreux? Qu'en reste t-il aujourd'hui? Un film « Hunger », ce livre, et une tragédie qui est chassée par d'autres, « Ailleurs et pas dans ce pays ». Je ne sais plus combien de fois j'ai lu ce livre qui pour moi est le plus représentatif de l'oeuvre de Colum McCann. Tout un étant un des meilleurs recueils de nouvelles de la littérature irlandaise qui compte pourtant de nombreux spécialistes.
Extraits:
- Il regardait l'eau comme si maman était là, comme si Fiachra était là.....
-...j'ai entendu dans la voix de Père plus de tristesse que le jour où devant les cercueils de maman et de Fiachra, plus de tristesse que le jour où ils avaient été renversés par le camion de l'armée près de la gorge, plus de tristesse que le jour où le juge a dit                  " Personne n'est coupable, ce n'est qu'une tragédie ", plus de tristesse que ce jour là et tous les autres qui ont suivi.
- Tout doit mourir en ce pays.
- Ce n'est pas la reconnaissance qui vous étouffe, monsieur.
- La lumière était allumée dans la chambre de papa. Elle saupoudrait de jaune la neige derrière la maison.
- Il sera d'accord?
Il n'était pas très chaud avant , hein?
- Il a commencé, dit-elle.
- Quatre sont déjà morts.
Oui, je sais.
- Bien sûr que c'est une guerre bon sang!
Thatcher dit que non, alors ils ne peuvent pas avoir le statut de prisonniers de guerre.
- Décriminalisation, remise de peine, ségrégation, intransigeance, statut politique. Les mots tourbillonnaient dans la tête du gamin.
- Non, dit-elle, et dans ce seul mot, son accent était à présent distinctement du Sud, comme si elle avait changé de lieu de naissance.
- Quand il ouvrait la fenêtre en plexiglas de sa cellule il entendait les orangistes devant les portes de la prison, jouant sur leurs tambours de Lambeg, et c'était pour lui une lente torture.
- On plaisantait sur la minceur des cercueils.
Éditions : Belfond.
Titre original: Everything in this Country must. (2000)
* voir la chronique du livre de Bobby Sands,
ici

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13 décembre 2008

Rencontre avec Marie Le Drian.

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Rencontre avec Marie Le Drian.
Marie Le Drian était ce mercredi soir 10 décembre l'invitée de la médiathèque de Lorient. Chose bizarre alors qu'elle ne réside pas très loin, c'est la première fois qu'elle nous rendait visite! A titre personnel, j'étais très content de la revoir. Il y avait beaucoup de monde (en tout cas, plus de huit personnes!) Une grande partie du club de lecture était présente, mon épouse et ma fille nous ont rejoints après le travail.
Une lecture d'un long extrait de « On a marché sur la tête » a commencé cette soirée. Il est amusant de voir un auteur rire de ses propres écrits. Elle pensait avoir été trop loin dans un humour macabre, dirions-nous, mais elle pense que l'illustrateur Raphaël Larre a été encore plus loin qu'elle. Ce livre fut ma première expérience de l'écriture de Marie.
« Keraliguen » fut son premier ouvrage édité à compte d'auteur. Il est un des rares livres de l'auteur que je n'ai pas lu (il faut bien que j'ai encore quelques découvertes pour les mois à venir). Fille d'une famille modeste de Lanester, elle a été scolarisée à Lorient, elle parle des différences de langage entre les deux communes. Elle se découvre déjà sa passion de la lecture puis de l'écriture. Son premier roman, « Le petit bout du L » (même chose que pour Keraliguen », il est en attente de lecture, n'ayant pas du tout tenu compte de la chronologie dans mes lectures), sa première « vraie » édition, dit-elle, dans une maison parisienne date de 1992.
Marie dit que pour elle son roman le plus dur à lire est « La cabane d'H... » : pas mal de lecteurs pensent que non. Pour moi c'est « Le dimanche on va au restaurant ».
Après avoir parlé du monde de l'édition et de « son univers impitoyable », les éditeurs ne sont pas des mécènes! Suite à un début de carrière très prometteur, avec des critiques dans tous les journaux qui comptent, ces derniers ouvrages ne semblent plus bénéficier d'un même soutien publicitaire. Est-ce dû à un retour en Bretagne, loin du « parisianisme » qu'il est de bon ton de fréquenter, loin des salons où se font et se défont certaines notoriétés?
Sur ses méthodes d'écriture, le moins que l'on puisse dire est qu'elles sont surprenantes! Elle ne dresse pas de plan de travail, ni de fiches! Elle écrit la première phrase et le reste suit.....
Elle se définit comme une « éponge » absorbant tout ce qu'elle entend et tout ce qu'elle voit pour créer des personnages qui sont souvent des marginaux un peu perdus, mais pleins de bonne volonté, souvent des femmes!
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Elle écrit un premier jet à la main, puis le tape sur un ordinateur. Ensuite elle le lit et l'enregistre. Puis elle écoute l'enregistrement, amène certaines corrections et si nécessaire le réenregistre et le réécoute! Ce qui donne une certaine musicalité à ses romans. Elle attache également beaucoup d'importance au choix des prénoms qui doivent aller ensemble, comme Odile et Solange dans « Attention éclaircie ».
A la question sur la différence d'écriture entre une nouvelle et un roman, elle dit qu'écrire une nouvelle, c'est juste effleurer la surface de l'eau ; pour la conception d'un roman, il faut aller chercher dans la profondeur de l'océan.
Marie le Drian avoue un certain manque de discipline au travail, elle pensait que la Bretagne était plus propice à l'écriture ; à première vue, il s'avère que non! Elle reconnaît qu'elle était plus disciplinée lorsqu'elle travaillait et écrivait le dimanche. Elle n'allait pas simplement au restaurant!
Pour les titres de ses romans, certains sont d'elle, d'autres des éditeurs, certains lui plaisent, d'autres pas!
Elle rentrait d'un séjour d'un mois comme écrivain en résidence dans l'état de New-York. Elle nous a expliqué que pendant un mois dans ce cas précis, elle n'a aucun souci bassement matériel, mais juste une certaine obligation d'écriture et de remerciement quand le livre paraît. Par exemple « La cabane d'Hippolyte » qui fut écrit pendant un an de résidence à Berne est dédié « A mes amis suisses ».
C'est grâce à un de ces séjours que son dernier livre « Attention éclaircie » est en cours de traduction en italien.
A signaler également que 4 nouvelles de son recueil « Poche avant droite » ont été traduites en espagnol pour l'édition d'un recueil de nouvelles françaises en Argentine, où elle figurera en compagnie de trois autres auteurs français.
Elle s'est très gentiment prêtée au jeu des questions-réponses, et dans le public il y avait beaucoup de connaisseurs de ses écrits.
Une petite anecdote pour clore ce billet ; la première fois que nous avions rendez-vous hors le cadre d'un salon littéraire, elle sortait de chez le dentiste et ne pouvait pas parler. Comme nous devions nous donner un lieu et une heure, moi j'avais un portable dont je ne savais pas me servir! Résultat elle attendait à l'intérieur et moi à l'extérieur!
N'en fais pas une nouvelle, s'il te plaît Marie!
Voilà le résumé d'une dure semaine, pleine de rencontres très agréables. La vie d'un blogueur n'est pas toujours de tout repos!
Ayant remercié Colum McCann, je remercie également Marie pour cette agréable soirée.
Je pense la revoir avant de revoir Colum McCann.
A bientôt.
Yvon

Après la conférence, le rire!
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11 décembre 2008

Rencontre avec Colum McCann.

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Rencontre avec Colum McCann.
Ma première rencontre littéraire avec Colum Mc Cann remonte, si j'en crois mes anciennes notes, à avril 2001 avec « La rivière de l'exil ». J'achète régulièrement ses nouveaux romans, mais pour lui aussi, j'ai un peu de retard. A cette occasion (qui fait le larron), j'ai relu « Ailleurs en ce pays » qui est mon livre favori de cet auteur.
Les questions sont posées par Frédéric Ferney (animateur de feu Le Bateau Livre), qui m'a annoncé qu'il allait refaire de la télévision en ajoutant avec un grand sourire, « Vous n'êtes pas débarrassés de moi ». Enfin une bonne nouvelle!Colum McCann est très volubile et semblait particulièrement à l'aise.ColumYvon4
La discussion commence par son premier séjour américain, mais nous y reviendrons plus tard. Ses conceptions de la littérature et de l'écrivain sont pour le moins déroutantes, il se considère comme un « imposteur », et il préfère écrire sur des choses qu'il ne connaît pas, mais qu'il étudie longuement avant d'écrire. Il pense que si une personne écrit uniquement sur ce qu'elle connaît, elle a un livre et demi en elle, pas plus!  Pour « Zolti » par exemple, il a découvert l'univers des Tziganes en travaillant pendant un an, lisant tout ce qu'il trouvait à la bibliothèque de l'université. Il a vécu également quelques temps dans un camp de Tziganes en Slovaquie pour s'imprégner de cette culture. Il a constaté que ce « peuple » qui compte 12 millions de membres en Europe est très isolé pour ne pas dire méprisé. Il est à noter que pour eux la musique est beaucoup plus importante que l'écrit, ce qui explique l'absence relative de livres écrits par des Tziganes. La comparaison avec les 5 millions d'Irlandais est très marquante.Il ressort qu'il n'est pas très content de ce livre,malgré le succès obtenu. Il pense ne pas avoir exploité tout le matériel qu'il avait sous la main. Une anecdote (parmi d'autres) : lorsqu'il était enfant en Irlande, les mères disaient aux enfants pas sages « Si tu continues, les tziganes vont t'emporter ». En Slovaquie, dans le camp, la version est «Si tu continues l'homme blanc va t'emporter ». Ce livre a nécessité trois ou quatre ans d'investissement personnel.
Dans plusieurs de ses livres, il parle de la difficulté d'être un artiste, un vrai, comme Noureïev, Zolti, sa mère dans « Le chant du Coyote » et du prix à payer pour cela.
En parlant de « Danseur », il a beaucoup étudié, mais pour rester dans l'esprit de ce qu'il voulait, il s'est refusé à rencontrer des témoins de l'époque. Il dit avec pas mal d'humour que certaines personnes cherchent à savoir qui l'a renseigné!
Il nous narre un épisode de sa jeunesse qui l'a incité à écrire, il avait 8 ans quand son père Sean l'emmène à Londres voir son grand-père devenu alcoolique et qui avait abandonné toute sa famille. Après lui avoir remis les cigarettes et le whisky achetés sur le bateau, il regarde l'enfant et demande c'est qui? Sean répond : ton petit fils, Colum. « Encore un putain de McCann »,   fut la réponse du grand-père. Plus tard Colum demanda à son père la permission d'écrire sur son grand-père, le père accepta, mais Colum écrit en réalité sur son père!
McCann, qui réside à New-York, était comme beaucoup d'artistes opposé à la politique de Bush, et il nous raconte qu'il aurait voulu être seul dans une pièce avec celui-ci pour lui parler d'un mot qu'il ne semble pas connaître « empathie ». Pour cette femme, par exemple, qui fait son marché à Bagdad, en espérant qu'à ce moment là, un missile ne s'écrasera pas entre les étals.Il nous raconte la liesse populaire pour l'élection d'Obama, et sa promenade, avec sa famille dans les rues de New-York ce soir là.
Bien qu'il réside aux Etats-Unis, il reste profondément irlandais, même s'il écrit dans la langue de l'ennemi, mais il cite James Joyce qui lui aussi écrivait en anglais, et Swift pour une phrase dont je n'ai plus souvenance, mais que je remplacerai par celle-ci, du même Swift : - »Brûler tout ce qui vient d'Angleterre ..............sauf le charbon ».
La soirée se termine par où nous avons commencé et par où tout a débuté. A 21ans McCann quitte l'Irlande, et devient chauffeur de taxi à Boston. Puis il parcoure les États-Unis à vélo, pour un voyage à la Kerouac, dit-il! En 18000 kilomètres, il rencontrera l'Amérique profonde, des Amishes, des fous furieux à la Nouvelle-Orléans, un meurtrier en Californie, il dormait souvent à la belle étoile, parfois il était hébergé, et comme il le dit lui même quand il était amoureux, il ne dormait pas seul. Or, il aimerait que ses enfants suivent ses traces même s'il comprend l'angoisse des parents. Pour lui ce voyage initiatique est une grande leçon de vie. Il aimerait le refaire, mais l'âge......
Voilà un court résumé d'une conférence très enrichissante, malgré la barrière de la langue, mais qui est passée beaucoup trop vite.
Nous avons pu parler un peu avec Colum, qui est très accessible et très décontracté. Il a été très surpris quand après m'avoir dédicacé un livre, je l'ai remercié en gaélique!

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Un mot pour féliciter la traductrice pour ses compétences et sa gentillesse.
Je persiste et signe :
- « Go raibh maith agat, Colum » .
Une soirée très agréable qui devait avoir une prolongation hier soir, mais au Pub! Le mercredi soir, donc au pub « Le Galway » de Lorient, endroit que je retrouvais avec plaisir, ayant pendant plusieurs mois pris des cours de gaélique avec une jeune irlandaise. Nous avons croisé Colum, pinte de Guinness en main! Sur fond de musique irlandaise.
Merci à Joëlle qui évidement avec « son chéri » était de la fête, et qui m'a envoyé ces photos.
A bientôt.
Yvon

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08 décembre 2008

Un début de semaine bien occupé!

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Un début de semaine bien occupé!
Mardi et mercredi, les journées seront bien occupées sur Lorient (et pour moi par la même occasion!)
Cela commencera par une série de manifestations avec l'écrivain irlandais Colum McCann (que je ne louperai sûrement pas) dont voici le détail :
Mardi 9 Décembre

18H, CDDB – Théâtre de Lorient – Centre dramatique national
Coordination, Claire Roussarie
Modérateur, Frédéric Ferney
En partenariat avec les librairies,
L’Imaginaire et Comme si la Terre se penchait

11, rue Claire Droneau - 56 100 Lorient
Mercredi 10 décembre

9H30, Université Bretagne Sud
Rencontre avec les étudiants en langues, littératures et civilisations étrangères. Avec la participation de la section européenne (Anglais) du Lycée Dupuy de Lôme (Lorient)
Coordination, Yves Gastineau, responsable pédagogique
Modératrice, Shannon Wells, maître de conférence (LLCE)
Bâtiment du Paquebot – 4, rue Jean Zay – Amphithéâtre le Soleil d’Orient –
56100 Lorient
17H
, Université Bretagne Sud
Modérateurs, Shannon Wells, Yann Lucas, journaliste littéraire
Ouest France
(sous réserve)
Bâtiment du Paquebot – 4, rue Jean Zay – Amphithéâtre le Soleil d’Orient –
56100 Lorient
22H
, Pub Galway Inn
Irish Session

18, rue de Belgique – 56100 Lorient
Les rencontres avec Colum McCann à Lorient sont organisées en collaboration avec le CDDB – Théâtre de Lorient, l’Université, la Bibliothèque Universitaire, les Médiathèques du Pays de Lorient, le Festival Interceltique et l’association Bretagne-Irlande.
En parallèle le Centre Dramatique de Bretagne présente une pièce de théâtre « Laura Spencer, la femme qui se cognait contre les portes » d'après le roman de Roddy Doyle, le détail des représentations ici .
Histoire de rester dans le rythme, le mercredi soir, la médiathèque reçoit, presque en voisine, elle est native d'Hennebont : Marie Le Drian
Auteur de recueils de nouvelles, « Le femmes de là-bas » et « Poche avant droite », elle a participé également au recueil « Nouvelles/Danevellou » qui fut édité pour les 20 ans du salon des écrivains de Bretagne et qui regroupe une dizaine d'auteurs.
Elle est également l'auteur de plusieurs romans dont « Cela ne peut plus durer » récompensé à Carhaix, son plus récent roman est « Attention éclaircie » paru en 2007 aux éditions de la Table Ronde.
Elle rentre des Etats-Unis où elle séjourna en tant qu' écrivain en résidence dans le cadre du « Art Omi International Arts Center » dans l'état de New-York. La soirée commencera par la lecture d'extraits de :
«On a marché sur la tête »
par Ariane Burésie et Achille Grimaud.
Une auteur à l'écriture très personnelle, mêlant joie et tristesse, mais les tristesses sont parfois joyeuses.
Un début de semaine très chargé en perspective.
A bientôt.
Yvon.

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06 décembre 2008

Le DRIAN Marie / Le dimanche on va au restaurant.

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Le dimanche on va au restaurant.
Marie Le DRIAN.
Note : 4 / 5.
Oh mères amères!
Second roman de l'auteur, écrit en 1994, ses thèmes favoris sont déjà présents, ainsi qu'un humour décalé, dirions nous! Il est question de langoustines, de bord de mer, de mère aussi, s’il y a un bord de mer, il y a obligatoirement un intérieur des terres! Ne restons pas dans le vague, ni dans le brouillard et voyons ce qu'il y a au menu!
Un port breton sur le déclin ; du poisson, il ne reste que l'odeur. Le choix politique plus au nord a entraîné « la débâcle des mareyeurs », et celle de la ville! Le père chauffeur de camion est mort, laissant derrière lui, une femme et un enfant et une dernière volonté qui va marquer la famille!
Il demande en effet à être enterré près de sa première épouse! Proposition accueillie par un silence de mort, cela va de soi, mais qui sera respectée. La vie de Chim se résume alors à chercher un hypothétique travail et à aider sa mère et la mère de Louise, sa compagne, toutes deux veuves et pour le moins envahissantes. Et aussi aider Louise, qui elle, travaille. Donc Chim petit à petit devient l'homme à tout faire. Il a abandonné ses rêves, qui pourtant n'étaient pas glorieux, il voudrait se marier, mais sans situation, Chim, tu n'y penses pas, lui dit sa mère!
Car elle n'est pas évidente sa vie , prenez un exemple, il faut respecter les morts : pour Joachim Senior, pas trop de problèmes si l'on suit à la lettre les consignes maternelles! Mais pour celles du père, ce n'est pas de la petite bière, la situation est grave, tout doit être étudié dans le moindre détail, ne pas en faire plus que « la famille adverse », celle de la première épouse du père! Mais attention, ne pas en faire moins, ne pas paraître mesquin, nettoyer que la moitié de la tombe, surtout pas plus et surveiller que les autres en fassent autant !
Et les courses, quel chemin de croix, allez par exemple acheter des langoustines, là c'est le calvaire!« Une petite livre » pas plus, pas moins, mais il y a trois tailles, quel dilemme! Et pour ajouter à la confusion de notre vaillant coursier, la poissonnière offre une grosse langoustine en cadeau! Lui qui a pris des petites! Et le dimanche, chaque femme avec ses desiderata, ses commerçants favoris évidement situés aux deux extrémités de la ville, et leurs horaires à respecter! Pourquoi, au moins le dimanche, ne pas manger ensemble, rien qu'une fois par semaine, pourquoi?
Encore une fois les personnages sont « limités », Chim, Joachim de son prénom de baptême, qui est également le prénom de son oncle, frère de sa mère. Pour éviter toute erreur, il est affublé du diminutif « Chim » et cela même après la mort du tonton, personnage un peu excentrique, qui lui offrit un tatouage pour sa première communion! Initiative pour le moins malheureuse.
Mais petit à petit, Chim a des doutes, de gros doutes. Il se souvient et s'interroge sur son enfance, et déjà, les courses du soir, en chaussons, vite fait, toujours quelque chose qui manque pour le repas du soir! Du beurre, de la farine et toujours une petite bouteille de vin, « vite Chim, d'un coup de chausson »!
Si tonton Joachim n'était pas mort? Si la voie ferrée avait été construite? Si la ville était restée comme avant? Si l'on regardait autre chose que les photos le dimanche après-midi? Si ma mémoire n'était pas si fidèle? Si je n'avais pas été à l'institut? Parfois on a envie de lui botter les fesses à ce pauvre, complètement désemparé, mais n'est-ce pas trop tard!
Louise, elle, est plutôt absente, elle est la compagne, pas l'épouse, elle travaille, mais profite aussi allégrement de Chim, et le mène aussi par le bout du nez. Il reste à Chim la promenade du dimanche et de regarder les photos, immuablement. Pour elle aussi, parfois Chim a des doutes.La mère de Chim, et la mère de Louise, femmes pleines de principes, autoritaires et acariâtres, ne voulant jamais avoir l'air de faire des concessions (et qui n'en font jamais d'ailleurs)! Quel tandem, pas une pour racheter l'autre, pensant toujours que l'autre est avantagée, pour l'ordre des courses, etc....Le père qui veut une fois mort la paix demande à être enterré avec son ex-épouse, comme cela, il est sûr que le caveau ne sera plus ouvert! Repos éternel enfin? Au fur et à mesure du livre, on finit par le comprendre! Les mères sortent rarement indemnes des romans de Marie Le Drian, et les pères se taisent, ici il meure!
Les cousins, ceux de «  l'intérieur », froids et guindés, se plaignant de la non desserte de la ville par le train, ceux qui murmurent pour l'enterrement du père, des cousins lointains pour tout dire! En plus ils ont quitté la côte pour vivre à l'intérieur des terres! En plus des personnages principaux, c'est également la description d'une ville qui se vide avec des gens qui pour des raisons diverses restent là en espérant que le vent tourne! Une vie à l'ancienne, pourrait-on dire.
J'aime cette manière de parler de choses graves avec un ton inattendu! Un livre grave qui ne dépareille pas la bibliographie de l'auteur, malgré le fait que je l'ai trouvé plus difficile de lecture que les autres.
Extraits :
- Moi, j'ai des doutes au sujet de la logique des autres. Du bien fondé de leurs conduites.
- Un tatouage même religieux n'était pas un cadeau de communion.
- C'est ma mère qui dit : « Ma boulangerie attitrée » Elle aime cela avoir des commerçants attitrés.
- Cela pourrait aller mauvais. Et de toute façon, j'en aurais pas l'usage », dit la mère de Louise.
- Nous vivons du poisson. Pas du tourisme. Ce poisson a une odeur.
- On doute dans notre ville. Pas seulement dans notre famille.
- « Ne te complique pas avec ta mémoire Chim! C'est un atout pas un piège ».
- « C'est la géographie locale qui m'organise ».
- Louise et moi n'avons jamais consommé notre union.
- Je ne suis pas homme à être énervé par l'union. Mais de là à en être totalement privé!
- Je suis devenu commissionnaire. Commissionnaire bénévole pour trois femmes désoeuvrées.
- Pour l'instant, je n'ai pas tout dit. J'aurais des difficultés à tout dire. Je le sais.
- A l'extérieur des mères. A l'extérieur de l'institut. A l'extérieur de l'appartement.
- « Tu iras loin, Chim ».
Éditions : Robert Laffont (1994)

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04 décembre 2008

SCHMITT Eric-Emmanuel / L'enfant de Noé.

L'enfant de Noé.
Eric-Emmanuel SCHMITT.
Note : 3 / 5.
Moi c'est toi, toi t'es moi!
Je ne connais pas du tout cet auteur, mais ayant pris certains engagements vis à vis d'un lycée de ma ville, je me dois de lire ce livre, et peut-être d'autre, en vue d'un échange d'idées avec les élèves. Joëlle en a déjà parlé ici.
Le thème de ce premier trimestre « La discrimination envers les juifs ». Je suis loin des mes bases littéraires, mais le devoir m'appelle!
Un court préambule se déroule en 1945 en Belgique, Joseph a 10 ans, il traverse une estrade en espérant un miracle, que ses parents le reconnaissent, ou que d'autres gens l'adoptent! Comment en est-il arrivé là?
Trois ans plus tôt à Bruxelles, c'était un enfant heureux, sa mère était belle, mais une menace de plus en plus pressante pesait sur eux, famille juive. Sa mère le confie à une famille de nobles, et s'en va......Mais même chez ces personnes, la police chasse les juifs, il doit partir à la campagne, à Chemblay à « La Villa  jaune », institution catholique, mais également refuge d'enfants ayant dû fuir.
Il passe d'abord quelques jours chez Marcelle, la pharmacienne, surnommée « Sacrebleu », femme de caractère et de conviction. Elle fabrique de faux papiers et recrée la vie de Joseph, lui apprend son nouveau rôle de petit catholique. Ensuite dans une institution, il est « parrainé » par Rudy qui s'avère être également un enfant juif! Mais surtout il devient ami et complice du père Pons, dont il partage le secret. Sur le principe de l'arche de Noë, ils s'apprennent mutuellement les différences de leurs rites particuliers. Joseph découvre alors ce qui le distingue des autres. La police surveille « la Villa Jaune » , police belge d'abord qui n'est pas très regardante, mais si la Gestapo s'en mêle, cela sera beaucoup plus grave. La vie pendant la guerre n'est pas facile, la faim est souvent là et le danger peut venir à n'importe quel moment. Des petits gestes peuvent être lourds des conséquences, comme cet officier allemand qui rentre dans les douches, alors que les enfants juifs sont nus. Il fermera les yeux, donnera de l'argent au père Pons, mais il ne sera pas récompensé! Marcelle, par bravade inutile, joue « La Brabançonne » sur l'orgue de l'église après la nouvelle de la libération de Bruxelles. Suite à ce geste, elle sera torturée et déportée et les enfants seront démasqués.
Joseph est le principal personnage de cette belle histoire, enfant à l'esprit fin et attentif, il tente, en cette période troublée, de comprendre le pourquoi de cette guerre et de la chasse aux juifs qui en résulte. Pendant longtemps il espérera devenir catholique, mais il ne le fera jamais.
Père Pons, homme d'église, juste et avisé, cache un secret, qui intriguera quelques temps Joseph et Rudy. Joseph découvrira la vérité ce qui scellera les destins de ce prêtre catholique et de cet enfant juif.
Avec Rudy, parrain de Joseph, garçon trop vite poussé, ils formeront un tandem d'amis, et le resteront également après la guerre, malgré le fait que leur opinions varient sur la politique israélienne.
Marcelle, pharmacienne, anticléricale, mais qui aide le père Pons, même au prix de quelques entorses à la légalité ; hélas son esprit de liberté sera plus fort que la simple prudence. Un grand personnage, profondément humain, comme tous les autres d'ailleurs.
Des personnages plus inquiétants, comme le « Gros Jacques » collaborateur et dénonciateur des siens. Les habitants du village comme la majorité des gens de l'époque aident comme ils peuvent, mais, pas au détriment de leurs petites habitudes. Il est parfois nécessaire d'user de ruse comme le fait Marcelle pour arriver à un résultat.
Belle écriture, claire, ce qui donne une lecture facile et relativement rapide. L'histoire est « gentillette », mais les réflexions sur les religions sont très pertinentes. Un livre agréable, sans plus.
Extraits :
- Certes, mes chaussures faisaient mauvais effet. Deux morceaux de carton vomi. Plus de trous que de matière.
- Tout avait commencé dans un tramway.
- Ne me demandez pas à quoi ressemblait ma mère : peut-on d'écrire le soleil?
-
Le contraire de juif, c'est nazi.
- Je me demandais si mes parents n'étaient pas pauvres.
- Mademoiselle Marcelle s'apparentait à tout sauf à une femme ; on aurait dit une pomme de terre sur un corps d'oiseau.
- Ce n'est pas la chance qui te manque Rudy, c'est la cervelle.
- Le respect ne s'adresse pas à ce qui est certifié mais à ce qui est proposé.
- Vous voulez dire que quoi qu'il arrive , Dieu s'en fout?
- Voilà, Joseph. Les chrétiens sont ceux qui se souviennent et les juifs ceux qui espèrent encore.
- Je me demande si nous les chrétiens ne sommes pas seulement des juifs sentimentaux...
- En temps de guerre, le pire des dangers est l'habitude. Particulièrement l'accoutumance du danger.
- Je veux devenir catholique!
Éditions : Albin Michel (2004)

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