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Trésor de la nouvelle de la littérature irlandaise.
Volume 2.
COLLECTIF.
Note : 4 /5.
Moins anciennes nouvelles.
Les quinze auteurs de ce second volume sont plus « contemporains », certains sont encore en activité. En voici la liste : Liam O'Flaherty, Elizabeth Bowen, Sean O'Faolain, Franck O'Connor, Bryan McMahon, Mary Lavin, James Plunkett, William Trevor, Leland Bardwell, Bernard Mac Laverty, Ita Daly, Shane Connaugton, Desmond Hogan, Aidan Matthews et Anne Enright. Vu la qualité des ouvrages, je pense que le prix est très raisonnable. Volume 1 ici.
Pour chaque volume en fin de livre se trouve une biographie complète de chaque auteur. Une remarque malgré tout, l'auteur de la préface nous dit « Le tome deux ne contient que des nouvelles qui sont traduites pour la première fois en français », ce qui n'est pas tout à fait vrai. « Le champ de Katleen »de Trevor William, par exemple, figure dans le recueil, « Péchés de Famille » qui date de 1991. Et la nouvelle d'Anne Enright se trouve dans le recueil « La vierge de poche ».
Deux nouvelles de Liam O'Flaherty commencent ce livre. « Le franc-tireur » court texte, sur la guerre civile irlandaise. Un récit percutant de grande qualité, tout est dit en 6 pages! Dans « Départ en exil », il nous raconte la veillée avant le départ de deux enfants d'une même famille, sachant qu'il y a très peu de chance de retour.
Sean O'Faolain nous livre une histoire étrange avec un titre qui l'est également « Vivant impie et à moitié mourant », la religion, la vie et la mort dans une nouvelle bien dans le style de l'auteur.
Certains exilés reviennent, mais pas forcément pour de nobles motifs, voir « Le retour de l'exilé », sombre histoire de vengeance.
« Classe ouvrière » nous raconte la veillée mortuaire d'un syndicaliste. Les ouvriers boivent et chantent, les membres de sa famille, eux, connaissaient une autre face de celui qui fut un mari et un père! Une belle histoire sur les relations humaines.
« Le champ de Kathleen » est une nouvelle bien triste pour cette pauvre Kathleen, une vie contre un lopin de terre! « La coiffeuse » de Leland Bardwell est une histoire à vous faire dresser les cheveux sur la tête. Un monde apocalyptique, des maisons tombant en ruine, des femmes seules et des hommes de passage. Des gangs de miliciens qui font régner la terreur, et Mona la jeune fille devenue coiffeuse.....
La vie londonienne pour un irlandais, c'est pendant un moment la fête, mais cela ne dure pas, même dans les « Souvenirs du Swinging London ».
Beaucoup de personnages , très divers dans ce livre, un tireur d'élite des républicains contre un tireur d'élite, des partisans de l'état libre dans cette guerre fratricide qui déchira les deux clans. Un homme dont la logeuse pense parfois mourir, un directeur d'école trop sincère dans une petite ville, un nouvel arrivant « Le bonimenteur » va troubler la quiétude qui y règne.
Une jeune fille victime de la cupidité de son père, un artiste peintre vient veiller son père mourant, les relations entre eux furent toujours difficiles.
Des écritures très disparates, dont certaines ont vieilli. Mais également quelques découvertes comme Shane Connaughton, scénariste à succès ou Bryan Mc Mahon dont j'ignore si quelques autres écrits ont été traduits.
A noter que les femmes représentent un peu plus d'un tiers des nouvelles de ce recueil, des plus anciennes Elizabeth Bowen, au plus jeune Anne Enright.
Un recueil des plus intéressants, car toutes les nouvelles sont d'écrivains reconnus et de grand talent.
Extraits:
- Le franc-tireur regarda son ennemi qui tombait et il frissonna. Le goût du combat avait disparu en lui. Le remord le tirailla.
- Ne faiblis pas pour l'amour de Dieu. Partir sera encore plus dur pour moi.
- Il n'y avait plus de place pour eux. Dans quelques heures ils seraient des errants sans domicile.
- Celle-là est l'exemple typique de l'Irlandaise archidévote de nos jours.
- Dans une petite ville, la fin d'une amitié à quelque chose à voir avec la mort.
- Légalement conçus, est juste. Là tu l'as dit.
- Et quand avons nous eu un jour de soleil dans ce pays, j'aimerais bien savoir?
- Son attirance pour son mari avait frémi dans leur lit de mariage et s'était éteinte dans l'amertume des beuveries sauvages et de discordes ouvrières.
- Elles se donnaient avec passion à ces hommes et pleuraient de désespoir quand ils partaient.
- « T'es qu'une sale bribe de créature ».
- L'une d'elle l'avait accusé de faire l'amour comme on dégorge les conduits.
Éditions : Éditions Les belles Lettres. (2002)