MURAKAMI Haruki / Au sud de la frontière, à l'ouest du soleil.

Lu dans le cadre du Blogoclub :
Au sud de la frontière, à l'ouest du soleil.
Haruki MURAKAMI.
Note : 3 / 5.
Les fantômes du passé.
Je ne suis pas loin s’en faut un spécialiste de la littérature japonaise, mais pour « Le Blogoclub », je vais tenter cette expérience avec un écrivain qui n'est plus à présenter, mais que je n'ai jamais lu!
Hajime, le narrateur est fils unique. A l'âge de douze ans, il fait la connaissance de Shimamoto-san une petit voisine, Elle aussi est fille unique et souffre d'une légère claudication. Des sentiments d'une amitié très forte les unissent, il découvre ce que la présence d'une autre personne peut avoir d'agréable et de bénéfique. Mais la vie et les situations des différentes familles vont les séparer petit à petit. Nous suivrons donc la vie d'Hajime, avec ses hauts et ses bas.Ses petites amies durant ses années scolaires, Izumi avec qui il est, semble t’il, heureux, enfin peut-être, lorsque le fait de penser à Shimamoto n'est pas trop ancré en lui. Il connaîtra alors la cousine de celle-ci pour un désir sexuel partagé, mais rien d'autre. Izumi en sera brisée le jour où elle l'apprendra. Puis la vie continue, dans la solitude et l'ennui, entre un travail qui ne lui plaît pas et quelles amourettes passagères. Un soir il croit reconnaître Shimamoto-san, il la suit, mais n'ose l'aborder. Cette filature se termine d'une manière étrange. Un inconnu lui offre de l'argent pour ne plus suivre cette femme, mais il n'est pas sûr que ce soit son amour de jeunesse. Mais la vie devient plus facile, il se marie, son beau-père l'aide à créer un bar de jazz. Puis un second, des enfants naissent, son nom et sa photo passent dans la presse, des amis d'école lui rendent visite, lui donnent des nouvelles des amies d'enfance. L'argent rentre, mais dans son esprit le souvenir de Shimamaot-san est toujours présent. Un soir, ce n'est plus un souvenir qu'il a devant lui, mais une femme, aisée et élégante...
Hajime est fils unique ; sa vie se scinde en plusieurs parties, une adolescence solitaire (qui est fort bien décrite dans le livre). Le renferment sur lui même, ses problèmes de communication avec autrui. Puis le mariage aidant et la réussite professionnelle en font un homme aimant son travail, mais avec malgré tout le souvenir de l'année de ses douze ans. Et de sa camarade de l'époque.Shimamoto-san sera toujours une énigme, son passé est un sujet que l'on n’aborde pas, qu'est-elle devenue? Elle disparaît , puis revient. Elle perdu un enfant, reconnaît n'avoir jamais travaillé de sa vie, mais pour le reste, c'est la grande inconnue.
Izumi, sera en quelque sorte, et sans le savoir, victime d'un jeune homme qui la trahira avec sa cousine, dans une relation très ardente.
Yukiko sera l'épouse parfaite, elle a souffert dans sa jeunesse, donc elle se rend très bien compte du changement d'attitude de son mari.
L'écriture est magistrale, précise, abordable et toute en finesse. Un régal.
Par contre je trouve l'histoire relativement banale, un homme retrouvant ce qu'il considère comme l'amour de sa vie, qu'il a quitté des années auparavant. Combien d'années au fait, la quatrième de couverture dit ceci :
- Lorsque trente ans plus tard elle réapparaît.
Puis dans le texte l'auteur dit ceci :
- Nous quitter à douze, nous retrouver à trente sept......
Cherchez l'erreur, ou alors le temps est indexé sur le cours du Yen!
Un sentiment très mitigé, j'ai aimé mais sans plus, et pas réellement adhéré aux personnages. J'ai trouvé ce livre trop « lisse », très linéaire, sans grande émotion, très moralisateur. Une prochaine fois peut-être, mais mes relations avec la littérature japonaise sont rarement convaincantes.
Extraits :
- En d'autres termes, le mur défensif qu'elle avait construit autour d'elle était bien plus haut et solide que le mien.
- Mais en même temps, j'étais troublé, déconcerté, mélancolique. Je ne savais que faire de cette sensation, comment la traiter.
-Longtemps elle tient une place à part dans mon coeur.
- Abandonnant l'espoir d'être un jour quelqu'un de spécial, je deviens un être ordinaire.
- Je comprenais en gros ce qu'elle voulait dire : je n'avais pas l'habitude d'ouvrir mon coeur.
- Pendant deux mois, la cousine d'Izumi et moi fîmes l'amour à nous en faire exploser les méninges.
-Ce furent des années glacées, au cours desquelles je ne rencontrais pratiquement personne qui me paraisse en accord avec mon coeur.
- Je me retirai encore plus profondément dans mon monde intérieur.
- Quand je la quittais, je me sentais seul, abandonné. Désormais, la solitude me blessait, le silence m'agaçait.
- Chacun sa vie, la vie d'autrui n'appartient qu'à lui.
- J'étais plus jeune, plus affamé, plus solitaire que maintenant. Mais j'étais vraiment moi-même.
- Ma vie familiale était parfaite. Je ne pouvais imaginer existence plus agréable que celle-là.
Éditions : Belfond.
Titre original: Kokkyô no minami, Taiyô no nishi. (1992)
Liste des liens chez Sylire.
Commentaires sur MURAKAMI Haruki / Au sud de la frontière, à l'ouest du soleil.
Pour ma part j'ai aimé cette lecture et ses métaphores mais ce n'est pas le coup de coeur qu'avait été "Kafka sur le rivage", du même auteur. Il m'a manqué la petite dose de fantastique!
Hello Yvon !
Tout à fait d'accord avec ce qu'a dit précédemment Karine, j'ai préféré Kafka sur le rivage moi-aussi.
Je suis également en phase avec toi quand tu parles d'écriture magistrale. C'est à mon sens le point fort du roman, plus que le thème choisi, banal il est vrai.
Tout à fait d'accord avec toi . L'écriture est belle mais le thème un peu ressassé ! Et je n'avais pas remarqué l'erreur de date ![]()
Moi non plus, je n'avais pas remarqué l'erreur de date ![]()
Cependant, le côté lisse est tout ce que j'aime dans le cinéma et la littérature asiatique car le lisse n'est que de surface ![]()
Bises du début de semaine à tous les deux ![]()
Nos avis respectifs ont quelque chose en commun : un ressenti mitigé à la lecture de ce roman.
Salut Karine
Il me semble qu'il ne me reste plus qu'à tenter d'aborder d'autres rivages, mais je dois dire que je vais y aller sur la pointe des pieds! Enfin dans longtemps sûrement!
A bientôt, malgré tout!
Yvon
Bonsoir Sylvie.
A mon goût, heureusement que l'écriture sauve ce livre. Le problème pour moi est que vu le nombre de très bonnes opinions qu'avait ce livre, et la réputation de l'auteur, je suis resté au bord de la route et peut-être du rivage, avec ou sans Kafka!
Bises et à bientôt*
Yvon
Salon du livre de Carhaix 25/26 Octobre. Qu'on se le dise dans les chaumières bretonnes et d'ailleurs.
Bonsoir Cathe,
Quelqu'un d'accord avec moi, merci! Je ne vais pas me répéter mais....
Pour les erreurs, je pardonne volontiers aux petites maisons d'éditions, mais difficilement aux grosses.
A bientôt.
Yvon
Salut Katell
Personnellement , j'ai du mal avec cette littérature « lisse » et surtout « linéaire ». J'ai besoin de grosses tempêtes (bretonnes), bref dans ce livre d'un peu d'action (hors actions sexuelles)
Nicole se joint à moi pour te faire de grosses bises.
Pas à bientôt, mais à Carhaix!
Yvon
Bonsoir Fanyoun.
Merci de ta visite, je n'ai pas accroché avec ce roman, je ne lui trouve aucun gros défaut (que dire que je n'ai pas déjà dit!). Désolé, je suis vraiment un peu à cours d'arguments. Et pourtant il n'est pas question de football!
A bientôt
Yvon
Ben, j'ai bien aimé mais tu as raison, c'est surtout l'écriture d'Hurakami qui porte cette histoire.
Effectivement, ça me rassure de lire des commentaires comme ça, parce que sur le coup j'ai cru que c'était moi qui n'était pas 'normale';o)
Je n'ai pas aimé Kafka sur le rivage ; malgré un début prometteur je me suis arrêtée à la page 300 et n'ai pas repris!
Mais j'avais bien aimé les Amants du Spoutnik du même auteur, plus ancien mais nettement plus original. Celui-là ne me tente vraiment pas.
c'est un auteur très inégal...
Oh, tu as laissé tes écrivains bretons pour lire un japonais !
Comme toi j'ai aimé l'écriture mais sans plus pour l'histoire....
Bonsoir Flo,
Merci de ta visite, et je pense que si j'ai fini ce livre, c'était pour l'écriture, pas pour l'intrigue. Vu ce que j'avais lu et entendu comme critiques élogieuses pour cet auteur, je suis plutôt déçu.
A bientôt.
Yvon
Bonsoir Virginie,
Ne me considérant pas comme un lecteur « normal », je ne peux qu'approuver les lecteurs qui se démarquent de l'opinion générale.
A bientôt.
Yvon
Bonsoir Dominique,
Comme c'est le premier roman que je lis de cet auteur, je suis mal placé pour en parler. Mais je ne suis pas sûr de relire autre chose de cet écrivain dans l'immédiat!
A bientôt
Yvon
Bonsoir Gambadou,
Tu es la seule à avoir remarquer l'effort, mais je pense revenir à une littérature plus proche de mes normes. Cela dit, il est très difficile de résister au charme de Sylvie!
A bientôt.
Yvon
Bonsoir Yvon !
Mon ressenti face à ce roman est assez proche du tien... j'ai énormément apprécié le style d'écriture, mais l'histoire m'a semblée (un peu) creuse....
A bientôt
Bonjour Bladelor,
Creux peut-être pas, mais pas très animé! En général mes tentatives avec la littérature japonaise sont très rarement positives, mais je persisterai dans quelques temps.
A bientôt.
Yvon
c'est noté pour le 25/26 octobre ![]()
Moi non plus, je ne suis pas spécialiste de la littérature japonaise (malgré le fait que ce thème avait été choisi il y a 2 ou 3 ans pour le club de lecture de la biblio !). Alors, comme j'avais "Kafka sur le rivage" dans ma PAL, j'ai opté pour ce titre (en cours de lecture pour l'instant !)
Bonjour Sylvie,
Donc nous serons au moins trois!!!!!!!
A bientôt.
Yvon
Bonjour Joëlle, les vacances ou le retour!
Je vais grouper mes réponses.
« L'Ange sur le pont »: tu es la seconde personne du club de lecture qui me dit que mon billet l’a incité à lire ce recueil!
Pour Annie Proulx, j'avais lu le recueil ancienne version, avec 10 nouvelles et j'avais beaucoup aimé. Mais « Brokeback montain » n'est pas, et loin s'en, faut la meilleure nouvelle du livre. Mais sûrement celle qui convenait le plus pour faire un film.
Pour la littérature du Japon, les meilleurs souvenirs que j'ai, sont « La voix » de Matsumoto Siecho.et « Le chat dans le cercueil », de Koiko, pas très gai, malgré tout!
Bises et à bientôt.
Yvon
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