Flora des Embruns.
Hervé JAOUEN.
Note : 4 /5.
Port d'attache.
Roman de 1991 réédité par les éditions de la Chapelle en 2003. Je ne me rappelle pas avoir lu ce livre auparavant.Une plongée dans le monde des marins pêcheurs, quelque part en pays bigouden.
Un homme revient au port. Il l'avait quitté, il y a environ une vingtaine d'années.Le but de son retour , la vengeance. Vinoc pensait être un homme comblé, une belle femme, peut-être trop belle ? Il commandait un des plus beaux bateaux du port et avait la confiance de son employeur, Nonna. Ce bonheur a eu une fin, un jour de grande tempête dans un port écossais. Un autre marin pêcheur, lui apprend ce que tout le monde savait, son épouse est la maîtresse de son employeur ! Il est marié depuis huit jours.Fou de rage, il oblige son équipage à sortir du port malgré la tempête. On retrouvera l'épave du bateau avec trois cadavres à bord. Les marins sont été tués à coups de fusil.Vinoc a disparu, de marin mort en mer il est devenu assassin, laissant quatre familles dans le désarroi.
Vinoc est de cette race d'hommes aux manières un peu frustes, fidèle à certains principes, dans sa raison perturbée, il ne lui reste qu'un but, la vengeance!
Flora est un personnage énigmatique, elle a toujours refusé de se remarier. Fille des îles, elle a cherché à quitter le monde des marins, mais cela est-il possible? Elle travaille comme serveuse dans un bar du port. Pourquoi a-t-elle accepté un soir de partir avec Nonna?
Viviane et Petit Clet sont ses enfants, Clet étant adopté. Viviane, par défi, provoque sa mère et couche de droite et de gauche, elle est la fille de l'assassin, mais est-elle réellement la fille de Vinoc ?
Nonna, homme parvenu, riche pour qui tout se vend ou s'achète, est-il vraiment amoureux de Flora, comme il le pressent ? Ou alors est-ce un simple échange de bons procédés, ton corps contre la nomination de ton mari au titre de commandant de mon dernier navire ?Mais cet épisode de sa vie, il le paiera au prix fort. Perdant Flora qui refusera son aide, et sa fortune dans un procès contre les assurances.
Les romans d'Hervé Jaouen sont toujours bien écrits, celui ci ne déroge pas à la règle.
Un langage simple mais précis au service d'une histoire très forte, un grand bol de vent marin. Un fin tragique pour ce bon roman qui se lit très bien.
Extraits :
- La vengeance lui avait paru un acte simple, une formalité nécessaire, une jouissance brève qui l'apaiserait à tout jamais.
- Le plaisir réveilla la douleur et sa tête s'alourdissait encore.
- Son immoralité de requin des affaires ?
- Nous autres marins on ne parle pas quand c'est pour ne rien dire.
- Quelle femme pourrait guérir d'un tel dégoût d'elle-même ?
- Un barbarisme de l'île, une abréviation de "sous les ordres".
- Elle n'avait pas trompé Vinoc. Rien n'était arrivé.
- Pas envie de crever pour une histoire de cul.
- Ouais, les fiers faut qu'ils baissent la tête une fois le temps.
- La fatalité n'excuse pas la mort ici.
- On embauchait à tour de bras. On exigeait pas de pedigree, seulement du courage au boulot.
- Tu me diras, moi j'ai toujours trouvé que les marins ils ont tous un air de famille.
- Non. Je n'ai pas....je n'ai plus d'ennemis.
Éditions :
Denoël et Éditions de la Chapelle.