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Trésor de la nouvelle de la littérature irlandaise.
COLLECTIF.
Volume 1.
Note : 3,5 / 5.
Anciennes nouvelles.
Panorama très complet en deux tomes de la nouvelle dans la littérature irlandaise.
Neuf auteurs, Jonathan Swift, Maria Edgeworth, Charles Robert Maturin, William Carleton, Joseph Sheridan Le Fanu, Bram Stocker, Oscar Wilde, John Millington Synge et James Joyce, pour douze nouvelles. Une préface donne quelques clés pour comprendre l'importance de ce genre dans la littérature irlandaise. En fin de chaque volume, il y a une notice très complète pour chaque écrivain.
« La bataille des livres » de Jonathan Swift, est difficile à lire car de nombreuses notes expliquent le texte mêlant littérature et politique. Beaucoup de noms de personnages oubliés depuis, mais il semble obligatoire qu'il y ait au moins un texte de Swift dans cette anthologie.
Maria Edgeworth est présente avec deux titres dont « Le pigeon blanc », histoire certes attendrissante d'un jeune garçon d'une honnêteté rare mais qui sera récompensé à la fin, pour une fois.
Une vieille fille écrit à sa nièce pour la mettre en garde contre les tentations de la vie moderne, aux environs des années 1800! Rien de neuf sous le soleil ! Il s'ensuit une correspondance entre trois femmes pour une histoire complexe.
« Wildgoose Lodge » est un très beau texte mais très dur. Nous sommes dans les années 1830/1850; dans les campagnes irlandaises sévissent (le mot n'est malheureusement pas trop fort) quelques sociétés secrètes protestantes et catholiques. Ici, sous un vague prétexte de dénonciation, une ferme est brûlée.
John M.Synge est cité deux fois. La première pour « Le passeur de Dinish Island », la seconde pour « Une nuit d'automne dans les collines ». Ces deux nouvelles sont extraites de « Voyage dans le Wicklow, dans l'Ouest du Kerry et le Connemara » . C'est une plongée dans la campagne irlandaise, ses croyances et la solitude de certains îliens, deux belles histoires de gens simples.
On trouve dans ce recueil tout un tas de personnages de la vie ordinaire mais aussi un fantôme et un rebouteux qui conversent dans la nuit. Dans une petite ville anglaise, un gantier et un tanneur devraient marcher main dans la main! Mais l'un est anglais et l'autre irlandais, alors déjà c'est moins sûr, même à l'époque. Des enfants ou des adolescents qui commencent l'apprentissage de la vie, des hommes perdant tout contrôle d'eux-mêmes,  pillant et tuant.
Oscar Wilde nous parle magnifiquement d'une infante d'Espagne et de son anniversaire. Puis d'un « Enfant-étoile » cruel qui deviendra d'une grande bonté, après avoir traversé biens des épreuves.
De Swift ( 1667/1745) à Joyce (1882/1941) presque deux siècles de littérature irlandaise. Certaines nouvelles ont perdu de leur fraîcheur, et paraissent maintenant dépassées.On constate également la présence de trois auteurs dits « fantastiques », Charles Mathurin, Sheridan le Fanu et Bram Stocker, ce qui prouve la qualité des auteurs irlandais dans ce genre bien spécifique. Une remarque également, pour William Carleton qui fut pourtant un écrivain prolifique. Dans tous les recueils de nouvelles on trouve toujours le même et unique texte « Wilgoose Lodge ».La nouvelle de James Joyce, « La rencontre » clôt ce premier volume. Texte maintenant bien anodin, mais qui valut à son auteur quelques soucis avec les éditeurs !
Un bon livre mais dommage que près de la moitié des titres se trouvent sur d'autres recueils consacré au même sujet.
Extraits:
- La satire est une sorte de miroir où, d'ordinaire, chacun reconnaît le visage de tous hormis le sien...
- Il est irlandais, c'est assez, c'est trop pour moi.
- Mais elle trouva que danser chez quelqu'un est tout autre chose que de donner une caution pour lui.
- Mais de cet âge d'or à l'âge de fer, la transition sera courte et terrible.
- ...et, à force de boissons spiritueuses, ils en étaient venus à braver toute responsabilité dans ce monde ou dans l'autre.
- Meurtriers et victimes, tous les acteurs de cette scène étaient catholiques romains.
- « Tous ceux qui tirent l'épée méritent de périr par l'épée »
- D'habitude on ne l'autorisait qu'à jouer avec les enfants de son rang, de sorte qu'elle devait toujours jouer seule...
- Mes deux frères sont partis en Amérique, dit-il, et il fallait que je revienne parce que j'étais le fils aîné...
- Ce chien a la sagesse d'un enfant, et il savait très bien qu'ils avaient emporté la pelle pour l'enterrer.
- Quel est ce torchon ? dit-il ! « Le chef apache », c'est ce que vous lisez au lieu d'étudier votre histoire romaine!
- Tous les garçons, dit-il, on un petit flirt.
Il me parut d'un bien étrange libéralisme sur ce sujet pour un homme de son âge.
Éditions : Les belles Lettres. (2002)