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Voisinage du vent.
Patrick ARGENTE.
Note : 3,5/ 5.
En bon voisinage.
J'ai rencontré Patrick Argenté par l'intermédiaire de la responsable du club de lecture de la médiathèque de Lorient. Cela m'a également permis de découvrir "La Part Commune", maison d'éditions rennaise. Je ne me prétends pas un connaisseur en poésie, donc je parlerai ici plus de choses ressenties que d'une quelconque qualité d'écriture.
La vie comme elle va, ses bonheurs et ses soucis, ses chagrins également. Et la mort aussi évidement. La solitude, que l'on croit deviner paysanne, dans le poème "Héritage".
La naissance avec cette phrase étrange :
- des femmes enceintes de leur landau.
La venue au monde, encore évoquée dans "Faire-Part".
La solitude aussi dans "Derrière le mur" ou dans "Présence". La routine qui dicte la vie de chacun d'entre nous :
- Chaque jour est plus intense
que de raison.
Le marché un matin d'hiver, une gare, un jour avec toutes ses interrogations:
- On ne sait qui s'en repart
on ne sait où vont les trains
les hommes ni les chiens.
La pluie dans "Temps chagrin", un banc qui amène cette question :
- Qui pense à s'asseoir?
Un cauchemar ou un tricot, des choses ou situations pas spécialement littéraires mais dont l'auteur tire partie.
Un très beau texte sur le temps passé (ou du moins c'est la manière dont je l'ai ressenti) "Cinéma" :
- ravagé par les années à attendre la fin des guerres et le retour des âmes dépossédées.
Ou encore dans "Le temps" :
- A regarder partir les chalutiers
on perd sa vie.
Peu de personnages dans ces courts textes, mais la figure marquante de toutes jeunesses:
- c'est ma grand mère revenue
de si pourtant longtemps morte
Ma grand mère joueuse de carte
par les matinées d'angine.
Et la Bretagne, celle de l'intérieur dans le très beaux poème du même nom. Un hommage tout en douceur et pudeur.
Les animaux sont omniprésents dans ces écrits et dans les titres. Ormeaux, chameaux et chacals (ils ne figurent pourtant pas dans la faune animale bretonne ces deux-là , mais dans l'humaine si!), poulets, âne et cheval, chats et doryphores, bref une vraie ménagerie.
Le monde tel qu'en lui même sans complaisance, ni fioritures mais avec tendresse et espoir.J'ai bien aimé certains textes, la majorité d'ailleurs ; pour d'autres j'ai éprouvé plus de difficultés.
A noter l'absence quasi-totale de ponctuation!
Un bon coup de vent mais de celui qui réveille par une lecture sereine et apaisée en communion avec la nature.
Extraits:
- On ne dit pas de quoi est mort l'écureuil
si l'escargot vit dans le plaisir de son estomac
et l'ormeau de son arc-en ciel intérieur.
- A deux doigts de l'ombre épaisse
à quoi servirait d'être riche?
- Une maison
c'est pauvreté pour un homme seul
- Il n'y a pas de sagesse qui pousserait
comme les herbes dans les prés
- Toutes les vaches sont mouillées
et noires comme les saints des chapelles.
Éditions : La Part Commune.