11 novembre 2007

LEROY Gilles / Alabama Song.

Alabama Song.
Gilles LEROY.
Note : 4 / 5.
Oh, ma Zelda c'est fini Montparnasse*
J'aurais aimé lire ce livre avant le prix Goncourt et le tapage médiatique qui s'en est suivi. Parlons de mes premières lectures lointaines, aux environs de mes 20/25 ans, les classiques américains, la découverte de ce couple que l'on pouvait envier pour sa richesse, son style de vie. Mais pour le jeune lecteur que j'étais, l'histoire était déjà écrite, vie brillante, mais brève.
L'auteur nous livre ici un portrait romancé de cette femme brillante mais tourmentée, de son enfance en Alabama à sa mort tragique, brûlée dans l'incendie d'un hôpital psychiatrique où elle était internée.
"Belle du Sud", jeune fille libre ne se souciant guère des convenances, ni des préjugés mène sa vie à sa guise. Fille d'un juge et comme elle le dit elle même : "que voulez- vous qu'il m'arrive dans une ville où une rue sur deux porte mon nom?". Elle rencontre Scott Fitzgerald, l'épouse pour le meilleur (parfois) et le pire (souvent). Ils deviennent les coqueluches du monde des arts new-yorkais, les romans de Scott se vendent très bien, l'argent rentre, puis repart en somptueuses soirées, en voyages et en boissons, fortes de préférence.
C'est l'âge d'or du couple, les voyages en Europe, la vie rêvée!
Les premières failles apparaissent, Zelda a une aventure, Scott l'enferme et la fait surveiller, lui boit de plus en plus. Le couple s'installe sur la Côte d'Azur pour se qui semblerait être une tentative de sauvetage. Mais un autre problème entre dans leur vie, Lewis O'Connor. Et surtout l'alcoolisme de Scott devient très préoccupant et la santé mentale de Zelda se dégrade. Scott et Zelda, quand, comme moi, on se contente d'un survol de leurs existences, semblaient l'incarnation d'une vie magnifique, beauté, argent, renommée. Mais sous le vernis, c'est une longue descente aux enfers avec ses ingrédients habituels, sexe, alcool et jalousie.
Quel gâchis, mais cela était-il évitable, je ne le pense pas.
Plusieurs personnages célèbres dans ce livre outre les deux protagonistes, Tallula Bankhead qui fut une actrice renommée et une femme très libérée pour l'époque. Quand au personnage de Lewis O'Connor, après quelques minutes de recherche, nous devinons que c'est Ernest Hemingway, que Zelda détestait. Pourquoi lui avoir donné un pseudonyme?
Une écriture de qualité, mais la construction de ce roman oblige à une certaine attention, les dates écrites en marge aident heureusement à situer l'action.
Une question reste pour moi sans réponse, pourquoi et comment cette jeune fille de caractère, libérée de contrainte d'obéissance s'est-elle laissée priver de la possibilité de tenter sa propre carrière?
A mon avis, un prix Goncourt mérité.
Extraits:
- Je suis Zelda Sayre. La fille du Juge. La future fiancée du futur grand écrivain.
- L'Europe nous l'aurons. Nous l'aborderons, mais sur le pont des premières classes. Et sans l'uniforme.
- La belle flasque allait beaucoup servir, cadeau étrange et criminel, quand j'y repense.
- C'est nous qui avons inventé la célébrité et son commerce.
- C'est là que j'ai ressenti le manque d'Alabama, le manque de cette terre abhorrée qui était la mienne.
- Puis ce gros lard est entré dans notre vie. L'amateur de corridas et de sensations fortes. L'écrivain le plus pute et la gloire montante de notre pays.
- " Vous ne vous êtes pas mariée ma jeune dame. Vous avez signé un contrat publicitaire"
- J'ai épousé un artiste ambitieux, me voici douze ans plus tard flanquée d'un notable ivrogne et couvert de dettes, telle la dernière des rombières.
- J'ai perdu la beauté et la fraîcheur qui exonèrent du scandale.
- Au départ, je me foutais de lui, à la fin il se foutait de moi.
Éditions : Mercure de France.
*Alain Souchon. Paroles extraites de "Rive Gauche"

Posté par eireann yvon à 18:26 - - Commentaires [12] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags : , ,


Commentaires sur LEROY Gilles / Alabama Song.

Les magnifiques

Ce roman,comme toi,me faisait déjà envie.Cette époque,cette littérature me passionnent.A bientôt.

Posté par eeguab, 11 novembre 2007 à 19:49
Expérience!

Bonjour Claude.
Je me posais en finissant ce livre la question suivante, est-ce bien raisonnable de relire Scott Fitzgerald maintenant?
J'ai peur d'être déçu, alors j'hésite!
A bientôt.
Yvon

Posté par Eireann Yvon, 11 novembre 2007 à 20:55

Je suis bien contente que tu aies critiqué ce roman, Yvon! J'en avais beaucoup entendu parler, bien avant le Goncourt, et en bien!

Je vais peut-être le demander au Père Noël, tiens!

Posté par Liza_Lou, 11 novembre 2007 à 22:00

Il y a de temps à autres des Goncourt qui méritent leur prix ! Je lirai certainement celui-ci.

Posté par sylire, 11 novembre 2007 à 22:10
Noël!

Bonjour Elise
Rappelles-moi quand c'est Noël que je t'envoie un cadeau!
Trêve (de Noël) non de plaisanterie, j'ai bien aimé même si personnellement j'ai préféré le roman d'Olivia Rosenthal "On n'est pas là pour disparaître".
A bientôt.
Yvon

Posté par Eireann Yvon, 11 novembre 2007 à 22:53
Première!

Bonsoir Sylvie,
Je me demande si ce n'est pas la première fois que je lis un prix Goncourt (Merci Joëlle).
Par contre, j'attends avec impatience le Goncourt des lycéens demain.
Mais bon il n'y a pas d' âge pour s'instruire, ou du moins essayer.
A bientôt, la période des salons littéraires en Bretagne touche à sa fin.
Yvon

Posté par Eireann Yvon, 11 novembre 2007 à 22:54

A croire que les gens qui ont tout ont besoin de se faire souffrir pour pas s'ennuyer.... C'est une relation passion-haine ou bien sado-maso qu'ils ont vêcu ces deux là. Les artistes, les écrivains ont souvent des vies un peu à la limite du normal, c'est peut-être ce qui leur donne la possibilité de créer des oeuvres....
Et puis c'est aussi l'image d'une amérique à une certaine époque. Je lirais sûrement ce livre par curiosité.

Posté par Nina, 11 novembre 2007 à 23:28

J'ai juste survolé ton billet, pour ne pas influencer ma lecture ! Mais j'en ai déduit que tu avais quand même bien aimé

Posté par Joelle, 12 novembre 2007 à 08:55
Relations!

Relations!
Bonsoir Nina.
Si j'en crois ce livre qui est, rappelons-le, une "biographie romancée", il y eut certainement une période d'amour, puis de raison et ensuite de profondes déchirures. Mais entre la folie naissante de l'une et l'alcoolisme grandissant de l'autre, plus rien n'était gérable. En fouillant un peu de son vivant Scott Fitzgerald n'a pas eu un succès à la hauteur de sa réputation actuelle. Et il mourut dans la misère.
A bientôt.
Yvon

Posté par Eireann Yvon, 12 novembre 2007 à 13:34
Survol!

Bonjour Joëlle.
J'ai effectivement bien aimé, même si ce n'est pas l'avis général. Il faut de tout pour faire un monde.
A bientôt.
Yvon

Posté par Eireann Yvon, 12 novembre 2007 à 13:36

C'est sûr je craque! Ma biblio a intérêt à l'acheter!

Posté par katell, 13 novembre 2007 à 20:29
Incroyable!

Bonsoir Katell,
Je suis sidéré une bibliothèque municipale qui n'achèterait pas le prix Goncourt!
On va te signer une pétition! Non mais!
A côté de cela ils ont (peut-être )l'intégrale de Barbara Cartland!
Et tout cela dans mon département de naissance. Je me retire en Tasmanie!
Bises.
Yvon

Posté par Eireann Yvon, 13 novembre 2007 à 22:47
Poster un commentaire







Rétroliens

URL pour faire un rétrolien vers ce message :
http://www.canalblog.com/cf/fe/tb/?bid=137949&pid=6852255

Liens vers des weblogs qui référencent ce message :