10 octobre 2007

Le Goncourt des lycéens

Bonsoir, un petit mot pour vous dire que je vais participer avec la médiathèque de Lorient à une rencontre avec des lycéens. Le but est pour nous, adultes, de lire des romans sélectionnés par les lycéens pour leur Goncourt. Nous devons nous rencontrer mardi soir pour échanger nos points de vue.

Je trouve l'initiative très intéressante, cela se fait-il chez vous?

Je me suis rendu compte à cette occasion qu'en 15 jours je vais avoir lu plus de romans français que depuis le début de l'année!

Leur sélection définitive est la suivante (pour le lycée Colbert de Lorient du moins):

ADAM, Olivier : « A l’abri de rien » (L’Olivier)

CLAUDEL, Philippe : « Le rapport de Brodeck » (Stock)

DARRIEUSSECQ, Marie : « Tom est mort » (P.O.L.)

DELECROIX, Vincent : « La chaussure sur le toit » (Gallimard)

DE VIGAN, Delphine : « No et moi » (JC Lattès)

LESBRE, Michèle : « Le canapé rouge » (Sabine Wespieser)

NOTHOMB, Amélie : « Ni d’Eve ni d’Adam » (Albin Michel)

ROSENTHAL, Olivia : « On n’est pas là pour disparaître » (Verticales-Phase deux)

Je pars avec un handicap, j'ai lu "Portrait de l'écrivain en animal domestique" de Lydie Salvayre qu'ils n'ont pas retenu, et je les comprends!.

Je retrouverai pour l'occasion ma voisine Joëlle de la Bibliothèque du Dolmen dont voici l'adresse blog.

http://bibliodudolmen.canalblog.com/

A bientôt pour la suite de l'aventure.

Yvon

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09 octobre 2007

TREVOR William / Hôtel de la Lune oisive

Hôtel de la Lune Oisive.
William TREVOR.
Note : 4/ 5.
Lune fourbe
Mon seul reproche concerne le contenu de ce livre, 10 nouvelles soit, mais 5 seulement sont des inédites, 2 sont en effet des retraductions (nécessaires peut-être ?). Trois autres font partie d’un petit recueil, hors commerce qui était offert pour l' achat de deux ou trois ouvrages chez cet éditeur, chose qu'évidemment j'ai fait!
Mais pour avoir fait découvrir Hugo Hamilton et pour la réédition de certains titres de
Flann O'Brien, il sera beaucoup pardonné aux Éditions Phébus.
"Hôtel de la lune" qui commence ce recueil nous conte comment un couple arrive dans une grande demeure, suite à une panne de voiture. Ils sont accueillis par deux vieux aristocrates et leur dernier serviteur. Ils profitent ensuite de la mort du vieil homme pour s'accaparer la maison. Une merveille.
Dans "Foyers brisés", une vieille femme n'osant pas dire non se retrouve avec des adolescents d'un foyer qui doivent lessiver et repeindre sa cuisine. La pauvre!
"Choisir entre deux bouchers" pour un petit garçon, ce n'est pas évident, surtout que l'un est son père, et l'autre son employé.
"Les affaires de Colette Nervi" (ou le sac de Colette Nervi dans "Secrets Intimes"), même dans la campagne irlandaise, rien n'est perdu, mais rien n'est forcément restitué!
"Contre toutes probabilités" est une histoire troublante. Nous sommes pendant la période des "Troubles" en Irlande du Nord. Une femme trouble qui trouble un homme brisé par les "Troubles". Vous êtes troublés? Superbe nouvelle, une des meilleures du recueil.
"Une trinité" raconte des vacances qui tournent au cauchemar, un couple pense partir à Venise, il se retrouve à Munich. Pas évident à expliquer à la personne qui vous a offert le voyage!
Un repas rituel et annuel dans une île pour "Le visiteur", mais cette année il y aura un changement imprévu au programme.
"Le jeu du téléphone" la veille de votre mariage peut tourner très mal, qu'est devenue la vieille dame, veuve de soixante treize ans, victime de ce jeu stupide?
Raymond Bamber comme tous les ans est invité à une soirée chez les Tamberly, mais cette année il est littéralement accaparé par une Mrs Fitch, jalouse et ivre. Bonjour la soirée!
"C'est arrivé à Drimaghleen" ou "Événements à Drimaghleen" nous plongent dans l'Irlande rurale. Dans ce récit la mort violente de trois personnes dans un hameau est un événement tragique, mais la presse s'en empare et en un reportage, détruit la famille de l'une des victimes.
Parmi les nombreux personnages, des profiteurs cyniques, une vieille femme sans défense et un serviteur au projet de vengeance, mais le mal est fait.
Un enfant, fils de boucher, surprend son père en train d'embrasser la bonne ce qui provoque chez lui des comparaisons peu flatteuses pour son géniteur.
Une femme handicapée se marie ; d'où vient le cadeau de mariage qu'elle reçoit? Tout le monde s'en doute, mais personne ne s'en inquiète.
Qui est cette femme dont le territoire de chasse est l'Irlande du Nord? Un couple de perdants chroniques sont quelques-uns des individus que l'on côtoie dans ce livre.
Ces nouvelles sont de très grands moments de littérature, la méchanceté de Trevor William ne s’émousse pas. L’intrusion d’un couple dans la vie de personnes âgées, allant jusqu’à les dépouiller, est d’une malveillance extraordinaire, dans la nouvelle donnant son titre à l’ouvrage.
A noter que Trevor est également sculpteur et que tout en étant né en République d'Irlande, il appartient à une vieille famille protestante.
A lire pour ceux qui veulent découvrir cet auteur, même si son écriture n'est pas des plus faciles.
Extraits:
- Sir Giles était mort pendant la nuit pour cause de désaccord entre lui et le contenu de son estomac.
-Une expérience comme celle-ci aurait pu tuer, mille fois tuer une dame de quatre-vingt-sept ans!
- Le dialogue avait échoué entre les jeunes et elle ; elle le savait et voulait lui faire savoir qu'elle s'en rendait compte.
- J'avais sept ans, j'étais la deuxième fournée de la famille, comme disait mon père.
- Qui n'aurait pas aimé Mr Dukelow ? Personne-sauf mon père.
- Les troubles de son existence avaient été de nature personnelle.
- Elle buvait de la vodka, à peine colorée par une larme de porto-c'était sa boisson préférée.
- Sa solitude lui parut un réconfort, à la lumière vive et froide du clair de lune.
- Pour ma part, j'en ai cinquante et un et il est arrivé qu'on m'en donne soixante-cinq.
- On a l'air ridicule ensemble, mon mari et moi. Et pourtant nous faisions un beau couple autrefois.
Éditions : Phébus
Titre original : The Collected Stories.
Autres chroniques de cet auteur :En lisant Tourgueniev; Les anges dînent au Ritz; Mourir l'été; Péchés de famille;Secrets intimes; Les splendeurs de l'Alexandra; Le voyage de Felicia.

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07 octobre 2007

O'BRIEN John / Leaving Las Vegas

Las_v_gas

Leaving Las Vegas.
John O'BRIEN.
Note : 4/ 5.
Las Vegas: goulot sans issue.
Un des trois romans écrits par cet auteur américain, mais le seul traduit en français.
Comme son héros "Ben", John O'Brien avait un gros problème avec l'alcool. Il s'est suicidé le 13 avril 1994 à 34 ans. Quelques semaines avant il avait appris que son livre allait être adapté au cinéma. Sera vit de la prostitution après différents déménagements elle exerce ses talents à Las Vegas, capital du jeu où l'argent est roi. Elle est lucide sur sa vie et les dangers de sa profession. Elle vient par exemple d'être violée et tabassée par trois jeunes étudiants en mal (mâles) de sensations fortes. Ne pouvant travailler, vu l'état de son visage et de son corps, elle se détend en jouant au casino. Mais refait irruption dans sa vie Gayal Fathi son ancien "protecteur" dont la splendeur n'est plus qu'un souvenir. Malgré les coups, Sera retombe sous le joug de celui-ci. Ben lui habite à Los Angeles, licencié de son travail, malgré l'amitié que lui portait son patron qui connaissait son inaptitude à toute vie normale. Ben est alcoolique chronique. Sa vie est réglée de bars miteux à certaines heures matinales, puis ensuite direction le centre ville, où il n'est pas indécent de boire vers 11 heures. Puis retour chez lui avec quelques bouteilles, quelques heures de sommeil réparateur, puis la ronde infernale recommence. Contrairement à Los Angeles, à Las Vagas les débits de boisson ne ferment jamais. Ben calcule qu'avec l'argent de son licenciement, il peut boire au moins cent jours. Il donne tous ses biens et part pour Las Vagas. Là, il brade sa Rolex, les horaires ne le concernent plus, vend sa voiture, donc place à son autodestruction programmée. Mais pour la dernière fois, il veut une femme dans ses bras. Sera sur son trottoir voit arriver un homme ivre qui lui propose beaucoup d'argent. Ils vont donc à l'hôtel de Ben. Mais que peuvent faire ces deux personnes, chacun avec le désastre d'une vie brisée?
Seulement trois personnages principaux dans ce roman. Gamal Fathi est vraiment décrit comme la gravure de mode du proxénète américain, bien qu'il ne soit pas américain et qu'il flatte les gens qui pourraient lui rendre service, Sera est souvent une grande part de ces cadeaux. Comble de déchéance, il a été obligé de mettre ses bijoux au Mont de Piété. Un être abject, qui la lacère de coups de couteau, qui la frappe et qui trouve qu'elle ne gagne jamais assez d'argent.
Sera, fille de l'Est des États-Unis, sans doute attirée par le soleil californien ou des rêves de cinéma, a vécu à Los Angeles avant de fuir cette ville. Elle regarde objectivement sa vie et son métier ; elle se rappelle ses peurs avec certains clients, les moments où elle fût obligée de déménager, quand les propriétaires la voyaient au petit matin, le visage en sang. Pourquoi accepte-t-elle tous les mauvais traitements de Gamal?
Ben, lui n'a plus qu'un objectif, boire à en mourir. Il n'a plus d'états d'âme, le combat est perdu, la fin est proche. Il tente de finir en beauté, en alcoolique conscient et au grand coeur, il donne son superbe vélo à une petite voisine avant de partir, offre sa chaîne stéréo à un ami. Et puis froidement, méthodiquement il commence sa propre mise à mort.
Un livre dur et réaliste, souvent très cru qui nous plonge dans le monde de la prostitution et dans les affres de l'alcoolisme.
Certaines scènes sont décrites avec un luxe de détails dont on se passerait bien, mais cela donne une force certaine à ce récit.
Quand Ben, prenant une douche, boit une bouteille de vodka, une gorgée, un vomissement et encore une fois et encore : "Ce n'est qu'à la deuxième bouteille qu'il arrive à ne pas tout rejeter". Sortant de la salle de bains, les deux bouteilles sont vides. Il peut enfin commencer à boire.
Extraits:
- Le côté dur, elle peut gérer; et le côté désespéré s'est révélé être un club pas si privé que cela.
- Ils comprennent la parité entre un billet de cents dollars et la location d'un corps femelle pour une demie-heure: une transaction commerciale et pas un commentaire social.
- Leur chance est inversement proportionnelle à leurs besoins, ils perdent toujours.
- Une fois arrivée, elle se couche et dort jusqu'à ce qu'elle s'éveille, reste éveillée jusqu'à ce qu'elle se rendorme.
-Dans le genre type du coin, mais pas de ce coin-ci.
-Cela lui fait donc dix mille dollars à boire.
- Il se regarde dans son miroir et se fiche d'être un alcoolique.
- Rien n'est plus beau à ses yeux que la relation entre le reflet d'une femme et la femme qui le crée.
- Mais la blessure n'est pas le message ; elle n'est que le messager.
- Il peut lui faire-et lui fera-ce qu'il voudra, mais il ne peut plus lui faire mal.
-On pourrait peut-être synchroniser nos mouvements d'égarements....ou les faire alterner.
Éditions : Rivages
Titre original: Leaving Las Vegas (1990)

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TRUDEL Sylvain / Du mercure sous la langue.

Du mercure sous la langue.
Sylvain TRUDEL.
Note : 4 / 5.
Dieu hait son âme*.
Premier livre de cet auteur québécois né en 1963 que je lis. Un livre fort, une grande leçon de courage et de vie.
Frédéric a dix sept ans, sa mort est programmée pour quand au juste, personne ne le sait, mais la fin est proche.Alors il se raconte, réfléchit à sa courte vie, pense à ses parents, se dit qu'il vaut mieux mourir jeune que de vivre comme son père.
Quelques rayons de soleil parfois illuminent ses journées d'hôpital la visite de sa psy, belle femme dont parfois il remonte le moral. Celles de son grand-père ou alors de son ami Louis qui guérit quittera l'hôpital. Mais surtout ce sont ses rencontres avec Marilou, comme lui écrivant des poèmes qui sont ses grands moments de bonheur. Mais celle-ci à son grand regret quittera l'hôpital :
-Elle est partie si vite que je n'ai pas eu le temps de lui faire un enfant.
Il se donne un nouveau nom, celui d'un obscure poète italien "Le Poète métastase" ce qui horrifie l'hôpital et ses parents.
Il se refuse à voir ses amis, pour ne pas montrer sa déchéance, il se querelle avec l"abbé de l'hôpital, car il refuse de se confesser, car dit-il "Je n'ai aucun pêché".
Maryse Bouthillier, la psychothérapeute, comme tout être humain a des périodes de doutes, surtout avec son métier, elle amène à Frederic une présence féminine autre que familiale, elle lui fait repenser à une maîtresse d'école dont il fut amoureux autrefois. Mais en la regardant, il se rend compte qu'il n'atteindra jamais l'âge adulte, ne se mariera pas et n'aura pas d'enfants.
Grand-père Baillargeaon et grand-mère Emilia donnent aussi, avec ses parents, de par leurs visites, de courts instants de bonheur.
Malgré la gravité du propos, Sylvain Trudel ne tombe pas dans le mélo facile, au contraire. Ce roman donne une leçon d'espoir en racontant cette histoire avec le ton juste, un sentiment de révolte, un enfant ne devrait pas mourir de maladie (ni de rien d'autres d'ailleurs) à cet âge. Il y a également un fatalisme enfoui dans cette écriture, mais presque caché. A noter la présence de poèmes disséminés par-ci, par-là.
Un très grand livre!
Quelques expressions populaires suivant le côté de l'atlantique que l'on se place se ressemblent fort tout en étant légèrement différentes :
L'auteur parle de lit rembourré de noyaux de prunes, j'ai toujours entendu noyaux de pêches! Avoir le moral dans les pieds revient pour moi à avoir le moral dans les chaussettes!
Extraits:
-Dans nos contrées civilisées, les gens préfèrent mourir du coeur: c'est plus noble que de mourir de la vessie, des intestins ou des testicules.
- Mon pauvre père, si gentil, si fatigué, si démuni. Il mériterait mieux que ça.
- Un poitrail de buffle rempli d'affection pour son petit-fils qui n'aura jamais le temps de le décevoir ou de le scandaliser.
- Mais elle m'a fait promettre de revenir la voir un autre tantôt.
- Les singes et nous, on est plutôt des cousins qui auraient eu le même grand-père.
- Maman, je te l'ai déjà dit cent fois, je ne veux plus être vu.
- Dans l'épreuve de beauté qui l'oppose au jour, Marilou perd du terrain.
- Si j'avais eu de la bonne moelle osseuse, j'aurais voulu me greffer à Marilou pour toujours.
- Ils sont arriérés les gens en bonne santé, il croit que le rire aide à guérir! On voit bien qu'ils n'ont jamais souffert.
Éditions : Les Allusifs.
*Une des dernières phrases du livre.

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04 octobre 2007

BLANCHARD Christian / B.R.E.S.T.2020

Brest

B.R.E.S.T. 2020.
Christian BLANCHARD.
Note : 4,5/5.
Bagnes publics, bagnes privés!
D'abord quelques explications sur le titre (qui ne parle pas d'un rendez-vous de vieux gréements à venir) dont l'intégralité est "Bagne Régional d'Expérimentation en Sécurité du Territoire".
J'aime bien ces oeuvres de politique-fiction qui nous projettent dans un futur pas si lointain et très souvent plutôt gris pour ne pas dire noir.
Pour Brest, il est amusant de constater que Jean-François Coatmeur dans "Les sirènes de Minuit" et Hervé Jaouen dans "Coup de chaleur" dotent la ville d'une mairie d'extrême droite!
Nous sommes entre 2010 et 2020 à Brest. En 2010, commencent des événements qui s'étalant sur une décennie vont changer la face de la ville et le destin de quelques personnages du haut de la classe politique à quelques petits truands locaux. Deux destins brisés au nom du pouvoir : Driss Hammer et Matéo da Fonséca, deux policiers ordinaires, ni plus fascistes, ni moins, d'ailleurs. Cobayes consentants, ils perdront, l'un ses jambes, l'autre la femme de sa vie, mais gagneront une solide haine envers beaucoup de choses. Manipulés, ils seront des pions sur un échiquier qui les dépasse. Deux hommes politiques : Elias Chasseneuil et Claude Pétrel, l'un aspire à être président, l'autre se laisse aspirer dans son sillage et, sauf rare exception, n'en a pas trop de remords, ni d'états d'âme.
Deux scientifiques : le professeur Duclair et son assistante Bertille Vauban.  Un électron libre revenu de tout, mais également partant pour tout, "Le chien".  Mélanger tous ces ingrédients dans une France secouée depuis 2005 par des émeutes sporadiques mais de plus en plus violentes, qui radicalisent le vote de la population, voilà le cocktail (molotov) qui attend le lecteur.
J'ai bien aimé ce livre, car toutes les maux du monde s'y côtoient, avec en tête d'affiche "le pouvoir" et son fidèle allié, "la soif d'argent". Pour avoir cela, la corruption et la manipulation sont des aides de camp précieuses. Ajoutez quelques dossiers bien utilisés pour, si nécessaire, un brin de chantage. Au cas où, mais vraiment en dernier ressort, il faut sauver les apparences, quelques policiers et quelques casseurs un peu excités par des produits illicites, faites bouillir le chaudron à feu doux et vous avez une ville en état de siège.
Un constat pas réjouissant mais parfaitement plausible hélas. J'ai pensé en lisant ce livre à une ancienne chanson de Gille Servat "Litanie pour l'an 2000*" qui date de 1974.
Extraits:
- Sa mission était d'obéir à son supérieur qui, lui aussi obéissait à son supérieur, qui, lui aussi......Les commandements étaient dilués.
- A défaut d'avoir fière allure, ils avaient l'allure fière.
- Chaque génération rêvait de son "mai 1968". Chaque génération rêvait d'un monde meilleur et pourtant chaque génération s'était calmée et était rentrée dans le rang.
- Il n'attendait qu'une chose, le moment où il allait cogner.
- Enjeux politiques et financiers. Elle, comme le professeur Duclair n'avaient pas le droit à une seconde erreur.
- Soumission... consentie?. Ces deux termes ne sont pas antinomiques?
- Vous avez dû remarquer la devise de ce lieu :
" Réinsertion sociale par l'Ordre et le Travail"
- Mais il y avait déjà quelques années déjà que ce n'étaient plus les opinions qui faisaient la presse, mais les actionnaires qui forgeaient les lignes éditoriales.
- N'oubliez pas, monsieur le président, que la cour des comptes est encore un service public indépendant de l'Elysée.
- J'ai des dettes personnelles et présidentielles qui sont devenues démentielles.
"Oui, je sais. Tout le monde le sait. Ça ne justifie pas....
- Les caméras de chaînes françaises et étrangères filmèrent. Le grand guignol pouvait commencer.
Éditions : Les Éditions du Barbu.
Autre chronique de cet auteur :
La mort des sens.
*http://www.paroles.net/chansons/17510.htm

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ELLROY James / Brown's requiem.

Brown's Requiem.
James ELLROY.
Note :4/5.
Requiem et grandes messes.
Premier roman de James Ellroy, il est amusant de constater que je ne l'avais trouvé, ni chez un bouquiniste, ni dans une médiathèque alors qu'il date de 1981 en version originale et de 1988 pour la traduction française.
Fritz Brown, détective privé de Los Angeles, aurait dû se contenter du marché passé avec un de ses amis, récupéré les voitures dont les clients ne payent plus les traites. Il en vit bien ; à quelques exceptions près c'est relativement sans danger et il est payé rubis sur l'ongle. Pourquoi avoir accepté l'offre de Freddy Baxter de surveiller sa soeur et l'homme chez qui elle habite, Sol Kupferman qui est beaucoup plus âgé qu'elle? En plus que ce client l'écoeure au plus haut point! L'appât du gain, quitter une routine un peu pesante, changer ses habitudes pour une semaine? Toujours est-il que le voilà embarqué dans une affaire pas très claire, ou plutôt trop claire, éclairée par des incendies passés et présents. Durant ses premières investigations, il découvre qu'il y a une dizaine d'années plusieurs clients avaient été brûlés dans un bar 'L'Utopie" après que trois personnes y avaient lancé des cocktails molotovs. A l'époque une quatrième personne fut un moment évoquée, mais sans suite, et les trois autres ayant été condamnées à mort et exécutées, l'affaire fut close. Or il s'avère d'après les recherches de Brown que Sol était le vrai propriétaire du bar. Mais l'entrepôt de fourrures de Sol brûle à son tour et Freddy Baxter disparaît, ainsi que le frère d'une des victimes de l'incendie de l'"Utopie" qui, lui, détient des clichés de Janet Baxter nue dans des positions équivoques. Baxter ne disparaît pas très longtemps, il réapparaît mais en cadavre, et sa mort n'a pas dû être douce et paisible. Ce décès ne sera pas, loin s'en faut le dernier!
Fritz Brown représente l'archétype du privé de roman policier. Ancien flic, il a été révoqué pour alcoolisme, mais dorénavant il est sobre et ses nombreuses connaissances des bas-fonds de Los Angles vont lui servir. Sa passion, la musique classique, ce qui n'est pas fréquent dans ce genre de roman.
Jane Baxter, après une enfance de placement de foyer en foyer avec son frère, rencontre Sol, qui devient son mécène, sans contrepartie, dit-elle. Alors pourquoi Brown retrouve t'il des photos érotiques d'elle?
Freddy Baxter, son frère obèse portant bien son surnom de "Gros Dogue". Raciste et néo-nazi, Brown découvre des photos ignobles dans son repaire, il est un des caddies les plus recherchés des golfs de Los Angeles. Enfant violent, sa passion de jeunesse était de torturer et tuer des animaux domestiques. Il fait également une fixation sexuelle sur sa soeur de huit ans sa cadette. Ce qui obligera celle-ci à s'enfuir.
Sol Kupferman, richissime fourreur, protecteur et mécène de Janet, mais son passé n'est pas si reluisant que cela. Pourtant il dédommage encore la famille des victimes de l'incendie de son bar!
Du bon et du grand James Ellroy, ce qui fait très plaisir, un roman où s'emmêlent plusieurs histoires du passé et du présent, des personnages tangibles, pas très nets mais plausibles. Une bonne intrigue, bref un bon livre de jeunesse qui remplace très avantageusement ses dernières productions littéraires.
Je suis réconcilié avec Ellroy!
Extraits:
- Une vie passée à Los Angeles m'avait appris à ne rien prendre pour argent comptant.
- Les circuits de golf, c'est paisible.
- L'hôtel Rector avait mille ans d'âge et témoignait d'un désespoir qui ne se rencontrait qu'à Hollywood.
- Mais finalement, c'est la misère qui vous bouffe.
- Il n'a connu que la haine, la colère et la mesquinerie. C'est pour cette raison que je retourne l'enterrer. Il méritait mieux de la vie.
- Je m'aperçus que je pleurais pour la première fois depuis mon enfance, lorsque j'avais découvert que les larmes ne servaient à rien.
- Brillant raisonnement. Et grâce à la gnôle, une nouvelle fois.
- Je savais maintenant : j'allais faire plus que survivre, j'allais gagner.
- Il a juste trinqué. La grosse trinque, celle dont on ne revient pas.
- Un polo à épaulette portant l'effigie d'un rock and roller du nom de Neil Young.
Éditions : Rivages/ Noir.
Titre original:
Brown's Requiem.
Autres chroniques de cet auteur :
Destination morgue.
Un tueur sur la route.

Posté par eireann yvon à 08:56 - - Commentaires [6] - Rétroliens [0]
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