Littérature d'Irlande,de Bretagne et aussi d'ailleurs

« On ne naît pas Breton, on le devient, à l’écoute du vent, du chant des branches, du chant des hommes et de la mer ». Xavier Grall.

29 octobre 2007

Festival du livre en Bretagne. Carhaix.

affiche

Un vieux blogeur au pays des vieilles charrues.

Si cela ne me rajeunit pas, cela m'a fortement réjoui. Cela m'a permis aussi d'avoir une pensée pour Glenmor, chantre de la Bretagne à une époque où cela n'est pas encore à la mode.

Si Carhaix n'existait pas, il faudrait l'inventer, car vraiment pour nous c'était l'endroit rêvé pour cette rencontre, personne n'avait plus d'une heure de route.

Et ce salon, comme me disait Hervé Bellec, c'est l'incontournable de la région et je le confirme, surtout si tous les ans, cela se passe dans cette bonne humeur et en si bonne compagnie.

Certaines participantes ou participants écrivant mieux que moi, vous décriront cette agréable journée (ensoleillée, il ne pleut pas toujours sur la Bretagne!).

Pour nous tous, le but premier était de faire connaissance et de ne plus nous borner à la lecture des blogs. Ce fut une réussite malgré la fausse ou prétendue timidité de certaines (suivez mon regard), dommage que ma payse Lucy, n'était pas avec nous.

J'ai ainsi découvert (mais cela reste entre nous, je vous le dis à l'oreille) que Sylire a perdu ses bonnes joues de petite bretonne nourrie aux galettes de blé noir!

Comme dit Delphine, que nous remercions au passage pour avoir lancé et réalisé cette rencontre, passons au salon du Livre qui était le but de ce voyage en Centre Bretagne.

Sur le parking de l'espace Glenmor (enfant du pays), de la voiture garée à côté de la nôtre est descendu Yann Venner*, que j'avais rencontré à Lorient, créateur du village de Trélouzic et de ses deux personnages hors-norme Eugène Cabioch et Fanch Bugalez. Il m'a dédicacé son dernier roman "La Disparue de Guingamp".

J'ai enfin fait connaissance de Laurent Ségalen* avec qui je corresponds depuis quelques mois, il est tel que les mails et coups de téléphone me le laissaient présager, et j'ai donc au passage acheté son quatrième livre "Délit d'initiés à Brest", suite des aventures de Gaetan Letrusel.

Ensuite j'ai rencontré pour la première fois Michèle Corfdir*, qui habite Ploubazlanec dont j'ai lu deux romans se passant dans ma région natale. Ensuite un détour pour saluer Hervé Bellec* dont j'avais fait la connaissance à Ploemeur au mois d'août.

Ensuite une plongée dans le roman noir avec la visite du stand des "Editions du Barbu"

(certaines mauvaises langues diront que c'est la solidarité des anti-rasoirs!) où j'ai retrouvé Christian Blanchard*, écrivain et éditeur et je me suis laissé tenter par "Chairs Amis", livre à ne pas mettre entre toutes les mains!

J'ai fini mes achats avec deux livres plus légers, dirions nous, "William Butler Yeats/ Seamus Heaney : "Discours du Nobel" et Jonathan Swift : "Lettre de conseils à un jeune poète". Très beaux ouvrages d'une maison d'édition rennaise "La Partcommune".

J'ai terminé ma journée littéraire en allant saluer Mikaela Kerdraon*, auteur de deux livres de référence sur Xavier Grall et Glenmor.

J'ai eu de manière fugace un grand plaisir d'entendre parler breton et de voir que les éditeurs de livres en cette langue sont toujours présents.

Je fais finir ce trop long billet en embrassant (par ordre alphabétique)

Delphine, Joëlle, Katell, Madame Eireann, et Sylvie.

Salutations amicales et sincères à Florian et Pascal.

A bientôt à tous.

Yvon

PS: Dommage que cette journée fut si courte.

* Chroniques sur ce blog.

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27 octobre 2007

Le DRIAN Marie / La cabane d'Hippolyte.

 

La cabane d'Hippolyte

Marie Le DRIAN

Note : 4

Quel numéro, cette Joséphine!

Roman datant de 2001 où déjà les thèmes familiers à Marie Le Drian étaient présents. Un double isolement, ici un village, une enclave du Sud Finistère et un isolement physique. Joséphine arrive dans cet endroit inconnu. Constante aussi, les hommes ne parlent pas beaucoup, mais les mères (surtout celle du personnage principal féminin) sont des mégères inapprivoisées!

Joséphine est "un regard" ; elle reconnaît elle-même qu'elle n'a pas su en tirer profit.

Ayant passé par correspondance un diplôme (?) la voilà enseignante, elle n'est pas faite pour ce travail et elle n'aime pas cela. Elle va d'échec en échec, en désespoir de cause, l'éducation nationale avec l'aide de l'enseignement privé (son cas est vraiment désespéré!) l'envoie dans un bourg, quelque part dans le Sud Finistère, un bourg dont personne ne sait s'il existe encore car personne ne répond! Comme si tout le monde était devenu subitement muet!

Mais que nenni! Quand elle arrive dans le village, c'est la révolution, les pouvoirs publics veulent détruire la cabane d'Hippolyte! Et les gens tiennent des discours comme Melle Julienne, improvisent des "Comités", bref cela fait du bruit dans le Landerneau (qui est dans le Nord Finistère comme tout un chacun le sait). Car la cabane d'Hyppolyte, c'est la mémoire du bourg, des dimanches après-midi d'antan, mais aussi le lieu de drames cachés.

L'héroïne Joséphine, style Pierrot Lunaire, entrée dans l'enseignement parce que sa mère le voulait, brisant un rêve d'enfance "être bibliothécaire". La diatribe de la mère contre cette idée (et contre les bibliothécaires par extension) est un chef d'oeuvre de mauvaise foi. Fréquentant assidûment la bibliothèque de ma ville, je peux en témoigner. On parle beaucoup du travail des enfants dans certains pays en voie de développement, mais trier des légumes dès que l'école est finie, dès que la mère l'ordonne, dès l'enfance, quelque part dans le Finistère, c'est pourtant le triste sort de Joséphine! Ses amours ne durent jamais au delà du vendredi soir, samedi midi au mieux!

J'aime beaucoup le portrait du père dressé par Marie le Drian, cet homme qui devient lui-même hors de la maison. Taiseux à la maison, il devient volontiers bavard au bistrot qu'il fréquente à la place de la messe, éduquant là sa fille par la même occasion.

La mère, vampire et castratrice, buveuse de cognac, sorte d'esclavagiste moderne, étonnons-nous ensuite de certains problèmes de Joséphine!

Toujours cette écriture un peu décalée, qui fait rire, mais parfois jaune. J'ai dû parfois revenir en arrière car la lecture est moins facile que dans "Attention éclaircie" par exemple. Ce qui ne paraît en début de lecture comme une oeuvre légère devient au final une histoire grave et émouvante.

J'ai découvert assez récemment cette auteur morbihannaise avec la lecture de l'oeuvre "On a marché sur la tête", ce qui m'a donné envie de lire ses romans antérieurs.

Extraits :

- Ils sont limités tous les deux. Moi aussi, je suis limitée. Dans notre famille nous n'avons pas d'envergure.

- Les familles limitées, manquant d'envergure n'ont jamais été des pépinières de professeurs, ni d'instituteurs.

- Et moi.

Le regard qui se tait.

- Pour éviter de voir la colère monter, mon père se tait.

- Sans compter que la plupart des bibliothécaires finissent vieilles filles! Tu me ferais cela à moi, ta mère, de finir vieille fille?

- Une allergie silencieuse en sorte. Après tout chacun a droit au silence de son allergie.

- Je me suis toujours demandé si ma mère ne m'avait pas inscrite dans un cours pour personnes limitées. Je n'ai jamais su.

- C'est grave le déclin des bistrots pour la vie d'une commune.

- Ainsi cette vérité absolue : au bistrot tout s'apprend.

- Il vaut mieux être isolé lorsqu'on possède une maladie intérieure.

- "Oui, c'est bon l'andouille et la purée, l'andouille donne du sentiment à la purée.."

- Il est difficile d'avouer que l'on ne pense pas. Que l'on ne pense plus.

- Ce n'est pas une cause la nostalgie?

Éditions : Julliard.

Autres chroniques de cet auteur :

Les femmes de là bas

Marie Poupée.

On a marché sur la tête.

Attention éclaircie.

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24 octobre 2007

BRUEN Ken / R&B/ Le mutant apprivoisé.

R&B. Le mutant apprivoisé.

Ken BRUEN

Note :3,5

Retord et Braque*!

Disons tout net, je n'avais que modérément apprécié les premières aventures de R&B (voirR&B/Le gros coup**), mais sur les conseils (que j'espère avisés de JML***) qui est un spécialiste du genre, je me laisse tenter.

Nous retrouvons R&B, égaux à eux-mêmes sur certains points, mais assagis sur d'autres (mais il est nécessaire de bien chercher leurs côtés assagis). Disons un peu moins ripoux peut-être, quoique!

Comme d'habitude plusieurs histoires policières se greffent les unes sur les autres. Brant, après avoir été quelque peu chahuté chez lui, part en Irlande. Sur place chez un vague cousin la bière coule à flot. Il cherche un couple de tueurs irlandais avec qui il a un gros compte à régler, ils sont aux Etats-Unis où l'homme se fait tuer . La femme demande que Brant soit chargé de sa sécurité pour la ramener en Angleterre, et voila B. à New-York où son sens de la discipline fait sensation, mais pas trop avec la charmante sergent chargée de l'aider dans ses recherches.

Le "Mutant" tueur "foldingue" est lui aussi en Amérique cherchant son ex-petite amie pour lui faire la peau.

Et à Londres, me direz-vous, eh bien, rien n'est calme. Robert apprend qu'il a un cancer de la peau, il apprend également que sa fille est enceinte, et comble de bonheur, un ami bien intentionné lui suggère que peut-être son épouse et Brant auraient pu avoir des relations plus qu'amicales!

Falls, charmante policière noire, mascotte de l'équipe est enceinte. Mais attaquée à coups de boules de billards dans un bistrot louche, elle est entre la vie et la mort.

Bref, encore un livre de tout repos. L'énigme policière n'est encore ici qu'un prétexte à une oeuvre complètement dégantée.

Adepte d'Hercules Poirot passez votre chemin, ici ce serait plutôt les poivrots associés.

Pour les personnages, n'épiloguons pas sur R&B, ils ont fait leurs preuves, pas toujours dans le bon sens, mais ne chipotons pas, à la guerre comme à la guerre.

Des truands londoniens, qui n'ont rien à envier à leurs collègues étrangers, sont croqués par l'auteur qui en dresse une galerie de portraits tout en finesse.

Encore une foule de références musicales ou littéraires, des auteurs de romans policiers comme McBain ou Leonard à Jack Kerouac, des musiciens comme Dylan, les Beatles et même Abba! Les auteurs anglais on aussi droit à un hommage (ou du moins à une citation) John Harvey et Robin Cook entre autres.

Pour l'écriture cela risque d'en dérouter plus d'un (certains y verront mêmes des brouillons). Des chapitres très courts, des phrases fignolées à la tronçonneuse, loin de certains critères d'écriture. Cela donne du dynamisme au roman mais le nouveau lecteur risque d'avoir quelques difficultés. Je persiste, je préfère la série Jack Taylor car le personnage est plus attachant et plus fouillé.

Pas sûr que ce genre de roman plaise à tout le monde, malgré un humour noir, très noir (ou peut-être à cause de cela).

Extraits :

- Quand je pense qu'on prétend que la vengeance est douce!

- Les matraques, les bâtons, les coups qui se mettent à pleuvoir sur lui. Drus, cinglants. Une vraie averse de Galway.

- Curieux marchandage, mais bon...ils étaient flics pas psy.

- Vous aimez ce qu'ils font?

Non, c'est juste que je n'arrive pas à décider lequel des deux est le plus con!

- Un croisement entre le hockey et le meurtre prémédité (Variante de l'auteur pour sa définition du Hurling)

-Tu as déjà entendu le mot "Bronach"?

Je vois bien que non..OK. Cela veut dire tristesse en gaélique, mais c'est bien plus que ça. C'est comme une blessure que tu as au fond de l'âme.

-Aujourd'hui en Amérique, on ne regarde plus les fumeurs de travers. On les descend sans sommations.

-Si vous étiez catholiques, vous ne seriez pas étonnés de voir ce qu'ils sont capables de faire, les prêtres.

-Un genre de festivité assez facile à préparer. On achète à boire pour six et on invite personne.

Éditions : Folio/ Policier

Titre original: Taming the Alien.

Autres chroniques de cet auteur pour R&B :

R&B-Le gros coup.

* pas le chien, le dingue.

** voir chronique.

***http://actu-du-noir.over-blog.com/

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21 octobre 2007

GUENANE / L'ange gardien

guenane

L'ange gardien

GUENANE

Note : 3,5

Dans une autre époque.
C'est pour moi la saison des découvertes, après ma participation au "Goncourt des lycéens", retour à des littératures plus "classiques" pour moi.Donc retour en Bretagne avec une auteure que je découvre, qui semble ne pas habiter loin de chez moi! Elle avoue s'être inspirée de la vie de son arrière-grand-mère pour écrire ce roman.Albane de Kermadec, dans l'euphorie des festivités du mariage de Napoléon III, connaît le grand amour, assez en tout cas pour être enceinte.De retour en Bretagne, elle est cloîtrée dans le manoir familial. Une fille naîtra de cet amour, abandonnée à la porte du couvent des Ursulines, le 1er novembre 1853, elle sera baptisée Camille Bertin. Nous la suivrons de l'enfance jusqu'à son mariage.A neuf ans, elle quitte le couvent pour travailler dans une ferme, un monde tout à fait différent de celui qu'elle a connu, la langue est différente, presque personne ne parle français. Le travail aux champs ne ressemble pas aux corvées ménagères d'une maison religieuse. Les gens ne sont pas les mêmes, l'éducation et le mode de vie sont à l'opposé! Mais Camille grâce à son intelligence (et à son ange gardien)ira à l'école, ce qui pour l'époque était plutôt rare, les enfants travaillant de très bonne heure.Elle partira à Rennes, trouvera du travail, fera des études, et rencontrera l'amour.Elle reverra son ange gardien qui lui donnera une bourse contenant une adresse aux environs de Quimper ; intriguée, elle s'y rendra!
Des personnages sympathiques et attachants donnent vie à ce court roman.
Camille Bertin, jeune fille fière, qui réussira à sortir de sa condition toute tracée d'employée de ferme.
Son futur mari lui aussi réussira à devenir instituteur tout en étant né dans une ferme où la langue de tous les jours est le breton.
Un dépaysement certain pour ce roman situé entre 1853 et 1873. Une époque où les problèmes de mathématique évoquaient un homme qui va à pied du Faouët à Kernascléden!
Un temps où un voyage entre le Morbihan et Rennes était une expédition.
Pas de grosse surprise dans ce roman; l'orpheline retrouvera père et mère et se mariera (un mariage d'amour en plus).
C'est très bien écrit, la Bretagne profonde et ancienne est restituée avec, il me semble, fidélité et aussi avec beaucoup d'affection.J'ai retrouvé dans l'évocation de Rennes des endroits que je connais, rue du Champ- Jacquet, place du Champ-Jacquet, place des Lices, rue de la Monnaie ou la rue de Pont-aux-Foulons, ce vieux Rennes aux maisons à colombages, si beau et si vivant.
Une dernière chose, quelques évocations de repas paysans m'ont mis l'eau la bouche.
Extraits :
- Ce mariage donnait la fièvre à toute la ville qui sentait l'absinthe.
- Le fils d'une lingère, vous n'y pensez pas!
- Nous nous arrangerons ensuite avec les remords!
- La tristesse passe, ma fille, comme le reste.
- C'est facile de briller parmi les ânes.
- Silence et solitude, ceux qui ne savent pas le sens de ces deux mots n'ont qu'à venir ici.
- Le soir, elle dévora de la bouillie de blé noir avec du lait ribot.
- Un bon repas de pauvre, quant on a bien faim, vaut un dîner de roi.
- La petite bourgeoisie marchande rennaise a des principes à ne pas bousculer.
- L'ignorance est plus facile à vivre que l'impuissance.
- Avec un peu de chance ta mère sera veuve bientôt.
- Un secret, ma chère, n'est-ce pas, une forme de mensonge?
Éditions : Blanc Silex.
Autre chronique ici

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BOLAN Gaétano / La boucherie des amants

La boucherie des amants.

Gaétano BOLAN

Note : 4,5

NO.

Premier roman de ce jeune auteur chilien né en 1969 à Arica. Il semblerait que ce livre ait été écrit en français, car je ne trouve nulle trace de traducteur. L'auteur ayant passé plusieurs années en France, cela semble possible.

C'est le premier livre chilien que je lis!

Nous sommes au Chili dans une petite ville très ordinaire, ses hommes ni plus ni moins valeureux qu'ailleurs, des amitiés de voisinage, des petits commerçants, un petit monde paisible, mais est-ce réellement le cas?

Tom est un petit garçon comme les autres, ou du moins au premier abord, mais il est aveugle. Une naissance difficile qui a coûté la vie à sa mère et lui a laissé ce handicap.

Il vit avec son père Juan, qui est boucher, la vie s'écoule lentement, dans un calme relatif avec ses péripéties journalières. Tom voudrait bien avoir une maman lui aussi.

Son père paraît pour l'instant plus occupé avec quelques amis dans de mystérieuses réunions, qui, invariablement, commencent par des complots contre la dictature en place, puis se terminent par forces libations et parties de cartes. 

Mais Juan un jour de bal va, grâce à Tom, faire la connaissance de Dolores, l'institutrice du petit garçon, la suite se laisse deviner.

L'arrivée de Dolores semble donner aux conspirateurs du soir un élan de courage dont ils semblent ignorer la portée. Des affiches sont collées sur les murs du quartier la nuit. Avec écrit dessus "NO" à l'encre rouge!

Une main anonyme dénoncera les amants. La belle histoire d'amour se terminera un matin, avec la disparition de Dolores, que plus personne ne reverra!

Juan "le colosse", personnage débonnaire, comédien un peu hâbleur, élève Tom avec tout son coeur, qu'il a très gros. Amateur de Twist, il est aimé de tout son petit monde.

Croit-il réellement que le fait de coller des affiches la nuit va changer le monde?

Dolores l'institutrice s'occupe de Tom qui l'adore et qui aimerait l'avoir comme maman! Elle n'est d'ailleurs pas indifférente au charme du boucher, ni à ses qualités de danseur. Elle sera la colleuse de l'affiche contestataire qui provoquera la répression d'un régime en fin de règne.

Tom sera le témoin et le seul rescapé de ce trio, dont l'auteur remarque :

- "Il sentit qu'il lui faudrait dorénavant être solide comme le boucher Juan pour affronter le monde et ses chimères".

Un court roman d'un peu plus de quatre-vingt pages, mais de grande qualité. D'une histoire d'amour banale, l'auteur en raison du climat politique et d'une répression sauvage, va faire un réquisitoire contre les régimes totalitaires.

Ce qui ne semblait au départ qu'une fanfaronnade nocturne entre hommes va tourner au drame.

Extraits:

- Pourtant ni l'enfant ni sa famille ne se plaignaient : la nuit devait devenir une amie.

-Il accusait la quarantaine, comme on accuse la vie de passer trop vite.

- Le boucher Juan avait ses coquetteries.

- Juan était fier ; Juan était triste ; Juan était déchiré.

- Organiser la Révolution!

Fomenter le complot final!

- Non qu'il lui parût fruste, mais il était indéniable qu'il manquait un peu de lyrisme à ses yeux.

- Juan et Dolores avaient le coeur pur.

- Nul lamento. Ainsi allait la vie à la boucherie des amants. Juan et Tom avaient un coeur pur. Et l'enfant regardait la nuit.

- L'enfant se lova comme un petit chat dans la chaleur de la jeune femme.

- De petits yeux aveugles n'ont jamais empêché personne de pleurer.

Éditions : La dragonne.

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18 octobre 2007

ADAM Olivier / A l'abri de rien.

A l'abri de rien.

Olivier ADAM.

Note :3 .

Le monde comme il va...... Mal!

Lu dans le cadre du Goncourt des lycéens. Encore une fois une découverte car je lis ce romancier pour la première fois.

Disons tout de suite que des livres que j'ai lus pour cette manifestation, j'ai une préférence pour "On n'est pas là pour disparaître" d'Olivia Rosenthal.

Un bord de mer dans le Nord, près de Sangatte, le camp a fermé, les problèmes sont restés. Un univers gris, de la pluie, du vent, l'automne peut-être ?

Marie s'ennuie, elle a perdu son travail et, comme beaucoup de gens, galère pour se reconstruire une vie sociale. Elle erre sans but dans sa maison, oubliant même les choses la plus élémentaires, les activités de ses enfants par exemple! Le souvenir de sa soeur Clara morte dans un accident lui revient, leur jeunesse et ce qu'elle est devenue, elle Marie.

Elle croise par hasard des clandestins qui espèrent l'Eldorado anglais, ombres fugitives ne vivant que de la charité de quelques associations caritatives ou de bénévolat. Marie s'engage dans ces actions humanitaires, mais elle n'est pas capable ou ne veut pas se fixer de limites.

Peu à peu, elle néglige ses enfants, donne des vêtements, met son couple en péril et se coupe aussi de son voisinage.

Sa famille devient la victime de médisances, son mari ne supporte plus les railleries dont il est l'objet, Marie persiste et signe.

Elle donne tout, ruine son foyer pécuniairement et affectivement!

Mais malgré sa bonne volonté, certains dangers sont là bien réels, pour des hommes poussés aux dernières extrémités.

La démesure du personnage de Marie à mon goût retire de l'intérêt au livre ; son investissement personnel est hors de proportion avec son mal de vivre, elle se perdra, mais entraînera son mari et ses enfants dans son désir de bien faire. Stéphane, son mari, paraît dépassé. D'ailleurs tout le monde le serait, il me semble, dans un cas comme celui-là, malgré tout il lui reste une once d'amour pour soigner et aimer encore Marie, mais n'est-ce pas trop tard!

Lucas et Lise, les enfants, seront les premières victimes des commérages et de la bêtise des gens, pauvres victimes innocentes.

Je comprends mieux l'engagement Isabelle. Elle est seule, son mari et son fils sont morts dans un accident de camion, alors elle accueille des réfugiés dans sa maison. Son court séjour en prison ne nuira à personne, mais elle quittera la région. Ainsi va le monde!

J'aime l'écriture mais ce livre me m'a pas particulièrement enthousiasmé, en tout cas moins que les critiques que j'ai parcourues de droite et de gauche. L'atmosphère de désolation (je ne vois pas d'autre mot) de ces hommes que le destin a jeté là est très bien rendue. On ne peut qu'être ému par cette tragédie humanitaire, mais le personnage de Marie me semble absolument immature et son comportement trop déraisonnable pour être crédible.

Une belle écriture pour un livre qui m'a déçu.

Extraits:

- Le labyrinthe des rues aux noms d'arbres absents

- Un barbecue portatif qui n'avait jamais servi, faute de bois, faute de charbon, faute de soleil, faute d'envie.

- Sa maison c'était la notre à l'envers, son reflet dans un miroir.

- Je n'ai rien fait, comme d'habitude. Je n'ai jamais su.

- Souvent je repensais aux copines de ce temps-là, à ce qu'elles devenaient.

- Trois jours plus tard elle mourait. J'en suis tombée à la renverse. Je crois que je ne m'en suis jamais vraiment relevée.

- Je crois qu'au fond je suis comme tous ces gens qu'on a ramassés à la petite cuiller un beau matin.

- Incapable de prendre moi-même mes décisions ou d'assumer mes actes.

- Ici à l'abri des maisons, et partout ailleurs en France, toutes les vies se ressemblent.

- C'est Stéphane qui m'a ramassé. Une fois de plus, c'est lui qui était là et lui seul.

Éditions : Éditions de l'Olivier.

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17 octobre 2007

"Goncourt lycéens"

Voilà, la réunion avec les lycéens est finie! Vivement la prochaine!

Très sympathique et j'ai trouvé que tout le monde était intéressé par les livres dont on parlait, ainsi que par la bonne marche de cet entretien.

Nous étions environ six ou sept non enseignants, par contre je n'ai aucune idée du nombre de lycéens participants mais je pense une bonne trentaine (selon les forces de l'ordre, deux cents selon les organisateurs!).

Nous étions séparés en trois tables avec deux ou trois livres en débat. N'ayant lu que 3 de ces romans, je n'ai pas participé à toutes les causeries.

Une majorité se dessine, et c'est tout à fait normal pour "No et moi" de Delphine Vigan . Mais pratiquement tous les livres ont été lus ; donc les opinions étaient très contrastées et surtout très intéressantes. D'après ce que j'ai pu entendre, Philippe Claudel a quelques partisans et Amélie Nothomb n'aurait eu qu'un succès d'estime, mais comme ces discussions étaient sur d'autres tables je n'en mettrais pas ma main au feu.

Pour ne parler que des livres que j'ai lus, j'ai été très agréablement surpris par la maturité de quelques intervenants en particulier pour le livre d' Olivia Rosenthal "On n'est pas là pour disparaître" qui a été plusieurs fois lu, malgré le thème qui n'est pas forcément un sujet que j'aurais personnellement abordé à cet âge-là. Reconnaissons qu'à cet âge-là, mes seules lectures étaient San-Antonio!

J'avais fini dans l'après-midi, donc j'en parlerais plus tard dans la semaine "A l'abri de rien" d'Olivier Adam, et le personnage de Marie a réellement créé des discussions très argumentées et pas toujours flatteuses..

De mon point de vue personnel, j'ai trouvé que "No et moi" et A l'abri de rien" avaient beaucoup de points communs, livres sur les contradictions de notre société, la défense maladroite, mais sincère de ces femmes impliquées qui avaient toutes deux également perdu une soeur, mais qui au final ne changeront rien au fait que le monde ne tourne pas rond.

Une fois que les principaux intéressés (les lycéens) se sont retirés, les adultes ont continué les discussions, évidement.

Je pense que mon amie Joëlle, qui n'était pas à la même table que moi, complétera mon témoignage.

A bientôt.

Yvon

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13 octobre 2007

De VIGAN Delphine / No et moi.

No et moi.

Delphine de VIGAN

Note : 3,5

No future!

Un roman lu dans le cadre du "Goncourt des lycéens". J'entends déjà les mauvaises langues dire que j'ai largement passé l'âge, mais ce n'est pas grave.

Une jeune fille de 13 ans au QI impressionnant, lance au hasard (et pour ne pas perdre la face dans sa classe) à son professeur qu'elle va faire un exposé sur les SDF, en interviewant une jeune fille dans la misère.

Elle rencontre No à la gare d'Austerlitz et gagne petit à petit sa confiance. Elles vont boire ensemble, se confient l'une à l'autre.

Nolwen est le fruit d'un viol collectif, sa mère Suzanne avait dix sept ans. Elle a vécu chez ses grands-parents, puis à l'âge de sept ans, à la mort de sa grand-mère, elle retourne vivre avec sa mère et l'homme avec qui elle vit. Sa mère la déteste toujours, mais son compagnon est gentil avec l'enfant. Un jour lassé, il partira, laissant Suzanne qui commencera à boire. Nolwen vivra de foyers en familles d'accueil. Puis ses nombreuses fugues l'amèneront dans la rue.

Lou a par comparaison une vie plus normale, elle fut même heureuse, malgré sa maturité intellectuelle, qui la mettait un peu en dehors des jeunes de son âge. Le bonheur aurait pu être parfait, si la mort d'une petite soeur n'avait plongé sa mère dans un état de grande dépression.

Elle part pendant plusieurs années suivre des études à Nantes, dans une école spécialisée pour enfants précoces. Elle revient à Paris, cette fois dans un cycle scolaire classique, tout en étant de plusieurs années la plus jeune de la classe.

Elle est amoureuse de Lucas, mais s'investit énormément vis a vis de No.

Elle obtient de ses parents que No vienne vivre avec eux.

La joie de vivre revient chez les Bertignac, No trouve du travail......

Lou Bertignac, surdouée pour les études, sous-douée dans la vie courante, capable de prouesses intellectuelles, mais incapable de lacer ses chaussures. Elle souffre de solitude, pensant que sa mère ne l'aime plus. Elle est la plus jeune de la classe et n'a pas les mêmes priorités que ses camarades. Inconsciemment elle pense que No va remplir ce vide.

Nolwen, enfant pour le moins non désirée, est de par ses expériences vieillie avant l'âge. Elle semble haïr sa mère, mais au moins une fois, elle éprouvera le besoin de tenter de lui parler.

Lucas Muller vit pratiquement seul, père parti au Brésil, mère qui refait sa vie.

Ses parents se manifestent par des chèques, un frigo rempli et une femme de ménage qu'ils payent pour passer quelques fois par semaine.

Trois solitudes d'adolescents, à des degrés divers et à un des moments cruciaux de leur vie.

L'écriture est très agréable, facile, un livre qui se lit avec plaisir. L'auteur enfin il me semble, décrit très bien le monde des sans-abris et leurs lois non écrites. Elle rend également bien le monde de Lou, famille bourgeoise anéantie par la mort d'un enfant.

Un bon livre sans lacunes flagrantes, mais sans l'étincelle qui en aurait fait un grand livre.

Extraits:

- J'étais toute petite : j'avais des petites jambes, des petites mains, des petits yeux, des petits bras, j'étais une petite chose qui ne ressemblait à rien.

- Un dimanche matin, j'ai entendu le cri de maman, un cri que je n'oublierai pas.

- Dehors, elle n'est rien d'autre qu'une proie.

- Il y a cette ville invisible, au coeur même de la ville.

- Les chiens on peut les prendre chez soi, mais pas les SDF.

- La vie en mieux ou en catastrophe, ça dépend des fois.

- Contre ça, elle ne peut rien. Pas d'adresse, pas de boulot. Elle a abandonné.

- Elle revient de territoires invisibles, et pourtant si proches de nous.

- Alors, je chasse les mots loin de moi.

- C'est ça qu'il faut que tu comprennes, je serai jamais de ta famille.

- Le problème c'est qu'elle est unique, parce que je l'ai apprivoisée.

- J'aimerais faire vingt centimètres de plus et savoir me fâcher.

Éditions : J.C.Lattès

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12 octobre 2007

ROSENTHAL Olivia/ 0n n'est pas là pour disparaître

On n'est pas là pour disparaître.

Olivia ROSENTHAL

Note : 4

Docteur A. et Monsieur T.

Encore une auteure que je découvre ce qui est normal, j'ai de très grosses lacunes en littérature française!

Monsieur T. un matin poignarde son épouse, question unique : pourquoi? Or il est incapable de répondre de manière cohérente! Le diagnostic du corps médical est le suivant : crise de démence due à la maladie d'Alzheimer. Commence alors un long récit de la vie de Monsieur, de son présent et de son passé pour tenter de trouver une explication à son état. Nous le suivons dans son parcours de malade d'hôpital en maison de retraite, nous côtoyons également des personnages qui sont aussi parfois des narrateurs. Sa fille, ou du moins une de ses filles, qu'il confond avec son épouse, ce qui entraîne des situations équivoques et des réactions parfois ambiguës de cette fille aînée. Son épouse également vient le voir, se posant elle aussi la question : pourquoi et comment peut-on en arriver là?

Monsieur T. lui même cherche dans un amalgame de pensées éparses et décalées les raisons profondes des ses faits et gestes depuis des années. L'Amérique, son rêve inassouvi, le suicide de sa soeur, son premier mariage, ses trois filles et son divorce. Il repense à son envie ce tragique matin de vendre la maison, mais il poignardera son épouse!

L'auteur s'invite également dans son livre, est-ce un peu une histoire familiale ou alors vécue?

Parfois, en supplément nous avons droit à un historique de cette maladie. Les relations entre les différents médecins à l'origine de cette découverte ne sont pas excellentes, ce qui complique encore le récit. Car Alzheimer n'était pas particulièrement ravi ou du moins ses descendants que leur nom soit presque devenu un nom commun.

- Les seuls qui portent le nom du fameux médecin sont les malades. On les appelle familièrement les Alzheimer.

Tout est ardu dans ce livre, l'histoire, la maladie, le style de narration. On a la nette impression que l'auteur veut nous persuader, nous lecteurs, que nous souffrons de la maladie d'Alzheimer. La page 60 par exemple (bon, c'est un trois-quart de page d'accord) commence par la phrase suivante :

«Je vais faire la liste de toutes les maladies qui portent le nom d'un médecin......»

Déjà avoir plusieurs narrateurs n'aide pas, à mon goût, à la compréhension de ce livre, et pour couronner le tout, les comptes-rendus des médecins suivent un ordre décroissant. Les prescriptions commencent en 2006 et se terminent au début de la maladie en 2000.

Un roman pas facile d'accès mais intéressant, une manière plus classique d'écrire l'aurait rendu plus accessible ; à moins que l'auteur se soit ingénié à brouiller les cartes!

Une oeuvre qui pour le lecteur se mérite.

Extraits :

- Si l'on se projette un tant soit peu dans l'avenir, il n'y a en effet aucune raison d'être particulièrement optimiste.

- Toi là

tu es là

tue là.

- Les écrivains sont souvent superstitieux.

- Je ne suis pas ta femme, papa, je suis ta fille.

- S'il y avait moins de médecins, certaines maladies ne porteraient pas de noms. On ne les connaîtrait pas.

- La fidélité à notre histoire est à ce prix.

- J'ai un trou

est-ce que j'ai vendu la maison?.

- Écrire sur la maladie de A. est par nature voué à l'échec.

- Il faut du temps pour rentrer dans la tête d'un malade de A. pour cesser de ne voir là qu'une déchéance.

- Si on n'éprouvait pas en même temps des déficiences, la maladie de A. serait la maladie des conquérants.

- D'être un homme

c'est trop compliqué.

Éditions : Verticales.

Posté par eireann yvon à 08:22 - Littérature française - Commentaires [10] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

11 octobre 2007

SALVAYRE Lydie / Portrait de l'écrivain en animal domestique.

Portrait de l'écrivain en animal domestique

Lydie SALVAYRE

Note : 2,5.

Écrivain perdu avec collier.

Une plongée dans l'inconnu avec ce livre de cet auteur d'origine espagnole qui a écrit une quinzaine de romans que je découvre donc avec cet ouvrage.

Une femme fauchée accepte de devenir l'écrivain officiel d'un riche homme d'affaires, le roi du hamburger! Vivre de son art, soit mais quand les dernières liquidités des droits d'auteur sont dépensées, que faire? Dire oui à une offre difficilement refusable et devenir la plume ou plutôt le scribe obéissant d'un homme qui cherche un portrait flatteur de lui-même. Tous les deux sont issus des classes ouvrières, d'où le raccourci tentant, l'un a réussi, l'autre, l'artiste, qui vit de faux semblants, d'imaginaire, d'idées parfois brillantes. Mais pour qui tout ce qui brille n'est pas or.

L'écrivain est très vite pris entre deux désirs, la fuite pour tenter de sauver son âme et une certaine dignité et une envie de prolonger cette vie luxueuse qui lui est offerte. Certains soirs, la tentation de partir est présente, mais un retour à la case départ à sa vie d'avant lui fait redéfaire ses valises! Sa solitude, certains amis ne lui pardonnent pas cette trahison, revivre dans un appartement triste, un côté un peu vénal. Elle a également une certaine amitié pour Cindy, l'épouse du milliardaire, mais ce sentiment est aussi un alibi pour se donner bonne conscience.

Jim Tobold, homme d'affaires autodidacte, conquistador des temps modernes, est lancé à la recherche de son Eldorado. Mais sous son côté froid et dur, un être qui doute sûrement, sinon pourquoi ce livre comme une justification pour les autres? Ou alors une rédemption à moindre frais. Mais tout être humain porte en lui une faille invisible légère ou très profonde que l'argent ne peut effacer.

Ce qui m'a frappé relativement rapidement dans ce livre, c'est le double vocabulaire, style moine et soldat. Les références religieuses, je suis le Prophète, mon Evangile, les ténèbres, la rédemption, l'accomplissement. Mais pour la soif de conquête, l'église et le fast-food même combat.

L'auteur fait lucidement le point sur toutes ses petites lâchetés (qui sont les nôtres également tout au long d'une vie). Elle le fait parfois avec humour, souvent avec regret.

Ce que j'ai moins aimé, trouvant cela un peu gratuit et inutile, c'est la liste des personnalités que l'on croise au fil des pages (de Niro, Sharon Stone ou Bill Clinton etc).

Dommage que l'histoire dérape dans les dernières pages, le final tournant carrément à la farce.

Une lecture facile mais qui ne laissera pas un grand souvenir une fois le livre fermé,

Extraits:

- Soit dit à ma honte, je m'écrasais, pour le dire avec des mots simples.

- Elle va écrire mon évangile, et il fit le geste de tracer une croix en ma direction.

- Ils étaient douze à siéger. Treize avec Tobold. La Cène au grand complet.

- J'étais lâche.

J'en prenais l'habitude (pas encore le goût).

- Je crois même que je n'étais jamais tomber si bas.

Un paillasson

- En un mot, je croyais pouvoir négocier avec moi même.

Je m'abusais.

-Toblod aimait à corréler ses performances sexuelles et ses prouesses financières. Les unes, affirmait-il, sont à proportion des autres. Et réciproquement.

- Monter une affaire, dit-il, c'est descendre des gens.

- Dans la journée Tobold est un monstre de froideur. Un monstre d'inquiétude la nuit.

- Plus le temps passait, plus je prenais goût, je le confesse, au luxe.

Et plus je me laissais prendre à ses prestiges.

- Il élimina tout ce qui était éliminable, et surtout la beauté, quelle pitié.

Éditions : Seuil

Dans le même style, mais en beaucoup plus noir, l'excellent livre " Déluge*" de Karen Duve, où un écrivain accepte de transcrire les mémoires d'un gangster notoire, ce qui ne s'avère pas être une bonne idée.

*(voir chronique)

Posté par eireann yvon à 13:59 - Littérature française - Commentaires [8] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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