Une rose à Manhattan.
Géraldine MAILLET.
Note : 4 / 5.
Un bouquet!
Premier roman de cette dame, il semble avoir été suivi de plusieurs autres. Honnêtement je ne sais pas trop où je m'aventure ; "thriller romantique" dit le quatrième de couverture! Un court roman sur le mal de vivre pour deux personnes avec des secrets et drames dans leurs vies respectives.
Une femme, Elfie, quittant Paris et son passé pour New-York. Grande et belle femme de 27 ans, elle est seule, sa mère est morte depuis quelque mois. Sa mère et ses clients réguliers, elle gardant la boutique d'antiquité. Le bruit, les murs qui tremblent. Passeport en main, avec son seul trésor, elle fuit sa vie parisienne pour, pense-t-elle, "Gommer l'innommable". Aux Etats-Unis, elle pense retrouver une amie hollandaise Teneke et Jacques, l'homme qui a aimé sa mère, mais qui s'est lassé de ses frasques. Son but, repartir de zéro!
A New-York également, un écrivain en panne sèche, Edward, tente de se reconstruire, il n'a plus écrit depuis quatre ans, sa chute est lente, mais progressive, l'alcool est son seul but, mêmes quelques femmes de passage, de plus en plus décaties comme lui, ne l'incite pas à retrouver l'envie de vivre. Son agent, la seule personne n'ayant pas coupé les ponts, lui a trouvé un passage à la télévision pour la sortie prochaine d'un film tiré d'un de ses romans. Cette soirée sera un fiasco, mais donnera à Edward la volonté de redresser la tête.
Un objet perdu par l'une et retrouvé par l'autre, les amèneront à se chercher.
Elfie espère beaucoup de sa nouvelle vie, mais certaines choses de la vie courante la paniquent complètement, on se demande parfois si elle n'est pas petit à petit en train de sombrer dans la démence. Quel est ce drame secret qui la hante?
Edward, semble être le prototype même de l'écrivain maudit, on sent un drame un jour dans sa vie ; de la gloire et de la richesse, il ne reste rien que des matins douloureux, des femmes, des "gueules de bois" monstrueuses, des femmes de passage et un studio crasseux.
Paul, l'agent d'Edward, sexuellement ambivalent, mais qui commence à être un peu à court de liquidité et qui aimerait bien qu'Edward dessaoule et écrive de nouveau. Ne serait-ce que pour son train de vie personnel à lui, l'agent également habitué à un certain luxe.
Teneke, l'amie de longue date, ex-hippie, est comme une grande soeur pour Elfie, personnage de passage, elle donnera un peu de joie à Elfie et à ce livre.
Un personnage pour un chapitre fait que l'action se déroule sur deux niveaux jusqu'à ce que l'on prévoyait depuis le début, la rencontre entre les deux protagonistes du roman.
Un livre très intéressant, bien construit dont l'intérêt ne faiblit pas, bien au contraire. Une bien agréable découverte, que ce roman à la conclusion étrange.
Je pense relire cet auteur à la prochaine occasion.
Extraits:
- A New-York, elle pourra agir et en finir.
- Autant boire pour s'oublier. Oublier tout ce qu'il cache.
- Elle les hait, tous autant qu'ils sont. Elles les haïra toute sa vie.
- Elle ne quitte personne, elle ne retrouve personne.
- Il monte pour une descente aux enfers.
- Il a tout du mort vivant qui peine à mourir ou à vivre.
- Ses maux ont encore le dernier mot.
- Encore un de ces jours où il regrette de ne pas travailler dans le porno.
- Allait-elle partir en voyage? Elle revenait en tout cas de l'enfer.
- Elle est si proche. Il se sent bien.
- Elfie va mourir. Non. Elle veut mourir.
- L'homme marche.
Le femme marche.
Leurs destins se suivent.
Éditions : Flamarion.(1999)