Allez simple pour Trélouzic.
Yann VENNER.
Note : 3,5 / 5.
Estuaire fatal!
Second roman pour cet auteur natif de Saint-Brieuc après "Black Trélouzic". On prend les mêmes et l'on recommence. Je vous livre l'intégralité de la préface:
-"A Louis Guilloux, Armand Robin, ces deux écrivains héroïques qui auront pétri de leurs mains la chair et l'âme d'Armorique." Bravo pour cet hommage.
Fanch a du vague à l'âme, faute de vagues justement, son bateau est "désarmé" par des lois "zéropéennes", fini la pêche ; alors il ne lui reste plus qu'à faire le pseudo-gondolier dans l'embouchure du Trieux. Et son vieux pote Eugène lui est à l'hôpital, rendant à moité folle les infirmières, faisant gaffes sur gaffes et surenchérissant sans malice à tous les coups. Mais survient un oiseau charmeur, sous les traits d'une québécoise charmante surnommée dans son pays "La mésange de Saskatoon". Joignant l'utile, un concert à Rennes, et l'enregistrement d'un disque, à l'agréable, elle aimerait connaître le pays de ses ancêtres, la jolie Gwendoline Le Morvan. Elle ne marquera pas de chevaliers servants, mais également de gens ne lui voulant pas forcément que du bien! Alors qu'elle file le parfait amour avec Fanch, une lettre ancienne d'un de ses ancêtres lui parle d'un triple meurtre dont furent victimes des membres de sa famille.
Et voilà Bugalez Holmes et Cabioch Watson en pleine enquête!
Pour les personnages, honneur aux dames et à notre amie québécoise : Gwendoline, tel Jack Kerouac, est à la recherche de ses ancêtres bretons. Son statut de chanteuse et sa plastique plus qu'agréable, feront que beaucoup de la population mâle de la ville, verrait bien sa statue à la place du monument aux morts.
Fanch Bugalez et Eugène Cabioch dit "La Brebis", ne se présentent plus, ou alors d'une manière sommaire, "anars", bons vivants un peu buveurs et très anti-curé, et détectives amateurs, ce qui nous intéresse.
D'Edith l'infirmière en manque d'homme au gendarme Stereden qui pense que les neurones se reconstituent par absorption d'alcool, des seconds rôles pas toujours aidés par la nature, je ne citerais personne (ou plutôt j'en citerais de trop pour ne pas en oublier).
Malgré d'indéniables qualités surtout dans l'intrigue, ce livre m'a lassé pour son humour trop répétitif. Et également par le côté caricatural de certains propos (tous les gendarmes sont alcooliques et votent Le Pen, par exemple). Ce qui retire le côté distrayant de ce genre de livre et devient à la longue pesant comme des Loukoums après un Kig ar farz!Extraits :
- S'est insinuée en lui une liqueur noire, visqueuse ; une humeur sombre qui le fait souffrir.
- "Quarante ans, c'est la vieillesse de la jeunesse ; cinquante ans, c'est la jeunesse de la vieillesse."
- On lui avait proposé la botte, oui, mais de là à épouser l'Italie entière, faut pas rêver.
- Tout le monde a ses chances dans la loterie de l'amour. Surtout quand il est aveugle.
- Albert est content! Va y'avoir du spectacle, des jupettes et des Parisiennes!
- Restait à savoir qui des deux était le chat!
- Mais regarder et mater les filles, ça il le sait, il y a droit!
- C'est un grand philosophe et aussi un filou.
- Voulant savoir pourquoi tous ces saints bretons ont ainsi pu donner leurs noms à tant de communes, Plounez, Plourivo, Plouezec. Et Paimpol qui désigne la tête de l'étang, vieux mot breton.
- Dans de telles soirées, il n'y a jamais de héros, uniquement des frères.
- "On vit une époque où même les vaches folles ne savent plus vers quel saint se tourner".
- Qui oserait dire que le Breton est fataliste?
Éditions : L'Ecir.
Autre chronique de cet auteur :
Black Trélouzic.