Littérature d'Irlande,de Bretagne et aussi d'ailleurs

« On ne naît pas Breton, on le devient, à l’écoute du vent, du chant des branches, du chant des hommes et de la mer ». Xavier Grall.

06 juin 2007

KAVANAGH Patrick / L'Idiot en herbe.

L'idiot en herbe

Patrick KAVANAGH

Note : 3,5

A une Irlande révolue.

Patrick Kavanagh (1906/1967)est connu comme poète et surtout pour son oeuvre "La grande famine", longue poésie réaliste sur la vie dans la campagne irlandaise. Un roman de cet auteur est disponible en français "Tarry Flyn" chez le même éditeur. Il a toujours dans la poésie irlandaise représenté une certaine rusticité à l'opposé d'un Yeats par exemple.

C'est dur de naître à Mucker*, et comme si cela ne suffisait pas de passer en plus pour l'idiot du village. Et pourtant il y en a des choses à raconter!

Son enfance se passe dans l'humble maison familiale entre un père cordonnier, accordéoniste et une mère de vingt ans la cadette de son mari. Parfois passaient des ouvriers itinérants qui travaillaient quelque temps à la maison.

Et puis vient le temps de l'école, les coups de baguette sur les mains.

Puis celui de la Guerre, la soi-disant grande, celle de 1914. Ces années marquèrent la fin des cordonniers itinérants, mais également la disparition des mendiants, ces personnages des campagnes irlandaises.

Les paysans s'enrichirent, la vie continuait, les courses de chevaux étaient toujours très appréciées. Les jeux et paris de toutes sortes également. Bref, une jeunesse parmi des gens de la campagne, malins, filous, et peu enclins à la discipline.

Paddy découvre la poésie et l'amour pur et chaste par l'intermédiaire d'une institutrice, mais garçon oblige, il fait aussi le coup de poing.

Ensuite les années de guerre contre l'occupation anglaise, l'indépendance, mais une certaine misère, les foires à l'embauche, le départ pour de longs mois.

Cordonnier-paysan comme son père pendant un temps, l'écriture lui permettra de quitter cette vie qu'il décrira si bien.

L'écrivain est le personnage principal, et cela semble normal de cette autobiographie. Il finit sa vie de manière bien triste, victime d'un cancer, il intente un procès à un journal, le perd et se fâche avec la plupart des écrivains de l'époque. La maladie et l'alcool ont eu raison de lui.

Une écriture de haute volée, poétique évidemment. Un bon récit qui se laisse lire, mais qui tombe, comme souvent dans ce genre d'ouvrage, dans une certaine facilité.

Extraits:

- Les gens ne voulaient pas d'un poète, ce qu'il leur fallait avant tout c'était un idiot du village.

- Toucher aux outils de cordonnier rangés sur le banc était considéré dans le métier comme le plus exécrable des crimes.

- Les gens d'Irlande n'oublient jamais qu'ils doivent mourir. Même devant une maison neuve, à peine habitée, il y a quelqu'un pour envisager l'ultime déménagement.

- Cette personne s'appelait Bashford. Orangiste il n'aimait pas les Plunket de Rocksavage qui étaient catholiques.

- La beauté, la beauté éclatait de partout, et nous autres nous ne pensions qu'à l'argent.

- Ces gens-là ne manifestaient pas un bien grand attachement aux bonnes moeurs. La paroisse comptait non moins de six cafés et autant d'enfants naturels que légitimes.

- Tu lui ressembles en tout : gros nez, grosse voix, et bête.

- Je me mis à vouloir être plus âgé, comme maintenant, je voudrais être plus jeune.

- La boutique d'un cordonnier est un jardin de philosophie.

- Comparés aux "Free Staters**", les "Blacks & Tans" étaient des gentlemen.

- Je retournais en Irlande. La verte, la chaste, l'idiote Irlande.

Éditions : Terre de Brume.

Si mes calculs sont bons, ceci est ma 150eme chronique irlandaise.

*Mot gaélique dont la signification, édulcorée et polie, est le lieu où l'on élève des porcs.

** Militaires de l'Etat Libre d'Irlande.

Posté par eireann yvon à 09:09 - Littérature irlandaise - Commentaires [9] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Commentaires

Je viens te voir car tu m'as laissée un commentaire sur le livre "Obéir" et c'est drôle car je pensais à toi car je voulais voir si tu avais fait un article sur le livre que je suis en train de lire, c'est un roman policier "typiquement breton" c'est des bretons perdus dans mon limousin qui m'ont demandée d'acheter "les enquêtes de Mary Lester" (je bosse dans une bibliothèque)j'ai acheté quelques titres et je termine "ca ira mieux demain" franchement en lecture de détente je trouve ça très bien et je vais en lire d'autres pour me faire une opinion plus sûre.
Ca fait longtemps que je n'étais pas venue sur ton blog et il y a des lectures intéressantes et tu vois je vais noter ce titre j'aime bien ce portrait d'écrivain-coordonnier. A bientôt.

Posté par nina, 06 juin 2007 à 23:46

Paddy

Franchement, Yvon, ôte-moi d'un doute : tous les Irlandais s'appellent Paddy ? C'est le diminutif de Patrick ? ou....? @ +

Posté par aria, 07 juin 2007 à 01:51

Policiers!

Bonjour Nina,
Je ne suis pas un fan de "Mary Lester" pour les polars bretons. Je te recommande vivement Hervé Jaouen, Laurent Ségalen et Michèle Corfdir.
Je connais moins les autres, mais tu trouveras des chroniques pour les trois auteurs nommés plus haut.
Il y a en Bretagne une grosse production de romans policiers mais de qualité très inégale.
Pour Patrick Kavanagh, ayant moi même fabriqué des chaussures sur mesure ou orthopédiques pendant près de 40 ans, je n'étais pas dépaysé dans l'atelier!
A bientôt.
Yvon

Posté par Eireann yvon, 07 juin 2007 à 13:41

Paddy!!!!!!

Bonjour Aria,
"Paddy" est le diminutif de Patrick, mais aussi le diminutif très péjoratif employé par les anglais pour nommer les irlandais en général et les travailleurs irlandais en particulier.
A bientôt
Yvon

Posté par Eireann yvon, 07 juin 2007 à 13:42

Merci pour ces renseignements. Je voulais savoir si tu avais fait un article pour "la peau froide et aussi pour "une chute si lente" qui sont dans ta liste sur la littérature d'europe. bonne soirée et à bientôt

Posté par nina, 08 juin 2007 à 00:06

Rajouts!

Bonjour Nina,
Pour la littérature policière de Bretagne deux écrivains que j'avais oubliés : Jean-François Coatmeur et Claude Bathany avec "Last Exit to Brest".
Pour trouver les livres avec chroniques, je mets une * après le nom du titre, donc pour "La peau froide", je l'ai lu (et bien aimé), mais pas commenté.
Pour "Une chute si lente", je ne l'ai pas encore lu.
A bientôt.
Yvon

Posté par Eireann yvon, 08 juin 2007 à 22:33

Merci pour tous ces renseignements, "La peau froide" c'est un de mes livres coup de coeur, moi j'ai fait un article mais je ne trouve pas de blog qui en parle !! Bon week-end.

Posté par nina, 08 juin 2007 à 22:49

année de naissance

Il est annoncé sur d'autres sites que Patrick Kavanagh est né en 1904 décédé en 1967 et non en 1906 - 1967

Posté par marchal F., 17 décembre 2007 à 14:53

Idiot!

Bonjour Françoise.
C'est moi qui ai l'air d'un "idiot en écriture", j'ai sur ce coup-là uniquement recopié les dates de la couverture du livre sans chercher plus loin. Je ne recommencerai plus!!!!!!
Désolé.
A bientôt.
Yvon

Posté par Eireann Yvon, 18 décembre 2007 à 09:12

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