Littérature d'Irlande,de Bretagne et aussi d'ailleurs

« On ne naît pas Breton, on le devient, à l’écoute du vent, du chant des branches, du chant des hommes et de la mer ». Xavier Grall.

27 mai 2007

PRILLEUX Frédéric / Mes chers voisins.

Mes chers voisins
Frédéric PRILLEUX (coordinateur)
Note : 4 / 5.
Voisins de "pas lier".
Même contexte que pour "Billets brûlés". Dix écrivains : Chawki Amari; Pierre Chaffard; Pascal Garnier; Françoise Guérin; Moussa Koaté; Nadine Monfils; Anir Ozikhan; Colin Thilbert; Jean-Christophe Tixier; Emmanuelle Urien. Un sujet, le voisinage et en chef d'orchestre Frédéric Prilleux.
Heurts et malheurs du voisinage, qui n'a pas un jour eu marre de son ou de ses voisins! Pas au point de les tuer (quoique!) pourtant certains franchissent le cap, pour une raison ou pour une autre.
Quand dans un immeuble de standing d'Alger (ou d'ailleurs, d'ailleurs!),les voisins meurent les uns après les autres, des étages inférieurs aux étages supérieurs, arrêtons de parler de coïncidences! Faut pas réserver un chien de sa chienne à ses voisins, même si le mari est ignoble et que le chien n'a pas besoin d'un tourne disque "La voix de son maître" pour se faire entendre. La victime ne sera pas celle que l'on pense. C'est le triste constat que dresse Pierre Chaffard dans la grinçante nouvelle "Un de Plus, une de moins". L'humour noir est au rendez-vous.Vous êtes écrivain dans une chambre d'hôtel, tranquillement vous décrivez une scène de crime, mais un de vos voisins exécute, à quelques détails près, le dit-crime, qui en est l'auteur? C'est la question épineuse de "L'un dans l'autre".Paris 1937, deux adolescentes, un étudiant, bien des années après que reste t-il de cette amitié? La solution se trouve dans "Les nattes", un magnifique texte par Francoise Guérin. Un homme, le seul, c'est du moins ce qu'il pense, et des cancrelats, quelle solitude tragique! Cette histoire nous est racontée par Mossa Konaté.Les personnages sont ni plus ni moins bêtes que la moyenne humaine. Dans un cadre bucolique, ils seraient peut-être charmants, doux et agréables, mais la promiscuité les rend méchants. Regardez ce brave homme, il supporte tout, il déménage quand cela devient invivable, il tuera pourtant un de ses voisins. Une femme aussi déménage, mais son amant n'apprécie pas la chose (le déménagement)!Par amour un homme ne pourra se débarrasser de son fils mort. Ou alors, que faire quand vis à vis de votre voisin un peu dragueur, vous vous défendez. Le problème est qu'il en meurt! Votre seule aide possible est la rate (femelle du rat) de votre petite fille que vous avez en pension!Un concierge qui à force de manier des poubelles devient une ordure, mais pour lui l'affaire n'est pas forcément dans le sac!
Un garçon fixe tous les jours une porte, elle finit par s'ouvrir, mais cela coûtera la vie à la personne qui a ouvert!
Des écritures et des styles différents, c'est ce qui fait souvent le charme de cette collection. Différence également de lieux et de motifs.
Mais que de surprises dans ces nouvelles excellentes (sauf pour certains personnages pour qui les fins ne sont pas joyeuses!).
Pour parodier les Rita-Mitsouko, "Les histoires de voisinage finissent mal en général".
En passant à la médiathèque, j'ai vu des affiches pour la semaine du voisinage. Je vais y réfléchir!
Extraits :
- Les trois premiers sont des coïncidences. Le troisième est un meurtre.
- En dernier recours, j'interroge l'oracle des temps modernes. Sa majesté le Net.
- Son long corps de liane dont elle était si fière, enroulée dans un pseudo tapis persan, ne présentait à présent guère plus d'intérêt qu'une crêpe Suzette à la fin d'un repas trop copieux.
- Face à elle, je me sentais empruntée et sans attrait, une pauvre fille sur qui les regards ne se posaient jamais.
- Ici tout le monde se comportait comme tout le monde: c'était la règle, sur laquelle se fondait la cohabitation.
- Elle balaya à nouveau la pièce du regard : non elle avait dû rêver, tout allait bien, c'était l'endroit idéal.
- J'en suis venue à passer un tiers de mon temps dans les transports. Pas ceux de l'amour, les transports en commun.
- La télé la regardait plutôt que l'inverse.
Éditions : Terres de Brume/ Granit noir.
Autre chronique de cet auteur :
Billets brûlés.

Posté par eireann yvon à 10:46 - Littérature policière - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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TOUSSAINT Jean-Philippe/ La salle de bain

La salle de bain.

Jean-Philippe TOUSSAINT

Note :2

Je coule!

Ben.....j'ai pas compris grand chose, c'est le genre de livre qui me fait me poser au moins deux questions :

1°) Pourquoi je n'ai pas fait d'études, j'aurais peut-être compris?

2°) Avec l'eau du bain, on ne peut jeter que le bébé? Pas le père?

Désolé Mr Toussaint, mais c'est pas votre fête aujourd'hui!

Un homme, une femme Edmondsson, une salle de bain. Figuration occasionnelle : un ami, deux peintres polonais, artistes devenus peintres en bâtiment. Faits marquants, les peintres n'ont pas de peinture, Madame veut faire l'amour, Monsieur invite le peintre à manger, mais il ne perd rien pour attendre, Madame a de la suite dans les idées.

Au petit matin, coup de sonnette, le peintre revient avec un lot de poulpe (pas de poules!) qu'il a trouvé au cours de ses tribulations nocturnes . Après je "seiche", mais pas la peine de vous faire un sang d'encre. Tout cela bien cuisiné peut faire un "en-calamar"!

Certains passent du coq à l'âne, ici c'est du poulpe à l'hypoténuse, étant un peu obtus, je n'ai pas compris grand chose. Et comme je n'avais pas réellement envie d'arrondir les angles!

Le poulpe bien préparé, c'est bon, l'hypoténuse en bouche un coin, point à la ligne. Le même Monsieur en Italie cette fois et sans Edmondsson, alors il parle foot et vélo avec le serveur de l'hôtel. Puis il s'entretient au téléphone avec sa dulcinée, pour savoir si c'est lui qui part ou si c'est elle qui vient.......?

C'est bien écrit, court qui dans ce cas précis est une qualité primordiale. J'avais un peu plus apprécié "La réticence".

Une centaine de scènettes pour 130 pages. C'est pas l'aventure, même dans une baignoire, on espère Charlotte Corday ou les Beatles en sous-marin jaune (ou vert). Mais non. Alors on ne baigne pas dans la béatitude, mais dans son jus.

Ouf, j'en ai fini! Je vais prendre une douche!

Extraits :

- Sans se retourner, elle déboutonna sa blouse. J'ôtais mon pantalon pour lui être agréable.

- Nous avons ouvert les fenêtres pour faire disparaître l'odeur des anciens locataires.

- Comme s'il s'adressait à ses grands parents, Pierre-Etienne nous faisait savoir qu'il poursuivait de brillantes études.

- Devant tant de mauvaise volonté, je n'avais rien à dire; non je ne disais plus rien.

-Aucun peintre n'a voisiné d'aussi près l'immobilité.

- Je ne voulais plus de regard posé sur moi. Je ne voulais plus être vu.

- Edmondsson me trouvait oppressant.

- Mon médecin but une gorgée de Pimm's, regarda autour de lui et dit que c'était le bonheur.

Éditions : Les éditions de minuit.

Autre chronique de cet auteur :

La réticence

Posté par eireann yvon à 10:41 - Littérature française - Commentaires [14] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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