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Les femmes de là-bas.
Marie Le DRIAN.
Note : 4,5 / 5.
Une façon bien à elles.
Recueil de nouvelles qui concernent des femmes d'ici, d'ailleurs et de là-bas. Et les hommes, me direz-vous, des ombres, des fantômes. Ces femmes dont les maris sont la plupart du temps absent, qui gèrent leurs vie et celle de leurs familles seules.
A noter la présence de Pierre Jakez Hélias, qui a écrit la préface.
Dans la nouvelle qui donne sont titre à l'ouvrage, une femme (bretonne exilée?) pense aux femmes rester au pays, à la vie de tous les jours, à la mer et peste contre la ville : "A quoi cela servent toutes ces rues? Y'en a pas une qui va à la mer". Une femme part mourir à la clinique, elle explique à sa fille aînée ce qu'il faut faire : "Une voix calme et dure; pour des draps mortuaires, pour une chemise de nuit pour l'au-delà. Une maternité, une mère est heureuse et comblée, mais sa jeune voisine qui est-elle, pourquoi cette tristesse et cette solitude, jamais de visite? Quel est son travail : "Poche avant droite. Ben oui, poche avant droite. Kerfléour....L'atelier de couture".
"Les hommes de là-bas" car il y en a, sont usés par le labeur, pour certain, trop nombreux hélas, le suicide est la seule solution.
Des personnages ordinaires, très ordinaires. Des femmes fragiles souvent sans défense, avec peu d'instruction, bref des proies toutes désignées pour tous les prédateurs du genre humain, et les vicissitudes de la vie moderne.
Une jeune fille timide va à la clinique voir une femme qui vient d'être opérée , ce qui arrange bien sa mère qui lui a un peut forcer la main. L'incompréhension entre mari et femme dans "La maison neuve" ou la solitude d'une femme abandonnée dans "Le mari volé". Ou cette autre femmes dont le mari est parti qui lui envoie une carte postale pour lui dire qu'elle vient de broder une nappe et qui attends. Les première règles et la complicité entre la mère et la fille, comment un nom propre devient à la longue un adjectif péjoratif.
Des nouvelles parfois cruelles, toujours tristes très bien écrites qui donnent un sentiment de vérité . Il ne semble avoir vécu quelques une des situations que Marie Le Drian nous racontent.
Extraits :
- Ceux qui ne savent que faire, et ne sachant que dire, ne savent pas qu'ils gênent.
- C'était bien avant le départ de Clément. Avant qu'il ne rencontre l'Autre.
- Moi si mon Jacques sortait avec une autre, je ne me laisserais pas faire.
- Depuis ce jour sur le bateau où le malaise l'avait pris qui n'était pas le mal de mer.
- Son corps à lui ne l'intéresse pas. Son corps à elle lui fait peur.
- Les femmes de la-bas avaient cette manière bien à elle d'être entre elles.
- Le dimanche était neutre.
- Des hommes de la cave, du sous-sol, du jardin, des hommes du silence.
Éditions : Editions du Kerguelen.(1988)