Elle fait des galettes, c'est toute sa vie.
Karine FOUGERAY.
Note : 3,5 / 5
Brèves de Bretagne!
Trop court recueil de nouvelles, 17 pourtant, mais j'ai l'impression d'avoir quitté le navire bien vite. C'était une brève escale, tant pis.
Les voitures inondées quand la marée remonte, distraction érigée en sport de bistrot, malheur aux touristes pas trop bien vus, et qui ignorent que la mer monte!
La grand-mère et les galettes, souvenirs entre Kérity et Paimpol, le cidre et les bouquets de crevettes grises pêchés le matin, je souhaite à tous les enfants d'avoir une grand mère comme cela!
Avoir envie de faire l'amour à une fille superbe, mais "précieuse et donc ridicule" et qui, comble de l'horreur, n'aime pas les fruits de mer? Dilemme, non même pas!.
Le destin de trois soeurs de la Bretagne profonde, "parties" à la ville ou dans des maisons bourgeoises. Trois vies ordinaires avec des fortunes diverses, enfin fortunes est un bien grand mot.
Le monde de la plaisance avec ses touristes "m'as-tu-vu", mais aussi avec un marin qui a su poser son sac.
L'exil, et la question pourquoi si longtemps? La trahison ignorée, pendant tout ce temps au loin, un retour qui n'est que souffrance.
Le feu de la saint Jean, cette fête, toutes générations confondues, et les souvenirs qui affluent.
Et cette belle histoire d'amour pour finir, ces vieillesses paysannes et solitaires.
Des histoires courtes mêlant l'amour dans "L'appel des sirènes", excellent texte, la cruauté dans "Stage de voile", mais bon, quelqu'un qui dit :
"Il trouvera un emplacement dans une marina méditerranéenne, il ne veut plus entendre parler de la Bretagne" doit se douter que la mer se vengera!
Méfiez-vous charmantes personnes du troisième âge des enfants jouant sur les plages, le football n'est plus forcément de votre âge!
Le premier recueil de nouvelles consacré à la Bretagne d'une romancière que je lis, car à part Marie-Claude Bizien, je n'ai pas souvenance de plumes féminines dans mes lectures bretonnes.
Des idées originales, une écriture fluide et sans problème donc pour le lecteur, mais un petit manque quelque part, comme quelques tranches d'andouille de Guémené dans les galettes pour poivrer l'existence. A moins que ce ne soit seulement le sentiment de devoir quitter si vite ce livre.
Mais je suis sûrement un vieux ronchon, tiens, demain j'irai voir la mer!
Extraits:
- André se penche vers elle et lui murmure à l'oreille : "Toi aussi tu l'as bien cherché ta mort"
- Odette possédait des jambes toutes droites, comme des baguettes moulées aux couleurs de cachets d'aspirine, poilues de noir.
- Pour tout cela, vrai il remercia la mer.
- Bon Dieu, comment pourrait-il faire jouir une fille qui ne peut regarder un bulot dans les yeux?
- "Petit il n'y a que la mer qui vaille".
- Elle s'est sauvée de sa nièce, après qu'elle est passée lui amener son manger, les restes du kig-ha-fars de la veille.
- Madeleine renonça vite a être deux puis trois puis quatre puis cinq. Madeleine resta une.
Éditions :Delphine Montalant (2005)/ Pocket