Neuf mois de sursis.
Brian GALLAGHER

Note: 3 / 5.
Pour le père ou pour le bébé ?
Second roman de ce jeune auteur irlandais, né à Stockholm en 1964. J'ai lu, il y a quelques années, "Une exquise vengeance" qui m'avait laissé une impression mitigée.
Joel est saxophoniste, enfin quand il travaille, parfois. Ellen, son épouse, est pianiste de musique classique ; elle travaille à plein temps et donne des cours. Et boum pour Joël, la catastrophe, Ellen lui apprend qu'elle est enceinte. comment est-ce possible pour lui qui est un "accro au latex" ? Et Ellen qui lui fait remarquer qu'il faut faire des économies et accessoirement qu'il trouve du travail! Joël prend la décision de sa vie, il va vendre son saxo, si ce n'est pas à Dublin, ce sera à Londres, il vide une grande partie du compte en banque de Madame et vogue le ferry, pour ce qui va se transformer en galère pour lui. Succombant au charme d'une fausse religieuse, il se retrouve, sans un sou et sans son saxo. Il rentre piteusement chez lui où son épouse l'attend - ô surprise - en déshabillé transparent.
Après avoir fait des pieds et des mains, Monk, un jazzman, veut bien l'embaucher, mais il n'a plus d'instrument. Entre une tentative d'emprunt d'argent à son père et les conseils très intéressés du pseudo-ami Monk, play-boy invétéré, qui aimerait bien un tête à tête (et plus si affinités) avec Ellen, le pauvre Joel n'est pas au bout de ses peines. De fausses bonnes idées en vrais mensonges, sa situation se dégrade, et où trouver l'argent pour renflouer les comptes familiaux !
Commence alors une comédie qui m'a fait rire par moment, des situations cocasses, d'autres plus graves.
Joel est le type même du gars qui rate tout ce qu'il entreprend, musicien, quand enfin il peut rejoindre un groupe, il n'a plus d'instrument. Quand son père, radin notoire et un peu ivre à la signature, lui fait un chèque c'est pour menacer de l'annuler quand les vapeurs d'alcool se sont dissipées. C'est Jean de la Lune, version irlandaise et jazzie. Ellen est plus mature, mais son obsession de maternité va jouer de biens vilains tours au couple en chamboulant leur quotidien.
A noter que le dénommé Monk, personnage plutôt détestable, leader d'un groupe de jazz, s'appelle en réalité Myles, ce qui ravira les nombreux admirateurs de Flann O'Brien!
Pas mal d'humour dans une écriture correcte. Un bon moment de divertissement, un roman un peu superficiel, qui se lit vite, mais qui ne me laissera pas un grand souvenir.
Extraits:
- Comment peux-tu être enceinte?
Je ne sais pas, peut-être parce qu'on s'est envoyé en l'air.
- Tu as neuf mois pour trouver un travail et mettre de l'argent de côté.
- Sans le type qui avait inventé les sourcils, ses yeux seraient constamment voilés par des cascades d'eau salée.
- J'ignore ce que je dois admirer le plus chez toi, dit Monk en hochant le tête, ton culot ou ta stupidité.
- Par définition, il est impossible de commettre l'adultère si on n'est pas marié.
- Monk était sidéré qu'une telle femme ait pu épouser un loser comme Joel O'Leary qui avait autant de magnétisme sexuel qu'une serpillière.
- Il ouvrit son tiroir de sous-vêtements, et se décida pour un slip minimal imprimé léopard.
- Un tel raffinement, pour une femme dont le mari était un véritable primate.
Titre original: Junke male
Editions :Belfond.