Le voile, le visage, l'âme.

Hélène LAURENS

Note :3

Ne pas se voiler la face!

A noter, ce roman, est également disponible avec comme nom d'auteur, Christophe Donner aux éditions Pocket.

Premier roman datant de 1977,je n'ai pas trouvé trace d'autres écrits depuis. Née en France, Hélène Laurence vit au Etats-Unis.

Harriet est une femme défigurée par un accident de voiture, cette collision avec un cerf est survenue quand elle rentrait de chez son frère Russell lui annonçant son intention d'épouser Robert, un ami de la famille. Mais Robert est noir et elle est enceinte de lui. Ils se marient, malgré l'état du visage d'Harriet, mais quinze jours après la naissance de l'enfant, un garçon prénommé Thomas, elle est obligée d'en confier la garde à son frère.

Son mari, Robert est riche et multiplie les conquêtes féminines.

Par le journal, Harriet apprend l'histoire de Zelda, jeune égyptienne violée, puis enceinte, elle sera battue et enterrée vivante par ses frères dans le caveau de famille. Elle réussit à se sauver et épouse son violeur et un enfant naîtra de cette union.

Un étrange mimétisme envahit la vie d'Harriet, elle revit le viol de Zelda, son calvaire sous les coups et sa terreur d'être enterrée vivante, elle décide de partir en Egypte.

Avant son départ pour l'Égypte,elle apprend à Thomas qui est réellement son père. Cette révélation va déclencher un drame qui ira jusqu'à la mort d'un homme. Mais déjà Harriet est loin, dans un avion où encore une fois, elle est l'objet de tous les regards.

Puis elle débarque en Égypte et rencontre Zelda avec alors la possibilité d'une nouvelle vie ?

Court et étrange roman qui m'a laissé un goût d'inachevé ou un manque de profondeur, trop de questions restent en suspend, ce qui est dommage. L'écriture est agréable et les chapitres sont courts, ce qui donne du rythme. Mais les personnages ne sont pas assez fouillés pour que l'on s'y attache. Une petite déception car j'ai eu l'impression de survoler la vie de cette femme marquée à tout jamais.

Extraits :

- C'est de ma faute Harriet, je ne veux pas que tu me pardonnes.

- Il faut souffrir aussi pour être laide.

- L'amour c'est de porter l'objet de son désir hors d'atteinte de ce désir.

Le viol, c'est livrer l'objet au désir

- L'accident ne l'a pas tué, je le garde, et pour mon visage on verra plus tard.

Quand il sera trop tard.

- Votre visage ou votre enfant. Qui suis-je,que vaut-il mieux?

- Et le mot siècle aussi est un fantasme, l'ère, l'époque, tout ce dont on affuble le temps. Comme s'il fallait croire au progrès. Dieu ne suffit-il pas ?

- Elle le laissa partir à son travail, après lui avoir chuchoté les mots d'usage, la promesse quotidienne de cette vie intenable.

- Un rappel à la conscience, au principe du voile, linceul des vivantes, caparaçon des vierges, coquetterie des veuves.

Éditions : Fayard roman.