Le soupçon

Laura GRIMALDI

Note :3

Doutes et angoisses.

Second roman (1988) de cette romancière italienne après "Monsieur Bovary".

Dans la ville de Florence tétanisée par la peur, une femme cherche la solution au dilemme qui se pose à elle : son fils est-il un assassin ?

Des crimes atroces secouent la ville, des couples sont tués dans des endroits tranquilles, les hommes aux revolvers, les femmes tuées et mutilées aux bistouris. Madame veuve Matilde Montersipoli s’interroge sur son fils Enée qui vit avec elle ; qui est-il réellement ? Par hasard un soir, elle le voit sortir d’un cinéma classé X. Alors le doute s’installe ; son fils est-il ce tueur ?

Enée paye le loyer d’une garçonnière pour Nanda, une jeune droguée avec qui il entretient des relations pour le moins ambiguës, ses économies diminuent. Avec l’aide de Georges, un anglais homosexuel, ami de la famille, il vole et revend des objets de valeurs dans la maison de campagne familiale. Il aimerait que Nanda se désintoxique. Et le meurtrier agit toujours, en toute impunité, plus Matilde se persuade qu’Enée lui ment, ignorant tout de sa double vie. La santé d’Enée se dégrade, Nanda se suicide, la mère et le fils se retrouvent encore une fois seuls dans cette grande maison triste.

Matilde Montersipoli, veuve de Nanni, est une femme austère et autoritaire, elle paraît avoir la main mise sur son fils. Le léger changement de place de la sacoche à bistouris et les souvenirs de l’agilité manuelle de son fils perturbent son état mental. En bourgeoise, elle craint également le scandale si effectivement son fils était ce tueur sadique.

Enée est un doux rêveur, grand et gros. Des ennuis de santé dans sa jeunesse ont fait de lui un être instruit, mais sans diplôme, il travaille à mi-temps, vivant sur l’héritage de son père. Mais les achats de drogue pour Nanda l’obligent à cambrioler sa propre mère. Il aime Nanda, mais à sa manière, il cherche sa guérison, ignorant tout de cette jeune fille et supportant ses sautes d’humeur ou ses crises de manques.

Un livre moyen sans plus, l’écriture est agréable. Le parallèle entre l’histoire de la mère et de son fils vivant sous le même toit, et pourtant si éloigné est intéressant. L’intrigue parait cousue de fil blanc, malgré que la fin soit inattendue.

J’ai malgré tout préféré ‘La faute’.

Extraits :

- Le matin elle découvrit que la trousse à bistouris avait été déplacée. Le soir, la police vint à la maison.

- Mon fils a presque 50 ans, ajouta t-elle sans raison.

- Bien sûr, contraindre une mère à trahir son fils, ce n’est pas notre genre.

- La sérénité d’Enée, n’échappa pas à sa mère, mais au lieu de calmer ses angoisses, elle les accrut.

- Vraiment on fait un joli trio. Une droguée, un pédé et un châtré. Tous voleurs en plus.

- Dans les familles les plus aisées, en revanche, on organisait des dîners et des rencontres pour ainsi dire "en l’honneur du monstre"

- Mais la peur était présente, et étreignait les gens.

- Elle était résolue à affronter son fils.

Editons Métailié.

Titre original : Il Sospetto

Autre chronique de cet auteur : La faute.