La lettre de Newton

John BANVILLE

Note :4

Croquons la pomme, mais gare aux pépins.

La lettre de Newton est une des œuvres de ce qui est appelé "La tétralogie scientifique". Banville écrivant un ouvrage sur Copernic, Kepler, Newton et Méfisto.

Un homme se raconte à une mystérieuse Cliona. Il lui explique pourquoi il a arrêté l’écriture d’un livre, perdant sept ans de sa vie.

Ecrivain en mal de calme, il avait loué un pavillon de chasse dans une grande demeure, le manoir de Ferns en Irlande. Les propriétaires, ancienne grande famille protestante, vivotent tant bien que mal, bien loin de leur grandeur passée. Le narrateur tente de finir un livre sur Newton, la tentative n’est pas réellement un succès, d’autres tentations sont plus terre à terre. Il entame une liaison avec Otillie, la nièce de ses hôtes.

Au bout d’un certain temps, il se rend compte qu’il est, en réalité, amoureux de Charlotte, la maîtresse des lieux, et son état mental va aller en se dégradant, en même temps que l’état physique du mari de Charlotte. Commencent alors les dérives morales de cet homme, qui se pose des questions sur sa vie et sur son œuvre. Et maintenant, il doit aussi se pencher sur les secrets de cette famille.

Edward Lawless, le mari de Charlotte, est un alcoolique, que l’écrivain soupçonne d’avoir fait un mariage d’intérêt. Charlotte est un être fragile, sous calmants, personnage plutôt effacé, en parfaite opposition avec sa nièce, femme de caractère ayant jeté son dévolu sur ce nouvel arrivant comme elle semble l’avoir déjà fait dans le passé. Michael, l’enfant, de qui est-il ?

Toujours une écriture précise pour ne pas dire précieuse, mais facile d’accès, ce qui n’est pas toujours le cas avec John Banville.

Un bon livre court, ce qui évite les temps morts, très intéressants et pleins de petites phrases de haut vol :

-"Mountbatten, fis-je ?"

L’un des membres cruellement assassiné de leur bande de héros de plus en plus restreinte.

"Et n’oubliez pas Warren Point : Dix-huit paras et un comte, tous le même jour".

-Nous nous mîmes à danser, ; dignes comme une paire de duchesses éméchées, à tourner en rond sur le tapis fané.

Extraits :

-Mais Clio, chère Cliona, tu es mon mentor et mon amie, mon inspiration depuis trop longtemps, je ne pouvais te mentir

-Elle avait l’aisance et la vivacité de toutes les grandes filles un peu potelées un peu rondes.

-C’est une étrange sensation que de se voir offrir sans condition, un corps qu’on ne désire pas vraiment.

-Elle parlait. Parfois, je la soupçonnais de s’être glissé au lit avec moi pour pouvoir parler.

-A Ferns, les dimanches matins équivalaient à un spectacle de gala.

-C’était Newton qui constituait ma vie, et non ces gens blêmes et ternes dans leur maison décrépie au cœur vide du pays.

-"Ne faites pas attention à lui, dit-elle gaiement. Il est de ceux qui s’accrochent à leurs racines britanniques et qui se font mal tout seul.

-La bouilloire, pareille à un oiseau fou, se mit à siffler sur un ton aigu.

-Le rôle d’homme à secrets constituait une fonction à plein temps.

Elle se muait en un être nouveau qui n’était ni elle ni l’autre, mais une troisième -Charlotillie !

-Cet après midi là devait contaminer tout le reste.

Titre original "The Newton Letter"

Editions Flammarion.