Le garçon boucher.
Patrick McCABE
Note : 3 / 5.
Cochon qui s’en dédit !
Seul ouvrage de Patrick McCabe traduit en français à ce jour. Neil Jordan en a fait un film, comme il en a fait un second "Breakfast in Pluto" d’après un autre roman du même auteur.
Ce livre commence ainsi :
"Quand j’étais jeune il y a trente ou quarante ans de çà…"
Francie Brady pourrait être un garçon comme les autres, mais dans sa famille, il n’est pas gâté. Sa mère est en perpétuelle dépression et son père en perpétuelle soûlographie. Quand en plus vous avez des problèmes avec la mère d’un de vos camarades de classe Mme Nugent, cela fait beaucoup ! Et si en plus vous avez l’idée de créer un "Péage à Cochon" en plein milieu de la rue principale, vous passez très vite pour l’idiot du village. En supplément si votre mère doit aller au garage se faire soigner les nerfs et votre père encore ivre casse la télévision, c’est trop pour un gentil garçon comme Francie. Surtout si les commères du quartier s’en mêlent, c’est la folie furieuse assurée ! Mais paix aux gens de bonne volonté, c’est la trêve de Noël, l’oncle Alo arrive de Londres, maman fait des milliers de gâteaux pour ce membre de la famille qui a réussi, mais les fêtes sont éphémères. Après une fugue, à son retour, il apprend le suicide de sa mère, sa folie devient violente. Il trouve du travail à l’abattoir à cochons de la ville, sa folie devient meurtrière. Et sa descente aux enfers commence.
Pauvre Francie, j’éprouve beaucoup de sympathie pour lui et même de la peine par moment, mais Francie mystique, là c’est trop. Ses parents réunissent tous les défauts possibles pour des parents ; donc son éducation laisse à désirer ainsi que son équilibre psychique. La vie ne l’a pas épargné, son séjour à l’orphelinat n’est pas des plus réussis, bref tout pour mal finir !
La Nugent (Mme Nunuge) est carrément caricaturale, par son côté parvenu de famille revenant d’Angleterre et donc d’une éducation supérieure aux pauvres natifs du coin qui eux n’ont pas vécu dans la capitale anglaise. Plaignons le fils et le mari de cette mégère pédante.
Une écriture saccadée et très proche du parler donne une impression étrange, sûrement voulue, qui n’est pas des plus plaisantes. Ce n’est pas un livre d’une gaieté folle, encore une fois, et il laisse une impression de malaise quelque part.
Extraits :
-Les gâteaux étaient empilés en tours sur les chaises. Il y en avait sur le haut de l’armoire et de la machine à laver.
-Et il était reparti ? Ho ho quand les curés t’auront mis la main dessus, tu ne feras plus tellement le mariole ho ho.
-Après ça ils m’ont mis à servir la messe. Quelle rigolade !
-Assieds-toi là il m’a dit et il a tapoté ses genoux. Alors j’ai grimpé. Et que fait Minus, il sort sa zigounette et commence à la frotter de bas en haut en me faisant sauter sur ses genoux.
-Tu es ma meilleure petite fille a dit Minus, en retournant postillonner à son bureau.
-J’ai compté tous les gens qui m’avaient laissé tomber jusqu’ici, 1) P’pa 2) M’man 3) Alo) 4 )Joe.
-" Je suis désolé Francie mais la pendaison n’existe plus.
-
Plus de pendaison, j’ai dit. Pute borgne ! Où va l’Irlande ! "
Titre original : The Butcher Boy (1992)
Editions: Plon (1996). 10/18.