Anthologie de la poésie irlandaise du XXe siècle.

Collectif /(sous la direction de J.Y Masson)

Note : Hors côte.

Irlande, terre des saints et des poètes.

Ce n’est pas très poétique, mais parlons chiffres : 785 pages, près de 100 poètes recensés classés par ordre de date de naissance.

Ce pavé, qui est un de mes livres de chevet, permet de découvrir l’âme irlandaise à travers sa poésie.

Tous les plus grands sont là, à tout seigneur tout honneur :

W.B Yeats, avec 25 poèmes ; Seamus Heaney, second poète irlandais : prix Nobel de littérature ; les glorieux ancêtres, Joyce, Wilde et Beckett. Les oubliés : Joseph Campbell qui se dévoua toute sa vie pour la culture irlandaise, AE(George Russel) qui prit une part importante dans le renouveau de la littérature irlandaise.

Patrick Kavanagh y figure avec entre autre l’intégrale de "La grande famine", un petit hommage à la doyenne Emily Lawless qui ouvre le bal, suivie d’Oscar Wilde.

Les romanciers et dramaturges ne sont pas exclus : J.M. Synge et Liam O’ Flaherty avec un poème en gaélique. Les contemporains ne sont pas en reste : John Montague, John Kinsella, Desmond Egan et tant d’autres.

La poésie féminine est bien représentée par Lady Gregory ,Nuala Ni Dhomhnaill, Carmen Moya, Eavan Boland entre autres.

La poésie gaélique tient une place importante dans ce recueil avec Michael Hartnett(qui décida de ne plus écrire que dans cette langue), Martin O’Direain, natif des îles d’Aran. Le cas étrange de Cairan Carson laisse rêveur ; né à Belfast, le gaélique est sa langue maternelle, mais il n’écrit qu’en anglais.

Ayons quelques pensées pour ceux qui sont trop tôt disparus :Sean Dunn, beaucoup de critiques voyaient en lui un des meilleurs poètes de la nouvelle génération, Françis Ledwidge, autodidacte, ouvrier agricole, mort pendant la grande guerre. Charles Donnelly, républicain, mort à Jarama pendant la guerre d’Espagne. Catlin Maude, poétesse gaélique, très engagée politiquement, elle composa un ode pour la mort de Bobby Sand.

Hommage est également rendu aux poètes martyrs de 1916, Patrick Pearce et Thomas Mac Donagh et Joseph Plunkett.

N’ayant pas pour prétention de faire un bottin, j’arrêterai là mon énumération, en regrettant d’ici quelques jours d’avoir oublié Untel ou Unetelle.

Extraits :

Mais si le mirage d’un excessif amour

Les ayant égaré, était la cause de leur mort ?

En vérité je le résume en un poème-

Mac Donagh et Mac Bride

Et Connolly et Pearce,

Maintenant et à tout jamais

Partout où l’on porte le vert,

Sont changés, changés du tout au tout :

Une terrible beauté est née.

Pâques 1916. William Butler YEATS.

Editions Verdier.