Les tigres sont plus beaux à voir.
Jean RHYS.
Note 3,5 / 5.
Etranges nouvelles.
Ayant aimé, il y a quelques années "La prisonnière des Sargasse", j’ai voulu relire cette auteur anglaise (1894/1979) née aux Antilles.
Les trois premières nouvelles de ce recueil date de 1927 (cela se ressent) et les autres de 1963.
Les deux première nouvelles qui proviennent de "Rive Gauche" sont très courtes, la troisième "La grosse Fifi" laisse présager une suite de qualité.
Dans la première nouvelle du recueil qui donne son nom au livre "A septembre, Petronella", nous accompagnons une jeune modèle, en week-end chez des artistes, aussi bêtes que dénués d’intérêt. Le ton des discussions montant, elle retourne à la ville en stop avec un fermier et prend un train pour Londres, à l’arrêt de taxis, elle rencontre un jeune homme, le week-end aura t-il une fin heureuse ?
Dans "Qu’ils appellent ça du jazz", nous suivons une jeune femme, chassée de son appartement, qui accepte une chambre d’un inconnu rencontré dans une gare. La solitude et des problèmes de voisinage la conduiront en prison. La prison également pour les personnages de "Les tigres sont plus beaux à voir" où une soirée dans un bistrot et cabaret londonien se termine mal.
Une énorme présence que "La grosse Fifi" : -mais elle était corpulente et bien corsetée -son ventre disposé avec soin de manière à faire partie de sa poitrine. L’argent et le champagne coulent à flot, mais elle se dévoue pour quelqu’un ayant des problèmes. Ses démêlées avec son gigolo du moment amusent l’hôtel où ils résident, mais les choses amusantes ont hélas une fin.
La majorité des personnages de ce recueil sont des femmes très paumées, ne sachant où dormir et n’ayant pas de travail.
On sent la différence entre les années de jeunesse de l’écrivain
et sa maturité presque quarante ans plus tard. Une belle écriture mais quelques unes de ces nouvelles laissent un goût d’inachevé.
Jean Rhys observe la vie d’un regard acéré et restitue ses observations recomposant un monde plutôt cruel.
Extraits :
-Fifi, en fait, était flagrante - il n’y avait pas moyen de se tromper sur sa mission dans la vie.
-Mais il est horriblement content de lui. Pas à cause de sa musique, mais à cause de son charme personnel.
-J’ai vraiment l’air d’une Phénicienne ?
Bien entendu. Une Phénicienne de Cornouaille, Angleterre. De pure souche, je dirais.
-Les Anglais prennent longtemps pour se décider - vous êtes morte aux trois quarts qu’ils n’ont pas encore pris vos mesures.
Elle était vive, éveillée, sûre d’elle - rien de flasque.
-Dieu sauve L’Irlande ! Mort à tous les sales mouchards, et aux faces de clown et aux je-m’comprends.
Titre original : Tigers are better looking. (1968).
Editions : Gallimard. (1969)
Autres œuvres de l’auteur dans ma bibliothèque :
Quatuor.
Voyage dans les ténèbres.