La perruque de mon père

Anne ENRIGHT

Note 3

A la Grace de l’Ange.

Seconde œuvre traduite en français de cet auteur(e) irlandaise. "La vierge de poche" (recueil de nouvelles) étant la première.

Grace travaille à la télévision, elle a une vie ordinaire, des amants, des excès de boisons et un boulot dont elle n’est pas foncièrement satisfaite. Un jour Stephen, un ange (attention un vrai), un de ceux qui ne laissent pas de creux dans le lit ! Et cet ange est évidemment beau comme un ange ! La vie affective de Grace devient un enfer, surtout si on y ajoute des problèmes d’emploi et familiaux.

L’émission pour laquelle elle travaille "Question d’amour" a du plomb dans l’aile. L’ambiance de l’équipe s’en ressent, surtout pendant les libations après enregistrements.

Et si l’ange participait à l’émission ? L’audimat s’envolerait de nouveau ? Mais faire passer un ange à la télé relève plutôt de l’enfer pour tout le monde

Grace n’est pas non plus gâtée par sa famille ; soit, son père est un peu sénile. Mais pour sa fille c’est surtout ses problèmes capillaires qui la hantent ; sa fameuse perruque, objet innommable et d’une couleur indéfinissable. Lavée à la machine, elle est mise à sécher sur un fil dans le jardin (ce qui nous vaut un des paragraphes les plus désopilants du livre).

Mais hélas, elle ne trouva jamais grâce aux yeux de l’ange qui s’enfuit ; on le suppose à tire d’aile ?

Anne Enright nous fait rentrer de plein pied dans les coulisses de la télé, qu’elle connaît bien étant elle-même productrice. De scénarios bidons en reportages minables ou de l’interview poignant d’une victime du terrorisme, dont le cameraman oublie de lancer l’enregistrement et qui demande "On peut refaire la prise"

C’est marrant, ça part un peu dans tous les sens et cela se laisse lire. Mais cette oeuvre n’a pas le même intérêt que "La vierge de poche" qui était plus profond. Une bonne récréation bien divertissante, et ma foi bien agréable.

Florilèges de petites phrases non angéliques :

-Je trouvais mes ardeurs sexuelles pour Stephen fort perturbantes.

-Il explique qu’il était planté là à attendre un signal comme un couillon à un pique-nique de gouines !

-C’était la belle époque, celle où un homme avait le droit d’être bête.

-L’émission préférée de Stephen, c’est l’Angélus.

-L’amour ne sied pas aux hommes.

-Comment j’étais censé savoir qu’il avait dit "orgasme" en gaélique,

je ne savais même pas que c’était possible !

-Tu veux de la suffisance ? Regarde toi dans tes sous-vêtements Armani parce que tu ne peux pas t’offrir le costume.

Titre original : The Wig my Father Wore.

Editions Joëlle Losfeld.