book cover of
The Ocean
by
James Hanley

En pleine mer

James HANLEY

Note 3

Quand la mer dévoilent les âmes.

James Hanley (1901/1985) est né dans une famille pauvre de Dublin. Il s’engage dans la marine canadienne, puis dans la marine marchande. Il est un des plus prolifiques auteurs irlandais. Ce roman date de 1941 et la traduction française de 1955. A noter que son frère Gerald (1916/1992) fut aussi un écrivain de talent.

Pendant la guerre, un bateau est torpillé par la marine allemande, quelques rescapés prennent place sur un canot de sauvetage. Ils sont six vivants et un mort. Curtain est le seul marin rescapé, Crilley qui est décédé était lui aussi membre de l’équipage. Les autres sont : Le père Michaels, très vieil homme se sentant inutile, Gaunt qui lui est blessé et un nommé Benton puis Stone un homme plus jeune. Tout est compté, l’eau, les vivres et la place. Curtain en tant que seul marin prend la direction du canot. Les problèmes commencent, que faire du corps de Crilley ? Curtain avec l’aide de Stone le jettera par-dessus bord de nuit. L’eau est rationnée mais quelqu’un en vole. Le temps s’écoule lentement, les plus solides se relaient pour ramer. Mais les tensions personnelles se font jour ! Curtain regrette d’être le seul marin à bord et reconnaît ne pas savoir du tout où se trouve l’épave ni leur radeau. Le doute s’installe, suivi de l’inquiétude, puis des soupçons et de la haine.

Curtain est un personnage de devoir, il se sent responsable et a déjà vécu un naufrage. Gaunt par opposition est un homme riche qui semble avoir raté sa vie, sa femme s’ennuie, elle était sur le bateau avec lui, qu’est-elle devenue ? Benton est torturé par des peurs enfantines, au cours d’un de ses cauchemars il perdra une rame, ce qui n’arrangera ni l’ambiance, ni les chances de sauvetage.

Une lecture facile car on sent que Hanley connaît la mer et ses pièges, donc l’histoire est prenante et ménage le suspense jusqu’au bout.

Une certaine déception par rapport à "Boy" ou à "Une maison sans issu". Une écriture trop classique qui se lit soit, très bien, mais qui semble manquer de profondeur (quel mauvais humour !)

Extraits :

-Mais il n’entendit rien. Il y avait cette sirène qui hurlait.

-De nos jours, ils ne nous tuent pas directement, mais s’ils placent une balle dans le baril d’eau, ils tuent tout le monde aussi sûrement

-Si vous voyez un navire, criez, si vous voyez n’importe qui, criez !

-Un enfant allumait des cierges sur l’autel de son église, en Irlande.

-Ce n’est qu’un enfant, laissons le pleurer, cela lui fera du bien.

Il vide son sac sur le vieux prêtre avait dit Stone.

-Il n’y avait plus de prêtre ; il n’y avait que des hommes ; tous pareils ; confiance en personne.

Titre original : Ocean