La visiteuse.
Maeve BRENNAN.
Note 3,5 / 5.
Ne soyez pas la bienvenue.
Très court roman d’une Irlandaise née en 1917, dont le père fut le premier ambassadeur d’Irlande aux Etats-Unis. Elle travaillera trente ans au "New-Yorker". Ce manuscrit a été découvert après la mort de l’auteur en 1993. Un second livre d’elle, un recueil de nouvelles " Les origines de l'amour"est désormais disponible en France.
A la mort de sa mère, Anastasia qui vivait à Paris avec elle, retourne à Dublin. Le moins que l’on puisse dire, c’est que l’accueil de Mrs King, sa grand-mère paternelle est loin d’être chaleureux.
En effet la mère d’Anastasia a quitté son mari qui est lui aussi décédé, mais c’est Anastasia qui, à l’âge de seize ans, a choisi de vivre avec sa mère à Paris. Faute impardonnable pour Mrs King qui avait désapprouvé ce mariage du fait de la grande différence d’âge et surtout de ne pas avoir été consultée. Commence une cohabitation pleine d’écueils pour la jeune fille, avec cette personne âgée égoïste et manipulatrice.
Anastasia paraît être une ingénue entre les griffes de sa grand-mère, elle ne demande qu’un peu de tendresse et d’amour.
Mrs King, elle ne vit plus que dans la vénération de son fils, elle reproche à sa petite fille d’avoir choisi sa mère à une époque où pour cette enfant le choix fut draconien.
Une écriture somme toute classique et facile d’approche, une lecture aisée.
Un livre intimiste ,où les choses évoluent petit à petit, où malgré un calme apparent, des comptes se règlent avec férocité. J’ai bien aimé malgré une fin un peu énigmatique.
Extraits :
-"L’Irlande est mon domicile, je m’arrête à la gare de Dublin"
-Chez soi, c’est une place dans son esprit.
-Elles étaient seules et insatisfaites, tandis qu’elle était seule, satisfaite et fermée.
-" Pourquoi partiriez vous ? C’est votre maison.
J’ai l’impression de ne pas être la bienvenue".
-Je n’étais ni la femme de cet homme, ni la fille de ma mère.
-Il y a maintenant deux mondes dans la ville. L’un a des murs tout autour et l’autre a des gens tout autour.
Editions : Joelle Losfeld. (2002)
Titre original : The visitor.
Autre chronique de cet auteur :
Les origines de l'amour.