Sept hivers à Dublin.

Elisabeth BOWEN

Note 3,5

Mémoire d’une jeune Anglo-irlandaise.

Un livre qui date de 1942 sur les premières années de la vie d’Elizabeth Bowen. N’ayant pas réellement l’envie de me lancer dans un "pavé" j’ai pris la solution inverse, un ouvrage de 83 pages.

D’entrée Elisabeth Bowen se présente ainsi que ses parents :

-depuis le jour où le premier colonel Henry Bowen, était venu en Irlande avec l’armée de Cromwell, et avait reçu en partage les terres Fahary, dans le comté de Cork………………

-en s’établissant à Dublin pour travailler, mon père lui apparaissait comme un nouvelle espèce de propriétaire absentéiste.

-Les familles de mes parents partageaient le même point de vue de propriétaires terriens protestants et les mêmes opinions politiques unionistes.

Nous suivons les courses et les gouvernantes de la famille, les concours hippiques, la vie des classes privilégiées de l’Irlande britannique. La double vie de la famille, l’hiver à Dublin et l’été à la campagne donne cette très belle réflexion :

-Petite fille, je croyais que c’était toujours l’hiver à Dublin et que l’été ne finissait jamais dans le comté de Cork.

Triste épilogue, pour raison financière "Bowen’s Court" la résidence de la famille fut vendue et démolie par l’acquéreur.

Comme d’habitude chez Elisabeth Bowen, belle écriture, et là aussi le témoignage de la fin d’une époque.

Une remarque sur l’éducation :

-Je ne sais ce qu’elle pensait de nous autres, enfants anglo-irlandais, chez qui l’éducation avait fait disparaître la grâce austère d’une race sans nous laisser acquérir pour autant l’absence de grâce naïve et positive de l’autre.

Et une sur l’Irlande :

-Ce ne fut qu’a la fin de ces sept hivers que je compris que nous autres protestants étions minoritaires, et que les règles incontestées de notre existence provenaient, en fait, de l’étroitesse d’un univers minoritaire.