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Peninsula
Desmond  EGAN
.
N
ote:  4,5 / 5.
Failte Abhaile*
Court recueil d’un des meilleurs poètes irlandais contemporains, Desmond Egan étant né à Athlone en 1936.
Dans ce recueil, ses poèmes sont concentrés dans la péninsule de Dingle, à l’ouest de l’Irlande face aux îles Blasket, îles abandonnées, vidées de ses habitants en 1953.
Il nous parle de la vie de tous les jours, dans cette région où le gaélique est la langue dominante.
Dans "La grande Blasket", il en appelle aux trois grands écrivains du lieu, O’Criomhtain, Peig Sayers, Muiris O’Suilleabhain (tous traduits en français) :
-J’ai commencé à comprendre pourquoi la médiocrité
n’a jamais été de mise ici
où vivre est un exil.
Dans "Dun an Oir" (fort de l’or), lieu du massacre de 600 hommes, femmes et enfants, extraits d’un très long poème, Egan rend hommage aux troupes papales composées d’Espagnols, d’Italiens et d’Irlandais, en écrivant son poème en ces trois langues plus l’Anglais.
-Comme le fera l’Irlande pour maintes générations
des mains de la soldatesque
anglaise qui fixe la baïonnette
teste le nœud.
-"Sales papistes ! Venez
essayer cette corde anglaise
ho-hisse ! mes braves"
Heureusement d’autres poésies sont plus joyeuses et surtout plus bucoliques. Promenades dans "Dingle" "Corca Dhuibhne" "Boithrin" à "Kilfountain " ou au "Mont Brandon", un petit mot sur les visiteurs dans "Touriste" ou sur le currach, ce bateau goudronné dans "Naomhog". Puis une pensée pour Piaras Ferriter, poète du 17ème siècle, dernier chef de clan à résister aux Anglais, pendu en 1653 dans "Ballyferriter".
J’aime beaucoup "Fille de salle à l’hôpital de Dingle" avec l’usage du gaélique dans la vie moderne.
-Quoi ? riposte-t-elle à la question que lui jette en gaélique une réplique âgée d’elle même.
Plusieurs recueils de Desmond Egan ont été traduits en français et il était dernièrement au festival littéraire d’Ouessant.
*Bienvenue au pays.
Éditions : Fédérop (1996)
Titre original: Peninsula.(1992).